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Actualités - Chronologie

Les Chinois en Italie : un phénomène récent et en expansion

Petites ombres fluettes, ils vendent des gadgets sur les plages et dans les rues, la figure pâle et le regard baissé, ils déchargent des ballots de vêtements devant des dépôts : les immigrés chinois ont récemment fait leur apparition en Italie où ils arrivent de plus en plus nombreux. En 1980, les Chinois munis de permis de séjour en Italie étaient moins de 800. En 1987, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, ils étaient 5 382, trois ans plus tard 18 665. Profitant d’opérations ponctuelles de régularisations massives (1995, 1998, 1999), ils sont aujourd’hui près de 50 000 à résider régulièrement en Italie. «C’est un phénomène qui est appelé à se développer, d’autant plus que c’est une communauté qui ne pose pas de grands problèmes», explique Giovanni Pinto, chef du service immigration et police des frontières au ministère de l’Intérieur. Il précise qu’une forte proportion (10 %) de demandes de régularisation concerne des travailleurs indépendants, «contrairement aux autres communautés étrangères». Les Chinois d’Italie travaillent dans le commerce de vêtements en gros, la vente ambulante, la confection, le travail du cuir et la restauration. La majorité d’entre eux sont installés dans le nord, en Lombardie et en Toscane, et depuis peu, à Rome et à Naples (sud). En Toscane, leur présence est particulièrement forte à Prato (60 % de la population immigrée) et autour de Florence où ils travaillent dans la peausserie et la sous-traitance des grandes marques italiennes. À Rome, le quartier de l’Esquilino est en passe de devenir le premier «Chinatown» d’Italie. Les restaurants chinois se multiplient, de 5 en 1976 dans la capitale, ils sont passés à 380 en 1999. Les Chinois rachètent peu à peu tous les fonds de commerce et boutiques autour de la place Vittorio Emanuele, lieu de prédilection des immigrés hors Union européenne, asiatiques et nord-africains notamment. La plupart des Chinois arrivent de la région du Zhejiang, au sud de Shanghaï, et notamment de la province du Wenzhou. D’origine rurale, ils ont la réputation d’être des travailleurs acharnés et des commerçants redoutables. «L’arrivée en masse en Italie a été favorisée par les nombreuses vagues de régularisations et par l’efficacité des organisations criminelles chinoises dédiées à l’immigration clandestine», indique une récent rapport de la police italienne. La chronique tragique des décès d’immigrés morts noyés lors de passages clandestins dans l’Adriatique, ou écrasés sur des routes du nord où ils marchent par longues files silencieuses la nuit n’épargne pas les Chinois. «Ils arrivent par le Vietnam, Moscou ou la Thaïlande, ils paient 25 à 30 millions de lires (13 000 à 15 500 euros) et travaillent 18 heures par jour pendant plusieurs années pour rembourser», explique Feliciano Marruzzo, un des chefs de la brigade criminelle de Rome. «C’est une immigration très récente avec un niveau culturel très bas, la communauté chinoise notamment à Rome est instable et non homogène», indique, M. Liang Chen, intellectuel chinois installé en Italie depuis 30 ans. «Il n’y a ni bibliothèque ni école ni librairie ni hôpital et surtout aucune association, les quotidiens sont des traductions de journaux chinois» souligne-t-il. «Ils sont venus pour faire de l’argent, de façon provisoire, et quand un enfant naît en Italie, il est envoyé en Chine pour étudier», ajoute-t-il. M. Chen explique cette situation par le «manque d’avantages sociaux en Italie» et par la «pauvreté extrême» de ces immigrés, contrairement à la France ou à l’Allemagne où ils s’intègrent en bénéficiant des structures sociales et éducatives. «Ils ne veulent pas rester», estime M. Chen, citant le cas récent de 80 Chinois qui, aussitôt qu’ils avaient obtenu leur permis de séjour, étaient repartis chez eux. «Pour eux, c’est comme un passeport, en cas de problème en Chine, ils auront toujours une porte de sortie».
Petites ombres fluettes, ils vendent des gadgets sur les plages et dans les rues, la figure pâle et le regard baissé, ils déchargent des ballots de vêtements devant des dépôts : les immigrés chinois ont récemment fait leur apparition en Italie où ils arrivent de plus en plus nombreux. En 1980, les Chinois munis de permis de séjour en Italie étaient moins de 800. En 1987, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, ils étaient 5 382, trois ans plus tard 18 665. Profitant d’opérations ponctuelles de régularisations massives (1995, 1998, 1999), ils sont aujourd’hui près de 50 000 à résider régulièrement en Italie. «C’est un phénomène qui est appelé à se développer, d’autant plus que c’est une communauté qui ne pose pas de grands problèmes», explique Giovanni Pinto, chef du service immigration et...