De 17 violations israéliennes, on passe à zéro... Et à la deuxième phase d’application de la 425, axée sur la prise en charge de la frontière par les Casques bleus. Qui vont recevoir sous peu une renfort de quelque 1 000 hommes. Pour préparer cette deuxième phase, une réunion a groupé récemment à Yarzé le commandement de la Finul et l’état-major de l’armée libanaise. Il a été décidé d’articuler le plan d’action sur 12 postes fixes principaux, étalés le long de la ligne bleue et reliés entre eux par un cordon de patrouilles. Selon des sources sécuritaires locales, une entente parfaite règne avec la Finul, le but commun étant d’empêcher Israël de rééditer ses violations territoriales. Du côté libanais on se soucie en outre de court-circuiter des manigances israéliennes visant à mettre les réguliers libanais en état de confrontation avec les «forces actives du Sud», sous-entendu, avec les milices. Sur le terrain, le déploiement élargi de la Finul sera parachevé dès que l’on en aura fini avec les opérations de déminage. Une fois la ligne bleue dégagée, des missions mixtes d’officiers onusiens et libanais pourront circuler pour vérifier qu’il n’y a pas de nouvelles percées israéliennes subreptices, çà ou là. Le contingent libanais, (formé de 300 éléments des S.R., de 200 membres de la police militaire et de 500 agents des FSI) ne sera déployé qu’à l’arrière des lignes de la Finul quand celle-ci aura terminé son propre déploiement général, indiquent les mêmes sources. On ajoute que la mission de ce contingent sera de veiller à la sécurité de la population à l’intérieur, non de surveiller directement la frontière. On répète donc du côté libanais que l’on n’a pas l’intention de jouer les gardiens de la frontière israélienne. Les mêmes sources vont encore plus loin. À la question de savoir si finalement l’armée serait envoyée au Sud, entendre à la frontière, elles répondent que cela ne serait pas nécessaire. Ce qui contredit, soit dit en passant, les indications de certains pôles civils du pouvoir qui affirment que tôt ou tard l’on enverra l’armée au Sud. Ces sources ajoutent que la sécurité frontalière devra être politique, c’est-à-dire résulter d’un accord sous-jacent, plutôt que militaire. L’abolition des apparences armées, entendre des milices, reste, selon ces sources, du ressort des FSI soutenues à l’occasion par l’armée, soutiennent les mêmes personnalités. Qui précisent que c’est dans cet esprit de simple soutien que l’on a recouru à des hommes des S.R. et de la police militaire, non à des unités combattantes. Le contingent est dès lors placé sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, non de Yarzé et il restera cantonné dans les casernes de Nabatiyeh et de Marjeyoun. Les mêmes sources sécuritaires concluent en affirmant qu’il n’y a pas de pressions extérieures sur le Liban et que l’on ne pose pas l’envoi de l’armée comme condition à l’octroi d’assistances. Ce qui ne concorde pas tout à fait avec les indications des diplomates occidentaux en poste à Beyrouth.
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