Les pays pauvres ont salué l’évolution des grandes puissances sur des dossiers comme la lutte contre la pauvreté et la réduction de la dette, sujets qui valent pourtant au «Club des riches» d’être contesté dans la rue à chaque réunion internationale. Le mouvement des non-alignés (MNA) et le G77 se sont déclarés jeudi «agréablement surpris par la convergence de vues» qui s’est dégagée lors de leur rencontre avec les ministres des Affaires étrangères du Groupe des Huit (G8), pays les plus puissants du globe, réunis à Miyazaki (sud du Japon). «Il semble qu’un consensus est en train de se dégager sur les dossiers sur lesquels peut être mis en place un véritable partenariat», a souligné le Dr Nkosazana-Clarice Dlamini-Zuma, ministre des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud, dont le pays préside le mouvement des non-alignés (MNA). «Nous sommes très satisfaits du résultat de cette réunion», a ajouté Mme Dlamini-Zuma, qui commentait devant la presse le petit déjeuner de travail organisé entre les représentants des pays pauvres et du G8. Relevant l’importance de dossiers comme la réduction de la dette, la lutte contre la pauvreté, les conséquences sociales de la mondialisation ou la «fracture numérique», Mme Dlamini-Zuma s’est félicitée que «tout le monde se soit engagé à travailler ensemble sur ces questions, avec un objectif commun». Les dernières grandes réunions financières internationales (Seattle, Davos, Washington...) se sont déroulées sur fond de manifestations protestant contre la mondialisation et son impact pour les pays les plus pauvres. Le ministre sud-africain intervenait en présence de MM. Gustavo Bell, vice-président de la Colombie (dont le pays présidait l’an dernier les non-alignés), et Abdus Samad Azad, ministre des Affaires étrangères du Bangladesh (dont le pays présidera l’an prochain les non-alignés). Également représenté à la conférence de presse, le G77 s’est déclaré «plein d’espoir pour les futures relations entre le Nord et le Sud», par la voix du ministre des Affaires étrangères du Nigeria, Alhaji Sule Lamido. Le Nigeria, qui a relevé qu’une coopération avec le Sud était de l’intérêt bien compris des pays développés, préside actuellement le G77. Mme Dlamini-Zuma a souligné combien il était important de poursuivre cette discussion la semaine prochaine au niveau des chefs d’États. Selon elle, six des huit chefs d’État du G8 devraient être présents à Tokyo pour rencontrer leurs homologues d’Afrique du Sud (mouvement des non-alignés), d’Algérie (Organisation de l’Unité africaine), de la Thaïlande (Association des nations du Sud-Est asiatique) et du Nigeria (G77). Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, avait appelé les leaders du G8 à annuler la dette publique des pays pauvres très endettés et de ceux qui sont touchés par des conflits ou des catastrophes naturelles. Malgré des engagements de la part des pays donateurs, M. Annan avait noté que seuls 5 pays ont réussi jusqu’ici obtenir un allégement de leur dette dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), lancée en 1996 par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. En moyenne, seulement 35 % de la dette de ces pays ont été annulés. «En Afrique, 40 % des ressources des États sont consacrées au service de la dette, qui atteint au total quelque 350 milliards de dollars, au détriment de la santé, de l’éducation et d’autres services de base», écrivait-il, appelant le G8 à une «action urgente».
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