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Actualités - Chronologie

Peu de risques de séquelles pour les enfants, affirme un expert

Les enfants de la crèche-garderie de Wasserbillig, au Luxembourg, ne devraient pas garder trop de souvenirs traumatisants de leurs 28 heures de prise en otages à condition que le soutien psychologique promis soit effectivement mis en place, a affirmé hier le Dr Denis Puech, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine de Paris. D’une part, parce que les trois puéricultrices présentes avec eux les ont beaucoup entourés et d’autre part, parce que les enfants étaient jeunes, de trois à dix ans pour le plus âgé. «Ces substituts maternels ont été capitaux pour maintenir l’unité du groupe d’enfants et jouer un rôle protecteur par rapport au ravisseur», a précisé le Dr Puech, spécialiste international de ces questions qui a notamment contribué à fonder en juillet 1987 la première consultation française destinée aux victimes d’attentats, d’enlèvements, d’agressions ou de viols. «Le scénario a été le même au Luxembourg que dans l’affaire de la prise d’otages de Neuilly en mai 1993 : des enfants probablement très conscients que quelque chose d’anormal se passait mais accompagnés par des adultes qu’ils connaissaient, qui servaient de tampon entre eux et le ravisseur, qui les maintenaient dans leur monde coutumier en les faisant jouer et chanter», selon le psychiatre. «Il semble que les enfants aient eu très peu de contacts directs avec le preneur d’otages et le fait qu’il n’y ait pas eu de sévices ni de violence fait qu’ils ne conserveront certainement aucune séquelle de cet événement», estime-t-il. Autre facteur favorable : des enfants, surtout si petits, n’ont pas la même perception du temps que des adultes et n’ont probablement pas vécu la durée de l’épreuve de la même façon que leurs familles. Le plus important est maintenant d’éviter qu’ils ressentent l’angoisse accumulée pendant toute cette affaire par leurs proches. «Contrairement à des adultes pris dans une même situation, il ne faudra pas les forcer à parler ni les débriefer ni provoquer une “catharsis”. En revanche, si, dans plusieurs jours, voire plusieurs mois, ils manifestent le désir de s’exprimer, il faudra les écouter», ajoute-t-il. À bannir donc les «N’y pense plus», «C’est du passé», «Oublie tout ça», qui pourraient spontanément venir aux lèvres. «En revanche, met en garde le Dr Puech, si les parents voient s’installer des troubles – difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, cauchemars ou, plus rarement, une tendance à l’isolement ou à l’agressivité –, il faudrait consulter un pédo-psychiatre qui aidera l’enfant à verbaliser son trouble par le dessin ou le jeu». «Le seul enfant qui risque d’être vraiment secoué, c’est celui qui était près du ravisseur quand il s’est fait tirer dessus, et il faudra porter une grande attention à son comportement», estime le Dr Puech. Les trois puéricultrices ont pris sur elles toutes les angoisses mais ont été obligées de jouer constamment un rôle : agir comme si de rien n’était, tout en étant en permanence conscientes du danger. «Ces trois jeunes femmes ont connu une tension psychique très forte sans pouvoir la traduire en paroles ou en gestes (crises de larmes ou de nerfs), elles ont été forcées d’emmagasiner toute la charge émotionnelle de l’événement. Cet hyper self control, avertit le Dr Puech, peut être à l’origine de troubles futurs si elles n’ont pas la possibilité de verbaliser les émotions qu’elles n’ont pas pu manifester pendant la prise d’otages».
Les enfants de la crèche-garderie de Wasserbillig, au Luxembourg, ne devraient pas garder trop de souvenirs traumatisants de leurs 28 heures de prise en otages à condition que le soutien psychologique promis soit effectivement mis en place, a affirmé hier le Dr Denis Puech, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine de Paris. D’une part, parce que les trois puéricultrices présentes avec eux les ont beaucoup entourés et d’autre part, parce que les enfants étaient jeunes, de trois à dix ans pour le plus âgé. «Ces substituts maternels ont été capitaux pour maintenir l’unité du groupe d’enfants et jouer un rôle protecteur par rapport au ravisseur», a précisé le Dr Puech, spécialiste international de ces questions qui a notamment contribué à fonder en juillet 1987 la première consultation française destinée aux...