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Actualités - Chronologie

Colombie La drogue, un poison dans le processus de paix

La drogue, fléau de la Colombie, a empoisonné jusqu’ici le processus de paix au point de conduire le pouvoir et la guérilla à convoquer sur ce thème une réunion internationale. Ce forum a réuni autour de la même table, jeudi et vendredi à Los Pozos (740 km au sud de Bogota), les délégués de 20 pays à un niveau d’ambassadeurs, les chefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, communistes) – la première guérilla en importance du pays avec 12 000 hommes – , les émissaires du président conservateur Andrés Pastrana, mais aussi les principaux planteurs de coca. Un plan d’éradication en cinq ans des cultures de coca en Colombie, à l’aide d’un financement international, a été proposé dès l’ouverture de cette réunion jeudi par les Farc, avec comme centre-pilote la région de Cartagena del Chaira, à 100 km au sud de Los Pozos. La participation étrangère concernerait les États-Unis, l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Onu, selon le document remis par les Farc. Les autorités colombiennes n’ont pas encore réagi à cette offre. Au total 120 000 hectares de feuilles de coca sont cultivés en Colombie, notamment dans le sud, pour la fabrication de la cocaïne. Le pays reste le premier exportateur de ce stupéfiant, avec plus de 400 tonnes par an, en dépit des récents succès de la police contre les cartels du millénaire. Six tonnes d’héroïne y sont également produites chaque année à partir de la culture du pavot. Malgré l’absence d’un cessez-le-feu depuis l’engagement de pourparlers de paix le 24 octobre dernier entre le pouvoir et les Farc, les deux parties ont réussi à maintenir le dialogue sur un calendrier en 12 points, y compris l’éradication de la culture de la coca. De profondes divergences opposent sur cette question un gouvernement partisan de la répression et une guérilla favorable à une approche pacifique par une reconversion des «cocaleros» (planteurs de coca) vers des cultures alternatives. Leur succès commun dans la convocation de cette réunion internationale traduit la volonté des deux parties d’aboutir à un compromis sur la question de la drogue, mais aussi l’écho trouvé à l’étranger face à un fléau qui touche les consommateurs, notamment américains et européens. Aux yeux de la guérilla autant que du pouvoir, les pays importateurs de drogue colombienne sont concernés au premier chef par le trafic de stupéfiants, au moyen d’une lutte accrue contre les dealers. «Sans consommateurs, la production n’aurait plus de raison d’être», estiment en substance les deux parties. Cette approche identique ne peut dissimuler les écueils à franchir par les Farc et le pouvoir pour trouver une solution commune. Le premier d’entre eux s’appelle Plan Colombie, une initiative du chef de l’État. Une aide d’urgence à Bogota, de 934 millions de dollars et pour les deuxtiers destinée à l’armée et à la police, a été adoptée dans ce cadre le 22 juin par le Sénat américain pour la lutte antidrogue. Les Farc ont déjà qualifié ce plan de «déclaration de guerre», en raison de son volet répressif. Il a été évalué par le président Pastrana à 7,5 milliards de dollars en trois ans, dont 4 milliards en fonds propres colombiens et 3,5 de la communauté internationale. Une réunion de bailleurs de fonds européens est prévue sur ce thème à Madrid le 7 juillet. Bogota campe toujours sur sa politique d’éradication de la coca par des fumigations chimiques à l’aide d’hélicoptères fournis par les États-Unis, mais a démontré sa volonté de dialogue par sa participation à la réunion de Los Pozos. Le forum aura d’ailleurs pour cadre l’enclave démilitarisée de 42 000 km2, grande comme la Suisse, octroyée par le pouvoir aux Farc le 7 novembre 1998 pour faciliter les contacts avec cette guérilla.
La drogue, fléau de la Colombie, a empoisonné jusqu’ici le processus de paix au point de conduire le pouvoir et la guérilla à convoquer sur ce thème une réunion internationale. Ce forum a réuni autour de la même table, jeudi et vendredi à Los Pozos (740 km au sud de Bogota), les délégués de 20 pays à un niveau d’ambassadeurs, les chefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, communistes) – la première guérilla en importance du pays avec 12 000 hommes – , les émissaires du président conservateur Andrés Pastrana, mais aussi les principaux planteurs de coca. Un plan d’éradication en cinq ans des cultures de coca en Colombie, à l’aide d’un financement international, a été proposé dès l’ouverture de cette réunion jeudi par les Farc, avec comme centre-pilote la région de Cartagena del...