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Actualités - Chronologie

Querelle religieuse autour de la visite de Poutine en Italie

Une éventuelle invitation à Moscou du pape Jean-Paul II, lors de la visite du président russe Vladimir Poutine en Italie, a provoqué l’irritation de l’Église orthodoxe russe avec laquelle le pouvoir entretient d’étroites relations. «Les divergences entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe doivent être réglées pour que le pape puisse venir» en Russie, a insisté un porte-parole du patriarcat de Moscou, Viktor Maloukhine. «Les contacts entre les deux Églises sont en cours mais restent infructueux. L’Église orthodoxe a fait part de sa bonne volonté pour régler le conflit, mais nous attendons la réponse des catholiques», a-t-il ajouté. Le pape, qui avait déjà été invité par le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et l’ancien président russe Boris Eltsine, n’a jamais pu se rendre en Russie à cause des divergences qui opposent orthodoxes et catholiques. Le patriarcat russe accuse l’Église catholique de prosélytisme particulièrement en Ukraine occidentale, fief des uniates (gréco-catholique). Depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991, cette communauté est en conflit avec les orthodoxes pour le contrôle des paroisses, de leurs fidèles et des propriétés religieuses. L’irritation de l’Église orthodoxe ne va certainement pas peser sur la décision de Poutine, malgré ses relations privilégiées avec le patriarcat, estiment les analystes. «L’Église ne pourra pas beaucoup protester, car elle a reçu trop de privilèges du pouvoir», notamment des biens culturels restitués, affirme Lev Levinson, spécialiste des affaires religieuses au sein d’un Conseil auprès du président chargé des droits de l’homme. L’Église et le pouvoir se sont beaucoup rapprochés après la chute du régime soviétique. «Le pouvoir postcommuniste s’est tourné vers l’Église, faute d’avoir une idéologie propre. L’Église, de son côté, avait besoin d’une protection du pouvoir pour reconstruire les Églises et empêcher les sectes de se développer», estime Iouri Levada, directeur de l’institut sociologique VTsIOM. «Les services religieux ont remplacé les congrès du Parti communiste», ironise le quotidien Izvestia. «L’Église orthodoxe russe est sans aucun doute la gardienne des valeurs morales et spirituelles», a récemment déclaré M. Poutine qui depuis son arrivée au pouvoir a manifesté à de nombreuses reprises son attachement à l’orthodoxie, assistant aux services religieux, faisant le signe de la croix et rencontrant souvent le patriarche devant les caméras. Au moment de prendre ses fonctions de président par intérim, après la démission de Boris Eltsine, M. Poutine a demandé au patriarche Alexis II de bénir la passation des pouvoirs. Le chef des orthodoxes russes a ensuite célébré un service après la prestation du serment en présence des deux hommes. Selon certains analystes, ces relations sont allées trop loin, mettant en question le caractère laïque de l’État. Les prêtres orthodoxes bénissent les troupes militaires qui partent en Tchétchénie «y compris les musulmans, humiliés dans leur sentiment religieux», rappelle M. Levinson qui trouve cette attitude «inacceptable». «La moitié de la population est croyante et l’autre moitié a d’autres valeurs spirituelles», note un autre spécialiste en religion Mikhaïl Mtchedlov. 50 % des Russes sont croyants dont 85 % d’orthodoxes, selon des études indépendantes. Selon le quotidien Izvestia, le pouvoir «va prêter encore plus d’attention à la religion qu’auparavant» dans l’espoir de formuler une nouvelle idée nationale rassemblant les Russes. «Mais M. Poutine est obligé d’aller aussi dans une mosquée, une synagogue et une Église catholique. Sinon, les appels du pouvoir risquent d’échapper à tous les fidèles», conclut le quotidien.
Une éventuelle invitation à Moscou du pape Jean-Paul II, lors de la visite du président russe Vladimir Poutine en Italie, a provoqué l’irritation de l’Église orthodoxe russe avec laquelle le pouvoir entretient d’étroites relations. «Les divergences entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe doivent être réglées pour que le pape puisse venir» en Russie, a insisté un porte-parole du patriarcat de Moscou, Viktor Maloukhine. «Les contacts entre les deux Églises sont en cours mais restent infructueux. L’Église orthodoxe a fait part de sa bonne volonté pour régler le conflit, mais nous attendons la réponse des catholiques», a-t-il ajouté. Le pape, qui avait déjà été invité par le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et l’ancien président russe Boris Eltsine, n’a jamais pu se rendre en...