Les «blockbusters» américains dominent toujours la scène cinématographique en Grande-Bretagne, mais ces dernières semaines ont vu l’émergence de films proprement anglais, qui remportent un vif succès et qui sont fidèles à la réputation du bon cinéma britannique. Raya Abi-Rached commente les films vus dernièrement à Londres. l Maybe Baby, de Ben Elton. Auteur très apprécié en Angleterre, Ben Elton fait ses débuts de réalisateur avec Maybe Baby, dont il a aussi écrit le scénario ; et malgré quelques maladresses, le film est agréable de bout en bout surtout que la balance entre comédie et drame est très bien mesurée pour un sujet plutôt délicat : la difficulté d’avoir un enfant et les retombées sur un couple. Hugh Laurie et Joely Richardson (sœur de Natasha) sont les vedettes du film. l Saving Grace, de Nigel Cole. Encore un premier film, mais au sujet à la fois original et loufoque : fauchée après le décès de son mari, Grace use de ses talents de jardinière pour planter des pousses de marijuana dans son jardin et essaie d’en vendre ! Brenda Blethyn en est la vedette. On n’a jamais eu l’occasion de voir les films de cette fantastique actrice au Liban – elle a notamment reçu deux nominations aux Oscars pour Secrets and Lies de Mike Leigh (elle rafla un prix d’interprétation à Cannes, l’année où le film reçut la Palme d’or) et pour Little Voice de Mark Herman aux côtés de Michael Caine. Elle donne la réplique à Tcheky Karyo dans Saving Grace. Et les locomotives... l American Psycho, de Mary Herron (dont on connaît I shot Andy Warhol). Le film est basé sur un best-seller des années 80 écrit par Bret Easton Ellis. Il satirise le monde de la finance de New York, pas tout à fait à la manière du Wall Street de Oliver Stone. Il s’attarde plutôt sur la vie personnelle d’un banquier que le stress de Wall Street transforme en tueur en série. Christian Bale, qui fut découvert jeune dans le Empire of the Sun de Steven Spielberg, est particulièrement excellent dans le rôle, bien entouré de Chloe Sevigny, Reese Witherspoon et Jared Leto. l The Road to Eldorado, dernier film d’animation des studios de Jeffrey Katzenberg (Dream Works) après The Prince of Egypt. Katzenberg s’est bien assuré de «drainer» les talents qu’il a rencontrés à Disney avec lui. L’équipe de Road to Eldorado – telle que Will Finn – a notamment travaillé sur de nombreux longs métrages d’animation de Disney dont The Hunchback of Notre Dame. Eldorado, dont les effets d’animation sont impressionnants, réunit Kevin Kline, Kenneth Branagh et Rosie O’Donnell qui prêtent leurs voix aux personnages principaux. l Final Destination, de James Wong. Il s’agit encore une fois d’un film de genre surnaturel, joué par des adolescents ; mais Final Destination fait exception à la règle parce qu’il réussit grâce à son scénario, sa réalisation mais aussi son jeu d’acteur, à tenir le spectateur en haleine de bout en bout. Véritablement effrayant, parce qu’il fait bien travailler l’imagination du spectateur, il remporte un vif succès. James Wong est célèbre pour avoir dirigé plusieurs épisodes de la série téléX Files. l Battlefield Earth, de Roger Christian. Basé sur le roman de L. Ron Hubbard, chef de l’Église de scientologie, ce film est facilement le long métrage le plus «calamiteux» qui ait jamais été produit. On sait que l’influence de Travolta et de l’Église de scientologie elle-même ont largement contribué à financer ce film, mais on se demande toujours pourquoi on nous a imposé cette horreur ! l Gladiator, de Ridley Scott, est peut-être l’un des meilleurs films de l’année. Il y a certes quelques faiblesses dans le scénario et parfois dans les dialogues, mais ce serait bien tout ce que l’on peut reprocher à Gladiator. D’abord Russel Crowe est excellent en ce héros irréprochable et digne, Ridley Scott dirige les scènes de bataille avec brio et le reste de la distribution assure aussi. Gladiator a ramené le mythe du vrai héros de Hollywood. À ne pas rater !
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