Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'OMC critiquée mais indispensable

L’Organisation mondiale du commerce (OMC), la seule instance internationale de régulation du commerce, est critiquée mais indispensable pour ses 137 membres et la trentaine de candidats qui se bousculent à sa porte. Parmi ses détracteurs, tous extérieurs à l’Organisation, seule une minorité demande sa suppression. En novembre, après avoir fait connaissance du leader de la Confédération paysanne, José Bové, au siège de l’OMC à Genève, le directeur général Mike Moore, ancien syndicaliste néo-zélandais, assurait : «Nous avons beaucoup en commun. M. Bové n’est pas complètement contre l’OMC. Personne ne croit que le monde serait meilleur si l’OMC n’existait pas». Devenu un des héros de l’antimondialisation lors des manifestations de rue contre la conférence ministérielle de Seattle en décembre, José Bové prépare la création à Genève, avec d’autres organisations, d’«un observatoire citoyen» de la mondialisation, pour obtenir des réformes profondes de l’Organisation. L’OMC se voit tenue responsable de la concentration du pouvoir dans les mains de quelques multinationales, de la précarisation accrue de l’emploi et des conditions de vie, de la diminution du rôle de l’État, du saccage de l’environnement, de la «mal-bouffe», etc. Elle est aussi accusée d’être un instrument des États-Unis. Cependant, Seattle a montré les contradictions entre des syndicats ou ONG occidentales, qui demandent, à l’instar de plusieurs de leurs gouvernements, des normes sociales et environnementales dans le monde entier, et les ONG du tiers-monde soucieuses d’une prise en compte des cultures et intérêts des peuples pauvres, en leur permettant de tirer profit de leurs ressources. Ainsi, Third World Network, vaste réseau dirigé par le Malaisien Martin Khor, veut réformer l’OMC, estimant que ses règles doivent être plus démocratiques pour laisser plus de possibilités d’adaptation aux pays pauvres. Ce faisant, il rejoint les revendications des gouvernements des pays en développement qui forment les 3/4 des membres de l’OMC. Devant les disparités croissantes de revenus entre pays pauvres et riches, l’OMC rétorque que les pays en développement qui réussissent le mieux sont ceux qui se sont le plus ouverts aux échanges, citant la Corée du Sud, passée en trente ans du niveau du Ghana à celui du Portugal. Elle reconnaît cependant que les adaptations à la libéralisation peuvent être coûteuses socialement. C’est pourquoi les revendications ont éclaté à Seattle au sein de l’Organisation. Les pays pauvres ont demandé des sauvegardes et des périodes transitoires, réclamé d’être mieux représentés dans le processus de décision. Cependant, ce qui séduit la majeure partie de ses membres, est l’idée de règles s’appliquant à tous. Ainsi, la cheville ouvrière de l’OMC, très sollicitée, est son Organe de règlement des différends (ORD), chargé de trancher les conflits commerciaux. Les pays en développement demandent qu’il soit réformé, mais ils sont de plus en plus nombreux à y avoir recours contre les pays riches. La «société civile» voudrait avoir accès à ses délibérations. Mais elle se heurte au «niet» de la plupart des grands pays, développés comme en développement, dans une organisation gérée par consensus par ses 137 États membres. M. Moore, qui soutient que les avis de cette «société civile» doivent être écoutés et que les pays riches doivent faire plus de concessions, déplore que l’OMC soit accusée de tous les maux. Certains problèmes –compétence des gouvernements, infrastructures essentielles, conditions sociales – sont du ressort des États et d’autres organisations internationales, répète M. Moore. Or, celles-ci, au lieu de coopérer, continuent souvent de regarder l’OMC en chien de faïence. «Seattle n’était pas l’affaire de quelques personnes riches et blanches qui cherchaient à dicter les règles du monde», a dit le directeur général, relevant le poids croissant des puissances émergeantes du tiers-monde et l’entrée prochaine de la Chine. Aujourd’hui, lorsque les Occidentaux veulent un round commercial, ils ne peuvent l’imposer à New Delhi, à Brasilia ou au Caire.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC), la seule instance internationale de régulation du commerce, est critiquée mais indispensable pour ses 137 membres et la trentaine de candidats qui se bousculent à sa porte. Parmi ses détracteurs, tous extérieurs à l’Organisation, seule une minorité demande sa suppression. En novembre, après avoir fait connaissance du leader de la Confédération paysanne, José Bové, au siège de l’OMC à Genève, le directeur général Mike Moore, ancien syndicaliste néo-zélandais, assurait : «Nous avons beaucoup en commun. M. Bové n’est pas complètement contre l’OMC. Personne ne croit que le monde serait meilleur si l’OMC n’existait pas». Devenu un des héros de l’antimondialisation lors des manifestations de rue contre la conférence ministérielle de Seattle en décembre, José...