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Actualités - Chronologie

Iran Le procès des juifs devrait s'achever aujourd'hui

Les juifs de Chiraz (sud) se veulent optimistes quant au verdict sur leurs coreligionnaires accusés d’espionnage pour Israël, mais craignent que ce «grand malentendu» à leurs yeux soit un véritable «gâchis» pour leur image en Iran. «Depuis un an, je pleure toutes les nuits», dit Golda Nic-Nam, une mère de famille du quartier «Mahaleh», le vieux quartier juif, à quelques ruelles de la petite synagogue Saati. Le procès, qui a commencé le 13 avril, et qui a nécessité dix audiences, devrait s’achever aujourd’hui et le verdict devrait tomber dans une semaine. Si le tribunal qualifie les faits reprochés de «collecte d’informations confidentielles et transmission à un pays ennemi», les accusés encourent des peines allant jusqu’à dix ans de prison. «Ce sont de petits commerçants, ils sont pauvres. Maintenant, leurs familles n’arrivent plus à subvenir aux besoins. Ils doivent s’entraider», ajoute Golda. Dans le quartier, où les musulmans sont majoritaires, c’est «un sujet tabou». «On évite d’en parler avec eux, car nous avons toujours eu de très bonnes relations», poursuit la femme. Les musulmans interrogés disent la plupart «ne pas croire» à «cette histoire d’espionnage», ou «ne pas vouloir s’en mêler». Avenue Zand, l’artère principale de cette grande ville de 1,5 million d’habitants, – dont 6000 à 7 000 juifs –, commerçants juifs et musulmans se côtoient en permanence. Mais devant le magasin de chaussures d’Omid Tefeline, un des trois accusés en liberté, et qui devrait être acquitté, quelques vieux juifs parlent tristement des jeunes gens emprisonnés qu’ils ont, pour la plupart, connus tout petits. «Ils ne savent même pas utiliser un portable. Comment seraient-ils espions. Comment auraient-ils recueilli des informations confidentielles ou militaires? Quel gâchis !», explique Samir, 70 ans. «Notre communauté est très triste. Elle est affectée par toute cette affaire, car les gens sont mal informés, ou colportent des rumeurs. Nous, pourtant, nous nous sentons Iraniens. Nous sommes là depuis 3 500 ans !», ajoute-t-il. Omid explique «attendre» le verdict et «espérer» l’acquittement des autres accusés, dont son frère Hamid, dit «Dany», qui est l’un des principaux inculpés. Pour lui, cette affaire «reste un grand malentendu». À quelques centaines de mètres, la synagogue Rabi-Zadeh, la plus grande des 15 synagogues de la ville – dont seulement sept sont régulièrement ouvertes au culte –, quelques vieux prient et lisent la Torah. Dans la cour, un adolescent, Amir, estime que «si les journaux n’en avaient pas parlé, le procès se serait déroulé sans que personne n’y puisse rien». Il fait état, dans les écoles du sud de la ville, «d’insultes et brimades antisémites» dont des écoliers ont été récemment victimes. «Ils les ont traités d’espions et les ont mis en quarantaine», ajoute-t-il. «En nous opposant à la médiatisation des aveux, je crois que nous avons calmé un antisémitisme qui pouvait surgir», explique le porte-parole des avocats, Ismaïl Nasseri. «Nous défendons des juifs, une minorité, des gens pauvres, calmes et craintifs», ajoute-t-il. Les quatre avocats de la défense sont musulmans, et aucun avocat juif n’est inscrit au barreau de Chiraz.
Les juifs de Chiraz (sud) se veulent optimistes quant au verdict sur leurs coreligionnaires accusés d’espionnage pour Israël, mais craignent que ce «grand malentendu» à leurs yeux soit un véritable «gâchis» pour leur image en Iran. «Depuis un an, je pleure toutes les nuits», dit Golda Nic-Nam, une mère de famille du quartier «Mahaleh», le vieux quartier juif, à quelques ruelles de la petite synagogue Saati. Le procès, qui a commencé le 13 avril, et qui a nécessité dix audiences, devrait s’achever aujourd’hui et le verdict devrait tomber dans une semaine. Si le tribunal qualifie les faits reprochés de «collecte d’informations confidentielles et transmission à un pays ennemi», les accusés encourent des peines allant jusqu’à dix ans de prison. «Ce sont de petits commerçants, ils sont pauvres. Maintenant,...