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Actualités - Chronologie

Les pays pauvres demandent des actes, pas seulement des mots

Au cours d’une confrontation sans précédent avec les pays riches à la veille du sommet du G8, les représentants du monde pauvre ont demandé hier à Tokyo que des actes concrets viennent appuyer le consensus sur la nécessité d’une nouvelle stratégie du développement. Le secrétaire au Trésor américain Larry Summers, remplaçant au pied levé le président Bill Clinton retenu à Camp David, a résumé cette «convergence intellectuelle très substantielle» en expliquant que «les politiques économiques sont nécessaires mais pas suffisantes pour le développement». L’accès à l’éducation, à la santé ou aux nouvelles technologies, le tout financé par l’allègement de la dette, sont les pivots de cette nouvelle stratégie que devraient examiner les chefs d’État et de gouvernement du G8, de vendredi à dimanche à Okinawa (sud du Japon), a-t-il précisé. Organisée pour la première fois, la rencontre a mis en présence certains membres du G8 (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada), les représentants des grandes instances du monde en développement (Groupe des 77, Mouvement des non-alignés, Cnuced et Organisation de l’unité africaine), mais aussi des institutions multilatérales (Nations unies, Banque mondiale, Organisation mondiale de la santé) et des personnalités du secteur privé (les patrons des groupes Cisco Systems, Andersen Consulting, Sun Microsystems...) M. Summers a décrit la rencontre de Tokyo comme «une session très productive et intéressante qui plante le décor pour le G8». Mais, a-t-il aussi reconnu, «le défi est dans la mise en œuvre». C’est aussi ce qu’a souligné le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, au sortir de la réunion : «Nous avons entendu des paroles encourageantes. La question est de savoir comment les traduire dans des actions concrètes». En dépit du consensus affiché sur l’analyse et les solutions, la prudence des représentants du monde en développement se justifie par les espérances déçues dans un passé tout récent, notamment sur la dette. «Tout le monde est d’accord sur le fait que nous devons aller au-delà du PPTE», a commenté le président sud-africain Thabo Mbeki, en se référant à l’initiative pour l’allègement de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE) adoptée l’an dernier au sommet de Cologne. Sur les 100 milliards de dollars d’annulation de dettes promises à Cologne, seuls 15 milliards auront été effectivement annulés à la fin de l’an 2000, selon le collectif «Jubilé 2000» qui milite en faveur d’un allègement massif de la dette du tiers-monde. «Ils (le G8) admettent eux-mêmes qu’ils n’ont pas été à la hauteur de ce qu’ils avaient promis l’an dernier», a dit M. Mbeki, dont le pays préside actuellement le mouvement des non-alignés. Larry Summers l’a admis en affirmant qu’«obtenir du Congrès les fonds nécessaires (à l’allègement de la dette) est une priorité absolue et cruciale pour le gouvernement (américain) cette année». «C’est ce que nous avons dit clairement à nos interlocuteurs étrangers», a-t-il ajouté. M. Mbeki a insisté sur le fait que les nations les plus pauvres ne recherchent pas une solution au seul problème de la dette. L’investissement, l’accès aux marchés, les transferts de technologies, le bénéfice des technologies de l’information et des biotechnologies sont autant de dossiers urgents pour le développement, a-t-il expliqué. «Il est important que le G8, lorsqu’il traitera du développement, réponde à ces questions. Il ne suffira pas de dire qu’ils ont fait quelque chose pour la dette, un point c’est tout», a-t-il affirmé.
Au cours d’une confrontation sans précédent avec les pays riches à la veille du sommet du G8, les représentants du monde pauvre ont demandé hier à Tokyo que des actes concrets viennent appuyer le consensus sur la nécessité d’une nouvelle stratégie du développement. Le secrétaire au Trésor américain Larry Summers, remplaçant au pied levé le président Bill Clinton retenu à Camp David, a résumé cette «convergence intellectuelle très substantielle» en expliquant que «les politiques économiques sont nécessaires mais pas suffisantes pour le développement». L’accès à l’éducation, à la santé ou aux nouvelles technologies, le tout financé par l’allègement de la dette, sont les pivots de cette nouvelle stratégie que devraient examiner les chefs d’État et de gouvernement du G8, de vendredi à dimanche...