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Actualités - Opinion

Les uns et l'autre

Moi, je les aime bien, tous ces portraits de binettes peints à l’acrylique, œuvres d’art populaire accrochées aux murs, aux arbres, leurs joues asymétriques, leurs mentons ocre et parfois doubles, bref, tout ce qui fait honte aux «gens de goût» (1). Et puis l’essentiel est qu’ils plaisent aux électeurs, non à l’élite de la culture mondaine. J’ai appris d’excellente source les tarifs que se font payer les chaînes de télévision privées pour leurs émissions électorales de qualité (une heure et demie, publicité comprise, pour présenter une candidature) jamais moins de 10 000 dollars. Cela n’a rien d’extraordinaire pour la mentalité d’un pays corrompu par l’argent et par le manque d’argent, bref d’un pays qui rêve d’espèces de haut en bas de l’échelle sociale, et qui en perd la tête. Mais cette petite vanité de voir le Liban autrefois qualifié dans les divers dictionnaires comme seul pays arabe démocratique, quel sort subira-t-elle dans les prochaines éditions des Larousse et autre Robert ? Le courrier postal, ça ne va pas du tout. Lettre Paris-Beyrouth en janvier dernier : 5 jours. Réponse Beyrouth-Paris : un mois et demi. Je n’ai plus osé depuis. (1) Je ne compte pas Hariri dans ce festival de peintures. Car ce bourlingueur de la finance dispose d’une fortune qui lui permet de s’offrir une équipe rompue à des techniques plus sophistiquées. On en a vu le résultat. Vues panoramiques, avec le candidat au premier plan, de RH laissant venir à lui les gentils boursiers de sa fondation, surplombant des immeubles flambant neufs, souriant par derrière à des barques de pêcheurs, etc. Avec quelque chose de napoléonien...
Moi, je les aime bien, tous ces portraits de binettes peints à l’acrylique, œuvres d’art populaire accrochées aux murs, aux arbres, leurs joues asymétriques, leurs mentons ocre et parfois doubles, bref, tout ce qui fait honte aux «gens de goût» (1). Et puis l’essentiel est qu’ils plaisent aux électeurs, non à l’élite de la culture mondaine. J’ai appris d’excellente source les tarifs que se font payer les chaînes de télévision privées pour leurs émissions électorales de qualité (une heure et demie, publicité comprise, pour présenter une candidature) jamais moins de 10 000 dollars. Cela n’a rien d’extraordinaire pour la mentalité d’un pays corrompu par l’argent et par le manque d’argent, bref d’un pays qui rêve d’espèces de haut en bas de l’échelle sociale, et qui en perd la tête. Mais...