Pérou Toledo réclame des sanctions, Washington baisse le ton
le 01 juin 2000 à 00h00
Le chef de l’opposition péruvienne Alejandro Toledo a estimé que des sanctions internationales pourraient «sauver la démocratie» au Pérou mais les États-Unis, qui ont atténué leurs critiques, n’envisagent aucune mesure unilatérale dans l’immédiat. Lundi, une fonctionnaire du département américain d’État avait pourtant déclaré que la réélection du président Alberto Fujimori dimanche n’était pas «valide» et qu’«aucun président issu d’un processus aussi déficient ne peut se prétendre légitime». Mais Philip Reeker, porte-parole du département d’État, est revenu hier sur ce jugement, soulignant que le scrutin était «manifestement frauduleux» mais ne se prononçant pas sur sa validité. «Aucune décision n’a été prise concernant d’éventuelles mesures à prendre, et pour le moment nous n’envisageons pas davantage de prendre des mesures unilatérales», a-t-il ajouté. L’Organisation des États américains (OEA), qui a refusé de cautionner le second tour de la présidentielle péruvienne, doit se réunir pour entendre le rapport de sa mission d’observation. Alberto Fujimori, qui est âgé de 61 ans, a été réélu dimanche pour un troisième mandat de cinq ans avec 51 % des suffrages contre 17 % pour Alejandro Toledo – qui s’était désisté du scrutin en dénonçant des fraudes et avait appelé ses compatriotes à voter nul ou à s’abstenir. Quelque 30 % des bulletins ont été déclarés nuls. Le chef de l’État a défendu la validité de sa réélection, ajoutant qu’il enverrait son ministre des Affaires étrangères en mission pour informer les partenaires du Pérou. Ce dernier s’est élevé pour sa part contre les condamnations venues de l’étranger. «Il n’est pas possible de déclarer depuis l’étranger les élections péruviennes nulles et non avenues. Nous sommes un pays indépendant», a dit Fernando de Trazegnies. Mais Alejandro Toledo, fort du soutien reçu dans les urnes, refuse pour sa part de reconnaître la validité de la réélection de Fujimori.
Le chef de l’opposition péruvienne Alejandro Toledo a estimé que des sanctions internationales pourraient «sauver la démocratie» au Pérou mais les États-Unis, qui ont atténué leurs critiques, n’envisagent aucune mesure unilatérale dans l’immédiat. Lundi, une fonctionnaire du département américain d’État avait pourtant déclaré que la réélection du président Alberto Fujimori dimanche n’était pas «valide» et qu’«aucun président issu d’un processus aussi déficient ne peut se prétendre légitime». Mais Philip Reeker, porte-parole du département d’État, est revenu hier sur ce jugement, soulignant que le scrutin était «manifestement frauduleux» mais ne se prononçant pas sur sa validité. «Aucune décision n’a été prise concernant d’éventuelles mesures à prendre, et pour le moment nous...
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