Les formations de l’opposition de droite en Israël ont uni hier leurs efforts pour provoquer des élections anticipées, accusant le Premier ministre travailliste Ehud Barak de «céder sur tous les plans» au sommet de Camp David. «Nous avons conclu un pacte pour fonder un gouvernement national afin de remplacer le Cabinet présent qui accumule les échecs. Ce gouvernement national réalisera une paix véritable préservant l’unité de Jérusalem», a annoncé à la presse le député Ariel Sharon, chef du principal parti de droite Likoud, à l’issue d’une rencontre des représentants des formations de l’opposition de droite au Parlement. Symboliquement, la rencontre s’est déroulée sur le mont des Oliviers, à Jérusalem-Est annexée, en présence du maire israélien de Jérusalem, le dirigeant de droite Ehud Olmert. «Nous constatons avec inquiétude que M. Barak porte atteinte à l’unité de Jérusalem et qu’il cède sur tous les plans aux Palestiniens», a poursuivi M. Sharon. Il a affirmé que les formations d’opposition, auxquelles s’est joint le puissant parti ultraorthodoxe Shass (17 sièges), voteraient le 2 août une proposition de loi pour la dissolution de la Knesset et des élections anticipées. M. Sharon a écarté l’idée d’un gouvernement d’union nationale avec les travaillistes en cas d’échec du sommet de Camp David. Prenant ensuite la parole à la tribune du Parlement, M. Sharon a affirmé qu’Eretz Israël (aux frontières bibliques) «est sacré pour les trois religions mais n’a été promis qu’aux juifs». «Il faut freiner Barak aujourd’hui avant qu’il ne signe un accord de capitulation pour lequel il n’a d’appui ni à la Knesset ni dans le pays», a martelé M. Sharon. Les formations de droite alignent 53 députés sur 120 au Parlement –Likoud (19), Shass (17), Parti national religieux (5), Israël Be Alya (4), le parti russophone Israël Beitenou (4), le Parti de l’union nationale (4). Ces formations peuvent aussi compter sur l’appui d’un autre parti ultraorthodoxe, la Liste unifiée de la Torah (5 sièges). La coalition gouvernementale aligne 46 députés : travaillistes (26), Meretz (10), parti du centre (6) et deux petites formations de 2 sièges chacune. En cas d’accord avec les Palestiniens, mais seulement en ce cas, elle peut compter sur l’appui des dix députés des listes représentatives de la population arabe. Dans ces conditions, le Premier ministre n’est pas assuré du soutien de la Knesset à son retour, en particulier s’il parvient à signer un accord quelconque avec les Palestiniens. Or il devra faire face à deux votes cruciaux au Parlement. Le 31 juillet, la Knesset doit élire un nouveau chef de l’État après la démission d’Ezer Weizman. Deux candidats sont en lice : l’ex-Premier ministre travailliste Shimon Pérès qui a l’appui de M. Barak et le candidat de l’opposition de droite Moshé Katsav. Si M. Pérès est favori, M. Katsav peut profiter de l’effondrement de la coalition gouvernementale de M. Barak après la défection de trois partis opposés au sommet de Camp David, le Shass ultraorthodoxe, le parti russophone Israël Be Alya et le Parti national religieux. Le 2 août, la Knesset sera appelée à voter une nouvelle fois sur des élections anticipées, à la suite d’une proposition de loi de l’opposition de droite. Compte tenu des rapports de forces au Parlement, cette proposition, rejetée en juin, a des chances d’être approuvée cette fois, ce qui constituerait un très grave désaveu pour le gouvernement. Pour avoir force de loi, une telle proposition doit être approuvée en trois lectures par la Knesset, ce qui ne serait possible qu’après les vacances parlementaires d’été du 6 août au 29 octobre.
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