C’est peut-être l’homme politique le plus talentueux de l’histoire américaine récente, mais le parti démocrate peine encore à déterminer quel rôle Bill Clinton doit jouer dans la campagne électorale américaine. Les scandales qui ont marqué sa présidence ont poussé le vice-président Al Gore, prétendant à sa succession à la Maison-Blanche, à prendre ses distances vis-à-vis d’un homme qui reste très populaire. À titre d’exemple, il n’a cité qu’une seule fois le nom de Bill Clinton lors de son discours devant la Convention démocrate la semaine dernière. Mais de leur côté, de nombreux «petits» candidats à des postes de sénateur ou de représentant à travers le pays apprécient ses talents incontestés pour récolter des fonds pour les démocrates. Matt Frankel, du conseil pour le leadership démocrate, un organisme que Bill Clinton a aidé à fonder, reconnaît que le vice-président est confronté à un dilemme : d’un côté, il veut être crédité de la prospérité économique sans précédent du pays, de l’autre se distinguer comme un dirigeant pour le nouveau millénaire, crédible face à son rival républicain George W. Bush. Tout en rappelant aux électeurs les résultats de l’ère Clinton, Gore «a clairement indiqué qu’il voulait être jugé sur son programme pour l’avenir, pas sur son bilan passé», relève l’expert. Après que des médias eurent rapporté que les collaborateurs du vice-président étaient furieux que le président ait participé, juste à la Convention, à des galas de collecte de fonds et éclipsé ainsi leur candidat, Bill Clinton a montré un profil bas depuis son bref passage à la Convention démocrate. Il a renoncé à plusieurs interviews ou interventions publiques, selon la presse américaine. Mais, il n’a cependant pas renoncé à participer aux collectes de fonds qui devraient permettre de remplir les caisses des candidats démocrates au Congrès en novembre. Ces collectes de fond, une activité à laquelle Bill Clinton excelle, sont bienvenues pour nombre de candidats démocrates. «Nous voulons le président Clinton partout à travers le pays», a ainsi récemment déclaré le sénateur Charles Rangel, de l’État de New York, où la Première dame Hillary Clinton est elle-même en lice pour un siège de sénateur. Selon lui, le président n’est pas un poids encombrant pour Al Gore. «Dieu sait que le pays aime Bill Clinton, et s’il était encore candidat, vous savez très bien qu’il gagnerait», a-t-il ajouté. Dans l’immédiat, le vice-président va avoir de l’espace sur la scène politique américaine. Bill Clinton part en fin de semaine pour une tournée diplomatique qui le conduira au Nigeria, en Tanzanie et en Colombie. Mais il devrait revenir sous les feux des projecteurs américains dès le mois prochain : de nombreux experts anticipent une bataille serrée sur le budget entre le président et la majorité républicaine au Congrès.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est peut-être l’homme politique le plus talentueux de l’histoire américaine récente, mais le parti démocrate peine encore à déterminer quel rôle Bill Clinton doit jouer dans la campagne électorale américaine. Les scandales qui ont marqué sa présidence ont poussé le vice-président Al Gore, prétendant à sa succession à la Maison-Blanche, à prendre ses distances vis-à-vis d’un homme qui reste très populaire. À titre d’exemple, il n’a cité qu’une seule fois le nom de Bill Clinton lors de son discours devant la Convention démocrate la semaine dernière. Mais de leur côté, de nombreux «petits» candidats à des postes de sénateur ou de représentant à travers le pays apprécient ses talents incontestés pour récolter des fonds pour les démocrates. Matt Frankel, du conseil pour le leadership...