Mythique. La rue Abou-Dib à Tyr est devenue mythique. Quatre ou cinq mois par an, entre 19 et 21 heures, c’est un véritable défilé. Incessant. Des dizaines et des dizaines de voitures qui arpentent, dans les deux sens, cette rue principale de Tyr. À l’intérieur ? Des jeunes, garçons et filles. Cela s’appelle la promenade. «Il n’y a que ça à faire ici, lorsque l’on est jeune. Rien d’autre à faire». Mi-figue mi-raisin, Chadi. Chadi, 22-23 ans, Chadi qui a grandi entre Anvers et le Liban-Beyrouth et l’USJ où il «poursuit ses études», comme on dit, et Tyr, sa ville, il y est tous les week-ends, les étés. «Les jeunes qui veulent travailler, ici, c’est pas la peine, un apprenti mécanicien touche 75 000 livres par mois. Les riches ne créent pas de travail, c’est comme ça depuis la guerre, ils ont peur d’investir, ce sont des rentiers qui ont leurs affaires à l’étranger, à Abidjan par exemple». Et les jeunes qui veulent s’amuser, sortir, vivre ? «N’essaie jamais de comparer la vie la nuit à Tyr avec celle de Beyrouth : ça n’a absolument rien à voir. D’ailleurs lorsqu’on veut vraiment profiter de la “night life”, c’est à Beyrouth que l’on va. Imagine : le seul truc qui s’est ouvert ici, c’est Kentucky Fried Chicken, alors…». Oui mais c’est quoi cette promenade, ce 19-21 ? Tous les garçons et les filles de leur âge. Douchés, parfumés, maquillées, habillés. Petits papillons de nuit prisonniers de leurs voitures, ils se connaissent tous. Ballet de phares. Crypto-drague. Petite Marylin qui guette, à travers la vitre, dans la voiture d’en face il y a peut-être un Rambo en vacances. Et Rambo qui vient de faire 53 fois la rue, peut-être qu’elle lui dira oui, petite Marilyn de ses vacances… C’est quoi cette promenade ? «C’est un rituel, cette promenade. Sans elle, les Tyriens meurent, ils s’étouffent, c’est la ville de l’ennui, ici. Après 21h30, les filles rentrent chez elles, ou alors elles sortent avec leurs frères, on va sur la plage des cent tentes, on boit, on mange». Et Chadi qui sourit…
Mythique. La rue Abou-Dib à Tyr est devenue mythique. Quatre ou cinq mois par an, entre 19 et 21 heures, c’est un véritable défilé. Incessant. Des dizaines et des dizaines de voitures qui arpentent, dans les deux sens, cette rue principale de Tyr. À l’intérieur ? Des jeunes, garçons et filles. Cela s’appelle la promenade. «Il n’y a que ça à faire ici, lorsque l’on est jeune. Rien d’autre à faire». Mi-figue mi-raisin, Chadi. Chadi, 22-23 ans, Chadi qui a grandi entre Anvers et le Liban-Beyrouth et l’USJ où il «poursuit ses études», comme on dit, et Tyr, sa ville, il y est tous les week-ends, les étés. «Les jeunes qui veulent travailler, ici, c’est pas la peine, un apprenti mécanicien touche 75 000 livres par mois. Les riches ne créent pas de travail, c’est comme ça depuis la guerre, ils ont peur...
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