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Actualités - Chronologie

Russie Moscou revient à la table de l'Otan avec des exigences précises

La participation du ministre russe des Affaires étrangères à une réunion de l’Otan les 24-25 mai marque la reprise des relations au plus haut niveau, après de subtiles tentatives des Russes pour placer les Américains en position d’accusés sur les questions de désarmement. Igor Ivanov, chef de la diplomatie russe, sera mercredi et jeudi à Florence le premier membre du gouvernement russe à s’asseoir à une table avec ses homologues de l’Otan depuis la rupture des relations en mars 1999, en raison des frappes de l’Alliance sur la Yougoslavie. «Les deux camps sont d’accord sur le fait qu’il est grand temps de trouver un accord, mais ce ne sera pas facile, la Russie a des griefs», explique le politologue Viktor Kremeniouk, de l’institut USA-Canada de Moscou. De fait, cette reprise du dialogue ne signifie pas que les relations soient redevenues sereines. L’Alliance, qui a bombardé la Yougoslavie contre l’avis de la Russie l’an dernier, est toujours considérée comme une menace militaire par les Russes. «Nous avons pour mission d’utiliser tout l’arsenal de moyens disponibles pour réduire la menace représentée par l’Otan : depuis la reprise des contacts jusqu’à l’élargissement de nos moyens de pression, si nécessaire», martelait récemment le général Leonid Ivachov, responsable de la coopération internationale au ministère de la Défense, pour bien démontrer que le dialogue n’était qu’une autre forme de confrontation. Le fossé creusé par la guerre de Yougoslavie n’est pas comblé. L’«Acte Fondateur», la charte de coopération Russie-Otan signée en grande pompe à Paris en 1997, est désormais considéré comme pratiquement caduc par les Russes. Boris Eltsine, en revenant de Paris, avait certifié à ses compatriotes que l’«Acte Fondateur» donnerait à la Russie un droit de regard sur toutes les activités de l’Otan hors de sa zone de compétence propre. Le conflit yougoslave lui a démontré son erreur. «Les bombardements sur la Yougoslavie ont détruit la charte», affirme aujourd’hui l’analyste Viktor Kremeniouk, «et la tâche de la nouvelle diplomatie russe sera de nouveau d’obtenir des garanties de sécurité, et un droit de contrôle sur les opérations de l’Otan en Europe». La Russie reproche en outre à l’Otan de ne pas appliquer la résolution 1 244 du Conseil de sécurité de l’ONnu sur le Kosovo, qui insiste sur la notion d’intégrité territoriale de la Yougoslavie et de préparer de facto une indépendance de cette province. Sous l’influence du nouveau président Vladimir Poutine, la Russie s’est déjà efforcée de reprendre l’initiative dans le dialogue avec les États-Unis, en essayant de mettre les Européens de son côté. Une discrète tentative pour affaiblir la position politique de l’Otan. Moscou a notamment ratifié récemment deux accords très importants : le traité de désarmement nucléaire russo-américain Start II et le traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT). Start II, signé en 1993, n’avait jamais été approuvé par le Parlement russe sous Boris Eltsine. M. Poutine a obtenu sa ratification, et le Parlement a assorti le traité de protocoles que les États-Unis doivent à leur tour ratifier pour que Start II entre en vigueur. Résultat : la balle est désormais dans le camp américain, et le président Bill Clinton en position délicate. À l’approche des élections présidentielles, le Sénat à majorité républicaine risque en effet de se refuser à ratifier tout texte favorable au président sortant. Et Moscou a eu beau jeu, jeudi dernier, d’appeler les États-Unis à ratifier au plus vite le traité CTBT, déjà ratifié par la France et la Grande-Bretagne, les puissances nucléaires européennes.
La participation du ministre russe des Affaires étrangères à une réunion de l’Otan les 24-25 mai marque la reprise des relations au plus haut niveau, après de subtiles tentatives des Russes pour placer les Américains en position d’accusés sur les questions de désarmement. Igor Ivanov, chef de la diplomatie russe, sera mercredi et jeudi à Florence le premier membre du gouvernement russe à s’asseoir à une table avec ses homologues de l’Otan depuis la rupture des relations en mars 1999, en raison des frappes de l’Alliance sur la Yougoslavie. «Les deux camps sont d’accord sur le fait qu’il est grand temps de trouver un accord, mais ce ne sera pas facile, la Russie a des griefs», explique le politologue Viktor Kremeniouk, de l’institut USA-Canada de Moscou. De fait, cette reprise du dialogue ne signifie pas que...