Le 64e Tour de Suisse cycliste, qui débute mardi pour neuf jours sur un parcours particulièrement montagneux, devrait couronner un grimpeur et enregistre la participation des champions italiens du dernier Giro (Tour d’Italie), à quelques semaines du Tour de France. Avec les Italiens Stefano Garzelli (Mercatone Uno), vainqueur en 1998 du Tour de Suisse et le 4 juin dernier à Milan, Francesco Casagrande (Vini Caldirola), gagnant l’an dernier de la boucle helvétique et numéro un mondial, et Gilberto Simoni (Lampre), le tiercé gagnant du Giro est au rendez-vous, tout comme l’Allemand Jan Ullrich (Telekom) et le Belge Franck Vandenbroucke (Cofidis), venus chercher des espoirs pour le Tour de France. Le nouveau directeur du Tour de Suisse Marc Biver a confié à Tony Rominger la direction sportive de l’épreuve. Le triple vainqueur de la Vuelta a reconnu qu’il y avait une étape de montagne de trop, mais qu’il ne pouvait pas se désengager des contrats signés. Les coureurs du Tour de Suisse, qui débute à Uster, près de Zurich, et se terminera le jeudi 22 juin à Baden, vont donc affronter un parcours particulièrement montagneux avec deux arrivées en côte (Verbier et Arosa) et deux véritables étapes alpines à Ulrichen et à La Punt. Les Suisses motivés Seule consolation, le contre-la-montre de Sierre (30 km) sera relativement plat à l’exception de la côte d’Ollon. Le clou de la boucle nationale sera certainement le circuit des Alpes, le dimanche 18 juin, sur les 103 km entre Ulrichen et Ulrichen. Les coureurs avaleront les cols du Nufenen, du Gothard et de la Furka. Ce Tour prévoit dès mardi un contre-la-montre par équipes à Uster, une épreuve qui n’avait plus été organisée depuis 15 ans. Depuis 1994 (Pascal Richard), plus aucun coureur suisse n’a remporté le Tour de Suisse. Laurent Dufaux (4e en 1999, Saeco) et Oscar Camenzind (2e en 1997, Lampre) semblent les Suisses les mieux armés pour contrer les Italiens. L’ancien champion du monde sera particulièrement motivé puisqu’il ne participera pas au Tour de France, l’équipe Lampre n’ayant pas été retenue. Le Français Richard Virenque (Polti) se présentera lui aussi au départ. Irrésistible l’an dernier sur la montée d’Arosa, Casagrande retrouvera une pente qu’il affectionne. Il pourrait trouver là une belle revanche après sa deuxième place au Tour d’Italie. Armstrong fin prêt pour la Grande Boucle Lance Armstrong, qui a terminé à la 3e place du critérium du Dauphiné Libéré, remporté, avec sa bénédiction, par son coéquipier américain Tyler Hamilton, a prouvé qu’il était fin prêt pour le Tour de France (1 er-23 juillet). Malgré un passage à vide dans le mont Ventoux qu’il lui faudra encore escalader sur la Grande Boucle, le Texan a rassuré l’US Postal : sa chute dans la descente du Soulor, en mai, qui avait provoqué une commotion cérébrale et une perte de connaissance «de deux secondes», est à ranger dans la galerie des mauvais souvenirs qu’Armstrong sait si bien maîtriser. Hamilton est formel. «Sans Lance, je n’aurais jamais gagné». Pourtant, le bougre a du talent au point qu’il pourrait être un bien beau leader ailleurs, en cette fin d’année où son contrat se termine chez les postiers. Toutefois, un départ n’est pas envisagé même s’il souhaite se mettre un jour dans la peau d’un chef de file. Il a le temps, pense-t-il. Car, cet ancien skieur de l’Université du Colorado ayant lâché les spatules à cause de deux vertèbres fracturées s’estime, à 29 ans, «neuf car venu tard au vélo». «Ce serait tout de même bête de ne pas connaître cette expérience», avoue-t-il. Les Américains en forme Mais, pour l’heure, il veut encore servir Armstrong, l’homme qui lui a offert les premières places de l’étape (après celle du Ventoux) et du général à Digne. Ce geste «génial» de son chef jouant le gregario l’a touché. «Les rôles vont être inversés sur le Tour», a-t-il promis. Ainsi, la bannière étoilée pourrait-elle survoler de nouveau la plus grande épreuve à étapes du monde, tant les deux hommes possèdent leur sujet. Avec également Jonathan Vaughters et peut-être Bobby Julich, les États-Unis possèdent des atouts que seuls les Espagnols et le Suisse Alex Zuelle, 4e du critérium, peuvent contrarier. L’Espagne doit regretter l’absence de la formation Euskaltel, emmenée par Haimar Zubeldia (2e au général à Sallanches), sacrifiée en raison de sa jeunesse sur l’échiquier, mais qui a offert avec ce dernier et Alberto Lopez de Munain deux des quatre leaders de la 2e épreuve à étapes françaises. Fleur à Bonjour Malgré une belle constance dans les Alpes de Christophe Moreau (6e du général) ou un réveil dimanche de Laurent Jalabert, signant sa 131e victoire sur le site même où Bernard Hinault fut couronné au championnat du monde de 1980, les couleurs françaises ont été pâlichonnes sur le critérium. Sur 56 Tricolores engagés, 28 (soit la moitié) ont terminé alors que 12 ont capitulé dans la grande étape des trois cols (Allos, Vars, Izoard). Dans ce contexte, le directeur général du Tour, Jean-Marie Leblanc n’a pas eu de mal à repousser, une nouvelle fois, l’idée d’inviter une 21e formation (Delatour). Il a même évoqué une fleur faite au cyclisme national. «Si nous avons retenu l’équipe Bonjour, qui ne faisait pas partie des toutes meilleures (Lampre ou Euskaltel étant par exemple supérieurs), c’était pour qu’il y ait une représentation française valable», a-t-il confessé. Le Tour ne s’annonce donc pas forcément sous les meilleurs auspices pour la France au sortir du critérium. Marc Madiot, le directeur sportif de La Française des Jeux, regrette un manque de leader, remettant en question Stéphane Heulot après son abandon «pour panne de jambes», et le manager d’AG2R Vincent Lavenu sera peut-être obligé de se priver du sien, Benoît Salmon, victime d’une fracture de l’omoplate.
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