Le Sénat russe rejette la réforme régionale de Poutine
le 29 juin 2000 à 00h00
Les sénateurs russes ont massivement rejeté hier la loi réformant la Chambre haute, proposée par Vladimir Poutine pour renforcer le pouvoir fédéral et affaiblir les «barons régionaux». 129 membres du Conseil de la fédération sur 176 ont voté à bulletins secrets contre le texte, qui interdit aux chefs des régions de siéger au Parlement. Treize ont voté pour et un s’est abstenu. La Douma (Chambre basse), qui avait adopté la loi en troisième lecture la semaine dernière par 308 voix, pourra surmonter le rejet du Conseil de la fédération en revotant le texte par une majorité des deux tiers (soit 300 voix). Le rejet du texte par les sénateurs n’est pas une surprise, le président du Conseil de la fédération, Egor Stroïev, n’ayant pas exclu la veille devant la presse que le Sénat puisse «mettre son veto» à ce projet. Actuellement la Chambre haute est composée des gouverneurs des régions et des chefs des assemblées locales. Selon le projet de loi, les gouverneurs et les chefs des assemblées ne siégeront plus au Sénat et seront privés d’immunité parlementaire. La loi prévoit que chaque région de Russie enverra deux représentants au conseil, l’un nommé par le gouverneur et approuvé par les élus locaux, le second étant directement élu par le parlement régional. «Comme tout le peuple soviétique ... pardon, russe, nous aimons aussi le président Poutine et nous devons l’empêcher de commettre cette erreur, car une erreur en politique est pire qu’un crime», a lancé le président de la République tchouvache (Volga), Nikolaï Fedorov, lors des débats animés au Sénat. «On ne peut pas détruire le système du pouvoir en un jour», a estimé pour sa part le président du Bachkortostan (Volga), Mourtaza Rakhimov. Les gouverneurs sont surtout mécontents de la disposition de la loi qui les oblige à faire approuver par leur assemblée la candidature de leur représentant au Sénat. Ils regrettent également de ne pas avoir le droit de révoquer leur représentant, estimait hier le quotidien Vremia Novosteï. Les gouverneurs ne supportent pas non plus la perspective d’être privés d’immunité parlementaire, affirme la presse. «Si le gouverneur n’entre pas au Parlement, il devient un simple gestionnaire et n’importe quel policier aura le droit d’ouvrir une enquête contre lui», a déclaré le gouverneur de la région de Koursk (sud), Alexandre Routskoï.
Les sénateurs russes ont massivement rejeté hier la loi réformant la Chambre haute, proposée par Vladimir Poutine pour renforcer le pouvoir fédéral et affaiblir les «barons régionaux». 129 membres du Conseil de la fédération sur 176 ont voté à bulletins secrets contre le texte, qui interdit aux chefs des régions de siéger au Parlement. Treize ont voté pour et un s’est abstenu. La Douma (Chambre basse), qui avait adopté la loi en troisième lecture la semaine dernière par 308 voix, pourra surmonter le rejet du Conseil de la fédération en revotant le texte par une majorité des deux tiers (soit 300 voix). Le rejet du texte par les sénateurs n’est pas une surprise, le président du Conseil de la fédération, Egor Stroïev, n’ayant pas exclu la veille devant la presse que le Sénat puisse «mettre son veto» à ce...
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