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Actualités - Reportages

Coulisses ... Le Newsbox : indispensable complice (photo)

Il monte la garde depuis presque deux ans dans le cœur d’Achrafieh. Avec ses huit mètres carrés à peine, le «Newsbox» comble la place Sassine d’une présence flattée d’être devenue indispensable. Silencieux complice des passants, hommes d’affaires pressés de rejoindre leur bureau, femmes du monde heureuses de voyager à travers les pages colorées des magazines, ou encore retardataires de la nuit, pressés de trouver dans ce kiosque les indispensables qui se font cruellement désirer aux moments les plus inattendus – tard la nuit, les jours de fêtes, les dimanches – le Newsbox s’est fait beau – avec tout le respect qu’il doit à l’environnement – et hospitalier, pour s’offrir aux curieux des premiers jours devenus des habitués. Il semble sourire à tout ce monde qui s’anime autour de lui. Scène de la vie quotidienne qui ressemblerait à un film de Lelouch. Le lieu : la place Sassine, l’heure, 18h30, celle entre chien et loup où le ciel vire du bleu agressif au bleu tendre, lorsque les arbres, compagnons du jeune kiosque, s’abandonnent à la nuit, épuisés, et que les réverbères, également locataires des lieux, ouvrent leurs yeux curieux sur une longue nuit qui commence. Les acteurs sont nombreux, figurants spontanés d’une scène presque banale illuminée par un croissant de lune au goût de miel. Des cireurs de chaussures au repos, des enfants, venus puiser dans la machine à bonbons des gourmandises rondes, rouges et jaunes, si propres au monde de l’enfance, une femme au chien – pas – méchant s’arrêtant un moment pour acheter son journal, avant de poursuivre la promenade, des adultes impatients de se procurer des cigarettes, un appareil photo jetable ou encore des pellicules, et puis ce vieux monsieur au dos recourbé, adossé au kiosque à présent éclairé par les néons de la nuit, dévorant avec la lenteur d’un gourmet les dernières nouvelles du monde. Le Newsbox est un kiosque à journaux qui ne se contente pas de rester là sans rien faire. Participant à la vie de l’espace qui l’accueille – avec plaisir – depuis deux ans, il propose ses bons et loyaux services 24 heures sur 24, tous les jours de la semaine et de l’année, «sauf le jour de la fête du travail et de l’indépendance», précisent Alain Hochar et Omar Sadek. Un service au public Ils ont conçu ensemble cette boîte à idées, de laquelle ont jailli des rêves importés de leur court exil en Europe. Alain Hochar, concepteur rédacteur publicitaire et Omar Sadek, responsable média et marketing, sont des amis d’enfance qui ont vécu tous les deux à l’étranger, ramenant dans leurs bagages l’envie de réaliser un kiosque à journaux différent, sans doute mieux adapté au goût du jour. «Nous avons senti que les trottoirs étaient trop vides, qu’il fallait les remplir avec “ce qui leur manquait”, un service sans relâche et une large gamme de produits de “dépannage”». Quatre cents titres, quotidiens et magazines locaux et étrangers sont à la disposition des lecteurs, ainsi que des boissons chaudes, des rafraîchissements et surtout «des chips, des mouchoirs en papier, des couche-culottes, des batteries, du dentifrice, des cartes à jouer, des recharges de téléphones portables...», etc. serait-on tenté de dire. Le kiosque dépanneur est en effet le «premier projet urbain qui participe à la vie de la cité. Nous avons voulu, souligne Omar, contribuer à notre façon à la renaissance du pays». Le Newsbox de Sassine a vu naître ses deux jeunes frères jumeaux, entièrement fabriqués au Liban, et situés, le premier à la rue de Verdun et le tout dernier sur la corniche Mazraa. «La bonne volonté ne suffisait pas pour mener ce projet à terme, précise Alain. Il aura fallu le dynamisme et la jeunesse du mohafez de Beyrouth, M. Yaacoub Sarraf, pour concrétiser nos rêves et permettre une continuité». Les deux compères espèrent bien sûr agrandir un jour la famille. En attendant, ils soignent leurs trois bébés ; l’hiver, des rideaux en plastique viennent réchauffer les belles, l’été, le climatiseur les protège à l’ombre et à l’abri d’une écrasante chaleur ; Alain et Omar prennent également soin de leurs employés, quatre par kiosque qui se partagent les 24 heures, spectateurs muets cachés derrière leurs comptoirs, qui assistent, discrets, aux confessions d’une rue bavarde. La nuit a enfin épousé les lieux. Le bruit des voitures est remplacé par les murmures des visages souriants installés dans les cafés des trottoirs d’en face et d’alentour. Un peu plus loin, une grande affiche domine la place, avec Julia Roberts pour invitée surprise ; elle semble elle aussi jeter un regard satisfait sur le Newsbox – qui la met souvent à la une de ses vitrines – avant de redevenir une icône figée par l’inaccessibilité.
Il monte la garde depuis presque deux ans dans le cœur d’Achrafieh. Avec ses huit mètres carrés à peine, le «Newsbox» comble la place Sassine d’une présence flattée d’être devenue indispensable. Silencieux complice des passants, hommes d’affaires pressés de rejoindre leur bureau, femmes du monde heureuses de voyager à travers les pages colorées des magazines, ou encore retardataires de la nuit, pressés de trouver dans ce kiosque les indispensables qui se font cruellement désirer aux moments les plus inattendus – tard la nuit, les jours de fêtes, les dimanches – le Newsbox s’est fait beau – avec tout le respect qu’il doit à l’environnement – et hospitalier, pour s’offrir aux curieux des premiers jours devenus des habitués. Il semble sourire à tout ce monde qui s’anime autour de lui. Scène de la...