C’était en août dernier, au Festival de Beiteddine. Ce diable d’homme, deux heures durant, venait de se démener sur ses tambours – comme il les appelait – avec une énergie qui démentait son âge. Puis, comme en un clin d’œil au public, il nous avait tourné le dos et, avec sa complice Celia Cruz, il avait esquissé trois pas vers la sortie. L’espace d’un instant, l’illusion avait disparu, et la magie des doigts sur la peau tendue de la batterie. Ne restait qu’un vieillard au pas lourd, qui portait ses ans. Trois mois auparavant, je l’avais vu à New York, recevant un doctorat honoris causa de la Columbia University, tout comme le boxeur Mohammed Ali. Heureux pays qui sait honorer ses grands noms... On l’appelait «le sultan de la sala». Sa sortie, Tito Puente, n’était pas feinte cette fois.
C’était en août dernier, au Festival de Beiteddine. Ce diable d’homme, deux heures durant, venait de se démener sur ses tambours – comme il les appelait – avec une énergie qui démentait son âge. Puis, comme en un clin d’œil au public, il nous avait tourné le dos et, avec sa complice Celia Cruz, il avait esquissé trois pas vers la sortie. L’espace d’un instant, l’illusion avait disparu, et la magie des doigts sur la peau tendue de la batterie. Ne restait qu’un vieillard au pas lourd, qui portait ses ans. Trois mois auparavant, je l’avais vu à New York, recevant un doctorat honoris causa de la Columbia University, tout comme le boxeur Mohammed Ali. Heureux pays qui sait honorer ses grands noms... On l’appelait «le sultan de la sala». Sa sortie, Tito Puente, n’était pas feinte cette fois.
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