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Actualités - Chronologie

Recherche - Désormais, plus de greffe ultérieure Coeur artificiel définitif

Pour la première fois en France, un «cœur artificiel définitif» – qui ne nécessitera donc pas de greffe ultérieure – a été implanté à Paris sur un septuagénaire, a annoncé le Pr Iraj Gandjbakhch, chef du service de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Le cœur, mis au point par la société américaine Arrow International, et les batteries destinées à le faire fonctionner ont été implantés directement dans l’abdomen du patient. L’intervention a duré quatre heures. Par rapport aux cœurs semi-artificiels déjà existants, le Arrow est totalement autonome et ne nécessite aucun appareillage extérieur, notamment pour recharger les batteries. Cette procédure est en effet réalisée à travers la peau, sans perforation, par induction magnétique. «Le patient, un homme de 70 ans – qui avait donc dépassé l’âge d’une transplantation – souffrait de troubles coronariens et d’insuffisance cardiaque grave. Il devrait, si tout va bien, sortir de l’hôpital dans deux à trois semaines», a précisé le Pr Gandjbakhch. «En prenant le sang à la pointe du ventricule gauche et en l’injectant directement au niveau de l’aorte ascendante, le cœur artificiel remplace totalement ce ventricule», a précisé le chirurgien. Un appareil finalement économique Seul obstacle, la durée de vie des batteries est de deux ans seulement, ce qui signifie qu’en attendant que les techniciens accroissent encore leur autonomie, le malade devra repasser régulièrement sur la table d’opération pour se faire «changer les piles». «Cette étape est particulièrement importante car, jusqu’à présent, les deux principaux défauts des cœurs semi-artificiels étaient l’encombrement du matériel externe, de la taille d’un réfrigérateur – qui limitait notablement l’autonomie des malades – et les nombreux tubes et fils qui reliaient l’appareil au patient et constituaient autant de sources potentielles d’infection», a précisé le Pr Christian Cabrol, pape des greffes cardiaques. La pose de cet appareil – d’un coût de 300 000 francs – a été réalisée dans le cadre d’un essai impliquant l’Allemagne, l’Autriche et la France. Trois patients ont déjà subi le même traitement en Allemagne dans le service du Pr Reinert Korfer, à Bad Oeynhausen. Deux ont survécu, un est décédé, selon Arrow. Selon les termes de l’essai, trois malades doivent être greffés, dans chacun de ces pays. «Si tout se passe bien, ces appareils pourraient par la suite être posés “en routine” car, en dépit de leur prix, ils sont nettement moins chers que l’hospitalisation de ces malades, et aussi meilleur marché que les cœurs semi-artificiels comme le Jarvik ou le Novacor», a souligné le cardiologue français. «Le malade, qui ne pouvait plus se mouvoir et était pour ainsi dire cloué dans son fauteuil va à nouveau pouvoir mener la vie normale d’un homme de son âge, sortir, voyager», a précisé le cardiologue. «Techniquement et humainement, il s’agit d’un pas très important car ce progrès va transformer la vie des malades, surtout les sujets hyper-immunisés, des patients qui ont déjà été opérés, transfusés ou dyalisés et ont, pour cette raison, développé des anticorps contre les organes humains qui rendent les greffes très improbables», a précisé le Pr Cabrol. L’an dernier, selon le bilan de l’établissement français des greffes, 87 malades cardiaques sont morts faute d’organe disponible.
Pour la première fois en France, un «cœur artificiel définitif» – qui ne nécessitera donc pas de greffe ultérieure – a été implanté à Paris sur un septuagénaire, a annoncé le Pr Iraj Gandjbakhch, chef du service de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Le cœur, mis au point par la société américaine Arrow International, et les batteries destinées à le faire fonctionner ont été implantés directement dans l’abdomen du patient. L’intervention a duré quatre heures. Par rapport aux cœurs semi-artificiels déjà existants, le Arrow est totalement autonome et ne nécessite aucun appareillage extérieur, notamment pour recharger les batteries. Cette procédure est en effet réalisée à travers la peau, sans perforation, par induction magnétique. «Le patient, un...