«Si on l’avait écoutée en 1917, il n’y aurait pas eu toutes ces souffrances». À l’image de Joseph, un Français, les pèlerins venus assister samedi à la béatification des petits bergers de Fatima évoquaient tous le «message d’amour et de paix» de la Vierge. L’annonce par le cardinal Sodano, à l’issue de la cérémonie, de la prochaine publication du «troisième secret de Fatima», n’a pas été comprise sur le moment par la plupart des fidèles. Ces derniers n’ont pas bénéficié en effet de l’explication de texte faite par le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls, selon lequel le «troisième secret» se référait à l’attentat contre Jean-Paul II. «Quoi qu’il en soit, l’important c’est le message d’amour et de paix, c’est ce moment de grâce», s’exclame Marie-Jo, venue du diocèse de Nantes (ouest de la France). La cérémonie de béatification des deux petits bergers s’est déroulée dans une atmosphère de ferveur calme, de profond recueillement. Un demi-million de personnes environ s’étaient massées sur l’esplanade du Sanctuaire. Femmes toutes vêtues de noir, vieux assis sur des chaises pliantes, abrités du soleil par des parapluies : le petit peuple, les «humbles» auxquels Jean-Paul II a rendu hommage, étaient au rendez-vous. À l’image de José Carvalho, un ouvrier d’une cinquantaine d’années venu du nord du Portugal avec 54 personnes de son village. «Nous venons tous les mois à Fatima», expliquait-il tranquillement. Pourquoi ? «La foi», répond-il. À ses côtés, sa nièce portait précautionneusement une figurine de la Vierge «pour offrir à sa mère en rentrant». Un autre groupe de pèlerins, qui avait passé la nuit sur le sanctuaire, abrité par des tentes, soulignait que «l’important, ce n’est pas de voir le pape, mais de participer à ce moment de grâce». Beaucoup expliquaient leur émotion par le fait que «deux enfants» étaient béatifiés. «Ce sont des petits, cela nous touche», affirmaient-ils. Les prières adressées à la Vierge sont simples : Eunice Bento Santos, une Cap-Verdienne venue avec mari, enfants et cousins, racontait qu’elle était venue «pour prier la Vierge que toute ma famille se porte bien». Avant le début de la cérémonie, certains, plus ostentatoires, parcouraient à genoux le couloir réservé à cet effet. Visages fermés, douloureux, ils mettent leurs genouillères en silence et se traînent ainsi jusqu’à la basilique. Le sanctuaire de Fatima est l’un des lieux de pèlerinage catholique les plus visités. Six millions de personnes sont attendues tout au long de l’année 2000.
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