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Actualités - Chronologie

OUA Climat de désunion au 36e sommet de Lomé

L’Organisation de l’unité africaine (Oua) a ouvert son sommet annuel hier à Lomé dans un climat de désunion, marqué par l’absence de nombreux dirigeants du continent, qui tranche avec les projets du président libyen Mouammar Kadhafi en faveur d’États unis de l’Afrique. Le président togolais Gnassingbe Eyadema, qui prend la succession de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’organisation, a souligné dans son discours d’ouverture prononcé devant plus de 30 chefs d’État africains que la paix et la sécurité devaient être le ciment de la nouvelle union continentale en faveur d’un développement durable. «L’Afrique continuera à être marginalisée si elle ne constitue pas un bloc uni, solide et fort», a insisté Eyadema, faisant référence à la mondialisation croissante du commerce international. Mais plusieurs chefs d’État n’ont pas répondu à cet appel à l’union, boycottant le sommet dans la foulée du président angolais. Jose Eduardo dos Santos a réclamé à plusieurs reprises un transfert du sommet suite à la publication d’un rapport parrainé par l’Onu, qui implique Eyadema dans un commerce de diamants soutenant l’effort de guerre des rebelles angolais de l’Unita. Solidaires de cette position, deux alliés de l’Angola n’ont pas fait le déplacement : Laurent-Désiré Kabila, président de la République démocratique du Congo (RDC), et son homologue namibien, Sam Nujoma. Le président zimbabwéen Robert Mugabe, lui aussi allié de l’Angola et qui n’est pas présent à Lomé, a en revanche justifié son absence par un emploi du temps surchargé. Il a dépêché son ministre des Affaires étrangères Stan Mudenge au Togo. Les présidents libérien et guinéen, Charles Taylor et Lansana Conté, sont également restés chez eux en raison de la tension entre les deux pays. Monrovia a encore déclaré samedi que des rebelles libériens avaient lancé un assaut en partant de Guinée. Malgré ces absences et les nombreux conflits qui déchirent actuellement le continent – guerres civiles en Sierra Leone et en Angola, conflit régional en RDC, querelle frontalière entre l’Éthiopie et l’Érythrée –, les projets d’union continentale ont été au cœur de cette première journée de discussions. Un haut responsable de l’Oua a indiqué que les ministres avaient rédigé un protocole d’accord pour la création d’une Union africaine, précisant que des compromis avaient été réalisés sur les points qui le nécessitaient. Un sommet extraordinaire organisé en septembre 1999 à Syrte, la ville natale du colonel Khadafi en Libye, avait déjà approuvé le principe d’une Union africaine. Lors de cette réunion, à laquelle avait assisté la quasi-totalité des dirigeants de l’Oua, les participants s’étaient fixé comme objectif l’adoption des textes appropriés au sommet de Lomé, avec ratification fin 2000. Le lancement officiel de l’Union africaine était prévu en 2001, à l’occasion d’un nouveau sommet extraordinaire à Syrte. Le dirigeant libyen s’est une fois de plus signalé en plantant sa tente dans un hôtel situé sur le front de mer après être venu symboliquement à pied en traversant le Niger, le Burkina Faso et le Ghana.
L’Organisation de l’unité africaine (Oua) a ouvert son sommet annuel hier à Lomé dans un climat de désunion, marqué par l’absence de nombreux dirigeants du continent, qui tranche avec les projets du président libyen Mouammar Kadhafi en faveur d’États unis de l’Afrique. Le président togolais Gnassingbe Eyadema, qui prend la succession de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’organisation, a souligné dans son discours d’ouverture prononcé devant plus de 30 chefs d’État africains que la paix et la sécurité devaient être le ciment de la nouvelle union continentale en faveur d’un développement durable. «L’Afrique continuera à être marginalisée si elle ne constitue pas un bloc uni, solide et fort», a insisté Eyadema, faisant référence à la mondialisation croissante du...