Le guide Michelin, bible de la gastronomie pour un million et demi de touristes, mais aussi d’hommes d’affaires ou VIP qui y font appel tous les ans pour choisir leur itinéraire, gîte et couvert, fête ses cent ans, son Bibendum bondissant sur l’Internet. «Cet ouvrage paraît avec le siècle, il durera autant que lui», prophétisaient en 1900 les frères Michelin, en lançant ce support promotionnel de leur nouveau pneumatique inventé cinq ans auparavant, premier manuel pratique (alors gratuit) pour automobiliste. Avec le Guide 2000 France tiré à 800 000 exemplaires numérotés, Michelin offre un fac-similé de cette édition fétiche de 400 pages. Ses rubriques telles que «les pièces de rechange et accessoires à emporter dans sa voiture» prêtent aujourd’hui à sourire, témoins du temps où c’est l’épicier qui vendait le carburant et où le maréchal-ferrant réparait les suspensions fragiles. Toutefois, 116 établissements recommandés par le Michelin 1900 figurent encore parmi les 9 798 sélectionnés en 2000. Né en pleins préparatifs de l’Exposition universelle de Paris, des travaux du pont Alexandre III et du Métropolitain, le guide Michelin traverse bientôt les frontières. D’abord en Belgique en 1904, puis en Algérie-Tunisie, Italie du Nord, Suisse, Hollande, Allemagne, Espagne et Portugal, Îles britanniques, Maroc, Égypte. La collection actuelle des Guides rouges comprend le Benelux, Deutschland, Espana y Portugal, France, Great-Britain and Ireland, Italia, London, Paris, Portugal, Suisse et Europe, avec 67 grandes villes mentionnées, de Helsinki à Varsovie, en passant par Prague et Athènes. Incognito La France se taille le part de lion avec ses 22 restaurants classés trois étoiles, récompense suprême décernée par les inspecteurs aussi professionnels qu’anonymes, qui se targuent d’une indépendance totale, en travaillant incognito et payant toutes leurs notes. Elle est suivie de loin par l’Allemagne (quatre 3 étoiles), alors que le premier restaurant de cette catégorie hors de France est apparu à Bruxelles en 1972 et que l’Italie est le premier pays hors de France pour le nombre global des étoiles. C’est ce titre aussi qui pointe traditionnellement comme la meilleure vente de la collection, après le Guide France. Pour son centenaire, Michelin s’offre aussi un site Internet, www.michelin-travel.com, proposé en six langues, qui couvre une vingtaine de pays et plus de 125 000 localités. Ses services pourront prochainement être consultés sur l’écran de téléphones portables, Michelin venant de conclure un accord avec le groupe suédois Ericsson (télécoms). À l’autre bout de la lorgnette, l’entrée au panthéon de la cuisine est très convoitée : gagner une étoile au Michelin, c’est s’assurer 40 % du chiffre d’affaires en plus, dit-on dans les milieux de la gastronomie. Le sultan de Brunei ne s’y est pas trompé, qui vient d’installer dans l’un des plus prestigieux palaces parisiens, le Plaza Athénée, appartenant à sa famille, le célébrissime chef français Alain Ducasse, titulaire à 43 ans du chiffre record de sept étoiles Michelin pour ses restaurants à Paris et Monaco. La perte de la distinction peut, en revanche, avoir des conséquences économiques et sociales désastreuses. À preuve ce cas d’un chef-cuisiner d’un grand hôtel-restaurant à Nancy (est), licencié à la suite de la perte de son étoile. Le propriétaire d’un prestigieux restaurant à Tours (centre) tremble pour l’avenir de son établissement après sa radiation, parallèle à une condamnation pour fraude sur l’origine des aliments inscrits à la carte. Il y a aussi ceux, rarissimes, qui renoncent à la précieuse étoile pour ouvrir un restaurant moins cher, accessible à une plus large clientèle. Les guides Michelin, enfin, ce sont aussi Le guide vert, Néos et Escapade pour les loisirs, avec une dizaine d’antennes à travers l’Europe et l’Amérique du Nord, sans oublier les cartes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le guide Michelin, bible de la gastronomie pour un million et demi de touristes, mais aussi d’hommes d’affaires ou VIP qui y font appel tous les ans pour choisir leur itinéraire, gîte et couvert, fête ses cent ans, son Bibendum bondissant sur l’Internet. «Cet ouvrage paraît avec le siècle, il durera autant que lui», prophétisaient en 1900 les frères Michelin, en lançant ce support promotionnel de leur nouveau pneumatique inventé cinq ans auparavant, premier manuel pratique (alors gratuit) pour automobiliste. Avec le Guide 2000 France tiré à 800 000 exemplaires numérotés, Michelin offre un fac-similé de cette édition fétiche de 400 pages. Ses rubriques telles que «les pièces de rechange et accessoires à emporter dans sa voiture» prêtent aujourd’hui à sourire, témoins du temps où c’est l’épicier qui...