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Actualités - Chronologie

Les médias contre-attaquent face au fascisme : Z comme Zorro

Les médias allemands, las de se faire l’écho des agressions d’extrême droite, sont passés à la contre-attaque : depuis quelque temps, les initiatives fleurissent pour sensibiliser la population. Samedi, le quotidien de gauche berlinois Tageszeitung (TAZ) a diffusé en une les portraits de 22 figures extrémistes, «qu’on doit connaître pour pouvoir réagir», et lancé une action baptisée «Z pour Zivilcourage» (courage civil), au logo proche du «Z» de Zorro. «Le fascisme n’est pas une opinion, c’est un crime», estime le TAZ, appelant ses lecteurs à avoir «le courage de la confrontation». Le journal cite la Suède en exemple, où plusieurs grands quotidiens avaient publié l’an dernier une liste d’extrémistes de droite. L’effet a été positif puisque les délits d’extrême droite ont reculé et que des extrémistes ont quitté le milieu, juge la TAZ, soutenue dans son projet par Le Monde diplomatique Allemagne et la radio privée Radio Eins. Pour 2, 5 et 13 euros, on peut acheter badges et t-shirts noirs barrés d’un Z orange et portant l’inscription «Z-Mann» et «Z-Frau» («Homme Z» et «Femme Z»). Mardi, des hebdomadaires (Die Woche, Der Spiegel), des quotidiens nationaux (Die Welt, Bild, Sueddeutsche Zeitung, Frankfurter Rundschau) et locaux, ainsi que la télévision publique ZDF et des radios ont lancé un site Web réunissant leurs articles et reportages sur l’extrême droite (www.netzgegenrechts.de, «le net contre l’extrême droite»). Douze questions telles que «comment empêcher que son enfant devienne un extrémiste» renvoient l’internaute aux articles. Les radios et la télévision publiques du nord du pays (groupe NDR) comptent, elles, diffuser à partir d’aujourd’hui des émissions régulières sur les thèmes de la violence extrémiste, la xénophobie et la tolérance. Dans des spots de 40 secondes, la parole sera aussi donnée à des représentants de tous horizons – politique, économie, culture, sport, religion –, mais aussi à des écoliers. «L’une des tâches des médias publics est de se battre pour la démocratie et la tolérance et de s’opposer à toute forme d’extrémisme», juge le patron du groupe NDR, Jobst Plog, par ailleurs président de la chaîne franco-allemande Arte. Même son de cloche du côté du groupe Axel Springer, dont le grand quotidien populaire Bild a lancé le 8 août une campagne montrant les étrangers d’Allemagne sous un jour positif : «C’est une question d’éthique, nos journalistes doivent faire leur possible pour lutter contre le totalitarisme». Bild, qui touche 6 millions de lecteurs, insère chaque jour dans ses pages les photos de quelques étrangers célèbres ou inconnus choisis pour «le rôle positif qu’ils jouent dans la société allemande». Une légende intitulée «Je vis en Allemagne» accompagne le portrait, ainsi qu’un bref texte relatant le parcours de l’intéressé. Un jour, c’est le champion du monde de football Youri Djorkaeff, d’origine arménienne et qui joue à Kaiserslautern. Un autre, c’est une coiffeuse kényane qui «chaque jour, rend les femmes allemandes plus belles». L’hebdomadaire Stern avait, lui, riposté dès le mois de juin, juste après le meurtre à Dessau (est) d’un Mozambicain passé à tabac par trois jeunes skinheads. Le magazine avait alors consacré 14 pages à l’affaire et à d’autres agressions, en appelant ses lecteurs à réagir. Un compte avait été ouvert pour recueillir des dons pour la lutte contre l’extrême droite. «Nous avons collecté des centaines de milliers de marks pour la fondation Amadeu Antonio à Berlin, qui subventionne des initiatives contre la terreur brune», indique un journaliste de Stern, Uli Hauser. «Des lecteurs, des entrepreneurs, des artistes nous ont depuis contactés, poursuit-il. Il faut dénoncer ce qui se passe, mais aussi ramasser de l’argent. Pour l’instant, nous sommes les seuls».
Les médias allemands, las de se faire l’écho des agressions d’extrême droite, sont passés à la contre-attaque : depuis quelque temps, les initiatives fleurissent pour sensibiliser la population. Samedi, le quotidien de gauche berlinois Tageszeitung (TAZ) a diffusé en une les portraits de 22 figures extrémistes, «qu’on doit connaître pour pouvoir réagir», et lancé une action baptisée «Z pour Zivilcourage» (courage civil), au logo proche du «Z» de Zorro. «Le fascisme n’est pas une opinion, c’est un crime», estime le TAZ, appelant ses lecteurs à avoir «le courage de la confrontation». Le journal cite la Suède en exemple, où plusieurs grands quotidiens avaient publié l’an dernier une liste d’extrémistes de droite. L’effet a été positif puisque les délits d’extrême droite ont reculé et que des...