Si les électeurs portent Al Gore à la Maison-Blanche, le 7 novembre prochain, le candidat démocrate pourra sans doute remercier Joseph Lieberman, qui a réussi son examen de passage devant la convention nationale de Los Angeles. «Lieberman s’est présenté comme l’incarnation du rêve américain et a dit de manière explicite que George W. Bush ne représentait pas ce rêve», estime Joel Goldstein, politologue de l’Université de St-Louis. Sans être un grand orateur, le sénateur du Connecticut a réussi à faire passer son sens profond et sincère du patriotisme et ses convictions religieuses. Il a aussi glissé dans son discours devant les quelque 4 400 délégués démocrates quelques piques contre le candidat républicain et son colistier, Dick Cheney. Verdict rendu par l’historien Allan Lichtman, de l’American University : «Il a été optimiste, thématique, anecdotique, personnel et puissant sur les valeurs. Lorsqu’il a attaqué, c’était avec le sourire plus qu’avec un grognement, avec de l’humour plus qu’avec du vinaigre». Exemple, évoquant les promesses de réductions d’impôts du «ticket» républicain, le colistier d’Al Gore lance à son auditoire : «Selon leur plan, les classes moyennes gagneraient un peu et les riches beaucoup. Leur programme fiscal opère selon la vieille théorie selon laquelle la meilleure manière de nourrir les oiseaux est de donner plus d’avoine aux chevaux». Sincère «Lieberman n’est nullement un grand orateur. Il n’a pas les talents de conteur de Ronald Reagan ou la fougue d’une personnalité comme Jesse Jackson (ndlr, le leader du mouvement des droits civiques), confirme Daniel Hallin, qui enseigne la communication à l’Université de Californie, à San Diego. Mais il donne l’impression d’être sincère et d’avoir des convictions». «Il avait une bonne histoire à raconter sur lui-même et sur son épouse, fille de survivants de l’holocauste, mais il s’est présenté en “ordinary Joe”, un type normal qui ne met pas l’Amérique moyenne mal à l’aise», poursuit l’universitaire. Hallin note qu’à l’inverse d’Al Gore, qui semble perpétuellement sur la réserve, Jœ Lieberman s’est montré par moment peu élégant, mais authentique, comme lorsqu’il a ri à ses propres plaisanteries. Et le sénateur du Connecticut n’a pas oublié de faire les louanges d’Al Gore, «homme de foi et homme de famille», «honnête, fort, intègre». Chris Lapertino, stratège politique du Parti démocrate, est naturellement enthousiaste. Pour lui, Lieberman a réussi l’équivalent politique d’un «home run», le coup des coups au base-ball.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Si les électeurs portent Al Gore à la Maison-Blanche, le 7 novembre prochain, le candidat démocrate pourra sans doute remercier Joseph Lieberman, qui a réussi son examen de passage devant la convention nationale de Los Angeles. «Lieberman s’est présenté comme l’incarnation du rêve américain et a dit de manière explicite que George W. Bush ne représentait pas ce rêve», estime Joel Goldstein, politologue de l’Université de St-Louis. Sans être un grand orateur, le sénateur du Connecticut a réussi à faire passer son sens profond et sincère du patriotisme et ses convictions religieuses. Il a aussi glissé dans son discours devant les quelque 4 400 délégués démocrates quelques piques contre le candidat républicain et son colistier, Dick Cheney. Verdict rendu par l’historien Allan Lichtman, de l’American...