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Actualités - Chronologie

Les sorties de la semaine(photos)

C’est assez normal : les perspectives étant pour le moins incertaines – je parle de la situation générale – la fréquentation des salles obscures ne peut que s’en ressentir. À quoi s’ajoute la période des examens : d’où une stagnation dans la programmation. Cette semaine, deux ou trois nouvelles sorties, d’un intérêt plus que relatif. Autre conséquence toute naturelle : les prolongations sont très nombreuses. Une consolation non négligeable : plusieurs ciné-clubs continuent leurs projections (au fait, le ciné-club Cult de l’Alba a terminé sa saison). Autre information : «Cannes Junior 2000» est (finalement) en préparation. Ce sera pour juin – en principe. Nous profitons de ce «répit» pour re-passer en revue quelques films en cours de prolongation. Dernière heure : ce soir-même, vendredi 26 (à 19h), au Ciné-Club «Al-Khat al-Moubachar», projection du film palestinien de Tewfic Saleh, «Les dupes» – à voir. Résultat nul Election, d’Alexander Payne Il n’y aurait pas eu lieu de s’attarder outre mesure sur ce produit «standard» de l’usine à films hollywoodienne s’il ne nous était arrivé précédé d’une réputation relativement flatteuse. En effet, la revue US Time semble avoir apprécié le film d’Alexander Payne, d’autres critiques ayant même parlé d’une «comédie audacieuse, satire amusante de l’existence des étudiants dans un collège américain de l’État du Nebraska». Ayant vu Election, on reste perplexe. Une première précision, au sujet du titre. Rien de politique dans cette histoire (sauf à en faire une métaphore des campagnes présidentielles à l’échelle nationale des États-Unis !). Les étudiants de l’établissement en question se préparent à élire le représentant de leur «conseil», un poste apparemment pourvu d’une certaine importance, en tout cas une position flatteuse et très recherchée. La campagne s’annonce acharnée. Sont en lice : Tracy Flick, une fille décidée, d’une ambition implacable, qui se croit assurée de la victoire ; Paul Metzler, son concurrent le plus direct, pas très malin mais sportif populaire, dont la candidature a été suscitée par un professeur très estimé, Jim McAllister, qui entend contrer les desseins tortueux de Tracy. McAllister se plaît dans le rôle de meneur de jeux. Sur ce schéma de base, viennent se greffer des intrigues secondaires aux effets non négligeables : McAllister se laisse aller à un adultère compromettant – deux étudiantes affichent (tout de même assez discrètement !) une liaison lesbienne, etc., etc. Au total, rien de méchant et, surtout, rien de passionnant. On se demande vraiment ce que d’aucuns ont pu trouver d’original dans cette comédie aux allures de «sitcom». Les personnages sont tous d’une banalité affligeante, leurs petites affaires sont d’une mesquinerie médiocre et on voterait volontiers pour leur élimination globale. Qu’on ne vienne surtout pas nous sortir l’éternel argument : tout cela est trop «américain» pour vous intéresser... On répondra : quoi de plus américain qu’American Beauty et The Insider ou, plus encore en un sens, qu’Any Given Sunday ? Or, nous avons aimé, et soutenu de notre mieux, les films de Sam Mendes, Michael Mann et Oliver Stone [1]. Il se trouve, simplement, qu’Election est un film sans relief, pas spécialement bien fait et qui nous a laissé, personnellement, indifférent. Au public d’exprimer son opinion ! Reste l’interprétation. Elle est à l’image du film – mais pouvait-il en être autrement ? Matthew Broderick ne sort pas d’une moyenne sans éclat, Reese Witherspoon (vue dans le Pleasantville de Gary Ross) en remet dans la froideur cynique. Les autres se contentent d’exécuter leur contrat. Election en ballot(tage). [1] : sans parler du Bulworth de Warren Beatty ! CONCORDE, PLANÈTE/ABRAJ/ZOUK En bref Drive Me Crazy, de John Schultz Faut-il en parler? Encore un de ces films de (modeste) série, destinés en priorité au public ado américain. On vous résume l’originalité délirante de l’intrigue: Nicole et Chase sont voisins mais n’ont rien en commun. Elle se veut branchée, lui marginal/protestataire. Elle rêve d’un rendez-vous avec un sportif coté, lui cherche à reconquérir une petite amie fuyante. Pour parvenir à leurs buts respectifs, Nicole et Chase vont jouer le couple d’amoureux enflammés. Mais ils ne vont pas tarder à découvrir... pas possible, comment avez-vous pu deviner?! Melissa Joan Hart et Adrian Grenier (c’est un comble!), aussi fades l’un que l’autre, s’efforcent d’animer cette bluette «in», distraitement dirigée par John Schultz. Même (feue) Barbara Cartland aurait trouvé cela inconsistant. Ce qui n’a pas empêché la promotion du film de l’étiqueter «romantique». Sic... ÉLITE, EMPIRE/ SODECO/MKALLÈS Retours Erin Brockovich, de Steven Soderbergh Succès (prévisible) pour Julia Roberts dans le film de Soderbergh. Porte-drapeau d’un féminisme triomphant – mais très sexy, ne l’oublions pas – Julia fait gagner le bon droit, «seule contre tous». Hollywood approuve – et pour cause! Est-Ouest, de Régis Wargnier Excellent accueil de notre public à ce film français d’une qualité peu courante. Est-Ouest est encore prolongé mais approche de sa fin de carrière. Sandrine Bonnaire et Catherine Deneuve sont parfaites. The Hurricane, de Norman Jewison Sans être le grand film qu’il aurait pu être, The Hurricane sait rendre justice à Rubin Carter (Denzel Washington, très bien). Utilisation judicieuse de la bande son, en particulier avec la célèbre chanson de Bob Dylan, Hurricane. October Sky, de Joe Johnston D’après les standards actuels – à Hollywood en particulier – un film certes modeste. Mais qui parvient à convaincre: par sa réalisation soignée, son sujet (authentique) attachant et le jeu sincère de ses interprètes. Teaching Mrs. Tingle, de Kevin Williamson Inutile de s’y attarder, le film ne dépasse pas une moyenne convenue. L’odieuse Mrs. Tingle est jouée par Helen Mirren et c’est elle qui sauve (en partie) le film. True Crime, de Clint Eastwood Un film de série signé Clint Eastwood (bon acteur, en plus) n’est pas seulement un produit standard: c’est un vrai bon film. On regrette, une fois de plus, l’absence du sous-titrage français. – Pour tous les films ci-dessus, voir salles dans l’«Agenda» quotidien.
C’est assez normal : les perspectives étant pour le moins incertaines – je parle de la situation générale – la fréquentation des salles obscures ne peut que s’en ressentir. À quoi s’ajoute la période des examens : d’où une stagnation dans la programmation. Cette semaine, deux ou trois nouvelles sorties, d’un intérêt plus que relatif. Autre conséquence toute naturelle : les prolongations sont très nombreuses. Une consolation non négligeable : plusieurs ciné-clubs continuent leurs projections (au fait, le ciné-club Cult de l’Alba a terminé sa saison). Autre information : «Cannes Junior 2000» est (finalement) en préparation. Ce sera pour juin – en principe. Nous profitons de ce «répit» pour re-passer en revue quelques films en cours de prolongation. Dernière heure : ce soir-même, vendredi 26 (à...