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Célébration - Trente mille fidèles pour le jubilé d'or sacerdotal de Sfeir Contre le voeu des organisateurs, le rassemblement de Bkerké a revêtu un cachet politique (photo)

CHRONOLOGIE
19/06/2000
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a reçu hier le soutien chaleureux de plusieurs dizaines de milliers de fidèles venus s’associer à la messe d’action de grâce marquant son jubilé d’or sacerdotal. Sur la nouvelle place de Bkerké, aménagée devant l’entrée du siège patriarcal, plus de 30 000 fidèles du Liban et de Syrie ont assisté à cette cérémonie, exprimant, certains au son des fanfares, leur soutien au patriarche. Bien que tout ait été fait pour empêcher le rassemblement de revêtir un caractère politique, les drapeaux des Forces libanaises et les portraits de Samir Geagea, les banderoles typiques du courant aouniste, demandant l’application de la résolution 520 et le départ du Liban des troupes syriennes, ont été déployés et agités. Le vicaire patriarcal maronite Mgr Roland Aboujaoudé, à qui l’on doit en grande partie l’idée d’organiser ce rassemblement, a fermement demandé en début de cérémonie à ceux qui profitaient de l’occasion pour se manifester, de s’abstenir de le faire et d’enrouler leurs banderoles. Mais il n’a pas été écouté. Toutefois, aucun incident notable n’a été signalé et les manifestations politiques sont restées contenues. Mgr Aboujaoudé a également pris soin de souligner que le rassemblement n’était pas une manifestation d’«isolationnisme», mais un rassemblement de prière et d’action de grâce destiné à fortifier la loi des fidèles, massés autour de leur chef spirituel. En raison du cachet proprement religieux de la cérémonie, aucun officiel n’y était invité, à l’exception du chef de l’État et du nonce apostolique. Le président de la République a délégué son fils, M. Émile É. Lahoud, pour le représenter. On notait également la présence de l’ancien chef de l’État Élias Hraoui et de nombreux députés, ministres, anciens ministres et hauts fonctionnaires, chrétiens et musulmans. La foule des fidèles a été évaluée par les organisateurs à une trentaine de milliers de personnes. Les 17 000 chaises installées sur la place étaient presque toutes occupées et un nombre équivalent de fidèles était massé sur la place ou sur la route conduisant à Bkerké. Prévue depuis longtemps, la cérémonie a coïncidé avec une succession d’événements marquants, tels que la libération du Sud et le décès du chef de l’État syrien, qui en ont accentué le cachet de rassemblement populaire et lui ont conféré un prolongement politique qui n’était pas dans l’intention des organisateurs. L’homélie du patriarche, sa fermeté en même temps que sa modération, ont corrigé les excès des groupes de manifestants, satisfaits sur le fond, mais déboutés sur la forme. La liturgie maronite, avec ses chants et ses prières, a fini par imposer à la célébration le caractère purement religieux qui lui était voulu. L’office divin a commencé peu après 19 heures, alors que le soleil continuait à chauffer et que les célébrants l’avaient toujours dans les yeux. Il s’est poursuivi aux couleurs du crépuscule et s’est achevé après la nuit tombée, suivant un cérémonial tout en ordre, inspiré du Vatican. Plusieurs prêtres qui fêtent cette année leur jubilé d’or sacerdotal ont concélébré la messe avec le patriarche. Les vœux du pape au chef de l’Église maronite ont été lus avant la cérémonie. Sortis en procession du siège patriarcal, le patriarche et les évêques maronites qui l’assistaient ont repris en fin de cérémonie le même chemin, après avoir béni la foule et reçu quelques cadeaux symboliques, dont une clé d’or de la ville de Jounieh, diocèse patriarcal.

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