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Actualités - Chronologie

Le paradis des pique-assiettes

Temple du 7e art, le Festival de Cannes est aussi le paradis des pique-assiettes alléchés par la perspective de festoyer à peu de frais, côtoyer les vedettes ou simplement déjouer la vigilance des services de sécurité. Ils sont de toutes les soirées, de tous les buffets et se divisent généralement en deux catégories : l’alimentaire et l’ambitieux. «On a eu une table de trois parasites pour la sortie de “Harry, un ami qui vous veut du bien”. Quand l’addition est arrivée, ils m’ont demandé de la grouper avec celle du réalisateur qui était à côté», raconte Guillaume, l’un des serveurs de plage du Noga Hilton. Producteur mythomane, étudiants ou faux journalistes, le pique-assiette alimentaire est de loin l’espèce la plus courante dans les soirées organisées en marge du festival. «Eux, on les repère assez vite, ils sont là pour bouffer et c’est tout», ajoute Guillaume. Mais les parasites chevronnés ne se contentent pas d’un buffet, fut-il fastueux, et fuient généralement la plèbe des «alimentaires», qu’ils méprisent. Car le «must» est évidemment de s’introduire dans les soirées les plus fermées dont le lieu est tenu secret jusqu’à la dernière minute. Et l’ambitieux ne ménage pas ses efforts pour parvenir à ses fins : rentrer par l’arrière des palaces en soutirant un code d’accès à des cuisiniers complaisants, sympathiser avec les vigiles (plusieurs jours auparavant), ou monnayer un badge d’accès (en dernier recours). «La semaine dernière, il y avait une soirée au “Carlton”. J’ai dit que je faisait partie de l’équipe des serveurs, ils m’ont laissé rentrer», raconte Joss, 22 ans, l’une des fines fleurs de la corporation. Réseau «Plus c’est gros, plus ça marche, il faut y aller au culot. Moi, mon but, c’est de me faire connaître», dit le jeune homme qui vient d’abandonner des études de comédien mais «voudrait bien se lancer». Barman sur l’un des stands de l’Espace Riviera, Joss a pignon sur rue et fait partie d’un «réseau». «On est quatre ou cinq à bien connaître le coin et, à la fin de la journée, on voit ce que chacun a pu avoir comme invitation. Tu te mets à côtés des attachés de presse ou des gens un peu influents et tu retiens bien les noms et les lieux. C’est du bouche à oreille; le tout c’est d’être là au bon moment», conseille le jeune homme qui a essuyé quelques échecs. «L’année dernière, il y avait une soirée sur un yacht, je me suis déguisé en garde du corps avec un copain. Mais ça n’a pas marché». Mais ce perpétuel travail d’occupation des sols peut s’avérer payant. «J’avais déjà travaillé comme serveur au “Negresco” et quand Jospin est venu, la semaine dernière, j’ai réussi à faire partie de l’équipe du banquet et j’ai pu dire un mot à Virginie Ledoyen, du genre lui demander un conseil pour ma carrière», raconte-t-il. Saisonnier à Saint-Tropez pendant les mois d’été, Joss revendique ouvertement son ambition et ne se lasse pas de ces «challenges» diurnes ou nocturnes. Ce soir, Joss a prévu de «s’incruster» dans une soirée huppée sur un yacht. Il trouvera sûrement une combine, fera peut-être avancer sa carrière et reviendra pour le prochain festival, une occasion inespérée pour tous ceux qui pensent qu’ils le valent bien.
Temple du 7e art, le Festival de Cannes est aussi le paradis des pique-assiettes alléchés par la perspective de festoyer à peu de frais, côtoyer les vedettes ou simplement déjouer la vigilance des services de sécurité. Ils sont de toutes les soirées, de tous les buffets et se divisent généralement en deux catégories : l’alimentaire et l’ambitieux. «On a eu une table de trois parasites pour la sortie de “Harry, un ami qui vous veut du bien”. Quand l’addition est arrivée, ils m’ont demandé de la grouper avec celle du réalisateur qui était à côté», raconte Guillaume, l’un des serveurs de plage du Noga Hilton. Producteur mythomane, étudiants ou faux journalistes, le pique-assiette alimentaire est de loin l’espèce la plus courante dans les soirées organisées en marge du festival. «Eux, on les repère...