Plus de deux semaines après sa clôture, le 53e Festival de Cannes reste à l’ordre du jour grâce à la qualité et à la diversité de sa sélection. Raya Abi-Rached présente la suite du bilan des films projetés dans les différentes sections, cette année. l Dancer in the Dark : de Lars Von Trier. Le réalisateur danois avait déjà présenté la quasi-totalité de ses films au festival, notamment Europa, Breaking the Waves et Les Idiots. Il est vrai qu’il semblait opportun de l’honorer enfin de la Palme d’or, mais Von Trier méritait vraiment cette consécration. Dancer in the Dark n’est pas un film qui obéit aux lois du Dogme (créé par lui, Thomas Vinterberg et Soren Jacobsen), mais presque, et le langage filmique utilise (des caméras mobiles, rapprochées) en a fait un film bourré d’émotion, auquel on ne peut que s’attacher. Et s’il est vrai que les différends n’ont pas manqué entre Von Trier et son interprète Bjork, cette dernière est époustouflante dans le rôle qui lui a valu le prix d’interprétation. Pour une fois, à Cannes, jury et journalistes se sont entendus ! l Stardom : de Denys Arcand. C’est un réalisateur canadien déjà connu pour ses films en langue française dont Jésus de Montréal. Stardom, film de clôture (hors compétition) du festival, est une représentation satirique de la célébrité où l’on suit (agréablement) une jeune femme mannequin qui souffre de l’attention de la presse. Le film est subtil et humoristique. l Requiem For a Dream : de Darren Aronofsky. Son précédent film, Pi, avait soulevé les controverses mais fut acclamé par la critique. Dans Requiem For a Dream, Aronofsky filme les excès de la vie : régimes diététiques et drogue. On y retrouve Ellen Burstyn au top de sa forme (Ellen était aussi à Cannes pour la présentation de The Yards de James Gray), ainsi que Jared Leto (The Thin Red Line) et Jennifer Connely (Mullholland Falls), eux aussi très bons dans leurs prestations. l Cecil B. Demented : de John Waters. En 1997, on avait aperçu John Waters se baladant sur la Croisette à la recherche de financement pour son film : l’histoire d’un réalisateur fou qui veut punir le mauvais cinéma hollywoodien. «Ce n’est pas un sujet politiquement correct pour les USA, mais c’est un bon sujet pour l’Europe», a-t-il commenté durant un entretien accordé à L’Orient-Le Jour. Ce fut chose faite. Trois ans plus tard, Cecil B. Demented, un film aussi loufoque, que son réalisateur, et excentrique, est présenté hors compétition au festival. Waters en a fait des meilleurs, (ses précédents films étaient plus audacieux), il n’empêche que Cecil B. Demented est fort drôle ! l The Yards : de James Gray. Le réalisateur new-yorkais fut rendu célèbre par Little Odessa. Il a attendu longtemps avant de réaliser son deuxième projet parce qu’il aime se sentir très proche des sujets qu’il aime. The Yards se déroule dans le quartier de Queens à New York, où Gray a grandi, et relate les retombées d’une histoire douteuse mêlant meurtre et corruption. En plus d’une réalisation étonnante, The Yards bénéficie de l’atout de sa distribution : Faye Dunaway, Ellen Burstyn, Mark Wahlberg, Charlize Theron, Joaquin Phoenix. Mais le scénario est plutôt faible. l In the Mood For Love : de Wong Kar Wai. Jusqu’à sa projection, le film était sans titre et, probablement, même encore au stade du montage. Mais Wong Kar Wai, réalisateur de Hong Kong habitué de la sélection officielle, a enchanté le public avec In the Mood For Love. Le film a même concurrencé Dancer in the Dark pour la Palme d’or (il s’en est quand même tiré avec le prix d’interprétation masculine, reçu par Tony Leung Chiu Wan). C’est une histoire d’amour simple et délicate, mais au goût asiatique, pleine de raffinement. Certains ont dit que Kar Wai aurait fait un film conçu pour plaire à l’Europe. Possible, mais cela nous a ravi quand même !
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