Bachar el-Assad, successeur désigné du président défunt Hafez el-Assad, va rapidement être confronté au dossier brûlant de l’économie syrienne pour lequel il devra s’entourer d’une équipe d’experts. Bachar, un médecin ophtalmologue de formation réputé pour ses orientations libérales, est à présent entouré d’amis compétents à qui il demande de temps à autre conseil, dit un cadre d’entreprise occidental. Mais «ce dont il va véritablement avoir besoin, c’est d’une équipe d’experts qui suit de façon régulière les dossiers les plus importants, au nombre desquels les réformes économiques», affirme-t-il. Quelques mois avant le décès de son père, le 10 juin, Bachar el-Assad, avait commencé à s’attaquer au dossier interne, avec la formation d’un nouveau gouvernement qui porte son cachet, dirigé par Mohammad Moustapha Miro. Réputé pour son intégrité, celui-ci a lancé une campagne anticorruption qui a touché 23 fonctionnaires depuis mai, dont deux anciens ministres et un ancien chef de gouvernement, Mahmoud al-Zohbi, qui s’est suicidé. Mais cette campagne ne sera pas en mesure seule d’enrayer la corruption dans une administration qui rémunère ses haut placés 200 dollars par mois. «Quand les fonctionnaires sont mal payés, les pots-de-vin sont inévitables», fait valoir un diplomate. D’où un lien entre réformes administratives et libéralisation économique, qui nécessite une coordination. «La progression devra se faire simultanément sur les deux fronts», juge le diplomate. «Il faut que le secteur privé crée des emplois pour enrayer la bureaucratie et améliorer progressivement le niveau de vie, il faut alléger la bureaucratie et les contrôles afin de stimuler les investissements privés». Il donne en exemple les inerties bureaucratiques qui ont ralenti pendant plusieurs années l’application d’un programme de développement économique et administratif de 105 millions d’euros arrangé par l’Union européenne. Le défi de l’emploi est d’autant plus difficile à relever que le taux de croissance démographique du pays est élevé, estimé à 2,5 %, et plus de 60 % des quelque 17 millions de Syriens ont moins de 20 ans. La Syrie est de surcroît inadaptée à la nouvelle économie. L’accès à Internet est réservé aux entreprises et il faut plus de deux semaines pour se relier à l’unique réseau opéré par la société étatique de télécommunications. Il faut en outre une autorisation spéciale des PTT pour brancher un télécopieur ou un modem sur une ligne téléphonique. Damas a adopté en 1991, une loi (appelée loi numéro 10) destinée à faciliter les investissements étrangers à travers un assouplissement fiscal notamment, mais elle n’a drainé que trois milliards de dollars et son effet s’est estompé en 1995. Le gouvernement Miro tente depuis avril de donner un nouveau souffle à cette loi, allégeant légèrement le contrôle sur la possession des devises par les particuliers et en ouvrant aux investisseurs étrangers la possibilité d’acquérir les terrains où ils doivent servir à leurs projets. Dans les milieux d’affaires étrangers, on s’attend à ce que Bachar el-Assad donne la priorité à la consolidation de son pouvoir, et au renforcement de sa position au sein de l’appareil militaire et de sécurité, avant d’attaquer les réformes susceptibles de déplaire à certains dignitaires du régime.
Bachar el-Assad, successeur désigné du président défunt Hafez el-Assad, va rapidement être confronté au dossier brûlant de l’économie syrienne pour lequel il devra s’entourer d’une équipe d’experts. Bachar, un médecin ophtalmologue de formation réputé pour ses orientations libérales, est à présent entouré d’amis compétents à qui il demande de temps à autre conseil, dit un cadre d’entreprise occidental. Mais «ce dont il va véritablement avoir besoin, c’est d’une équipe d’experts qui suit de façon régulière les dossiers les plus importants, au nombre desquels les réformes économiques», affirme-t-il. Quelques mois avant le décès de son père, le 10 juin, Bachar el-Assad, avait commencé à s’attaquer au dossier interne, avec la formation d’un nouveau gouvernement qui porte son cachet,...
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