Le Vietnam a souhaité faire un exemple de sa détermination à lutter contre la drogue en exécutant pour la première fois cette semaine une citoyenne occidentale accusée de trafic d’héroïne. Une Canadienne d’origine vietnamienne, Nguyen Thi Hiep, 42 ans, a été fusillée mardi à Hanoi après avoir été condamnée à mort il y a quatre ans pour possession de plus de 5 kilos d’héroïne qu’elle tentait d’emporter vers Hong Kong. Son exécution, la première d’un citoyen occidental au Vietnam, s’est déroulée à l’aube au champ de tirs de Cau Nga, près de la capitale vietnamienne. Un responsable du tribunal populaire de Hanoi a précisé après l’exécution que celle-ci a eu lieu dans le respect des procédures judiciaires, soulignant ainsi la détermination des autorités à lutter contre le trafic de drogue. Les autorités vietnamiennes ont durci depuis 1997 leur législation antidrogue en rendant passible de la peine de mort toute personne trouvée en possession de 100 grammes d’héroïne ou de 5 kg d’opium et de nombreuses exécutions de trafiquants ont eu lieu au cours des trois denières années, mais elles sont rarement annoncées officiellement. Début mars, le Vietnam s’était engagé à intensifier ses efforts dans la lutte contre la drogue, en réaction à un rapport annuel américain le plaçant sur la liste des pays impliqués dans la production ou le transit de stupéfiants. Les autorités vietnamiennes avaient indiqué que le gouvernement vietnamien avait conscience des risques liés à la drogue et que 95 % des cultures de pavot avaient déjà été détruites dans le pays. Le ministère des Affaires étrangères avait rappelé à cette occasion qu’entre 1961 et 1988, le Vietnam a signé 3 conventions internationales sur la lutte contre la drogue et que les trafiquants sont sévèrement punis par la loi vietnamienne. Le gouvernement canadien a élevé de son côté une vigoureuse protestation contre l’exécution de Nguyen Thi Hiep, en estimant que cette femme pouvait avoir été manipulée pour transporter la drogue hors du pays. L’ambassadeur du Vietnam au Canada, Trinh Quang Thanh, a été convoqué au ministère canadien des Affaires étrangères pour que le gouvernement lui fasse part de «sa profonde déception». Le ministère canadien a rappelé qu’il avait fourni des informations il y a deux mois, cassettes et vidéos (aux autorités vietnamiennes) qui pouvaient aider à prouver que Nguyen Thi Hiep a pu être manipulée et a regretté que ces informations n’aient pas été prises en compte. Nguyen Thi Hiep avait passé 4 ans dans une prison proche de Hanoi avant d’être exécutée. Elle avait été arrêtée à l’aéroport international de Noi Bai avec sa mère, Tran Thi Cam, en avril 1996 transportant dans ses bagages plus de 5 kilos d’héroïne dissimulés dans des objets en laque alors qu’elles allaient quitter le Vietnam à destination de Hong Kong. Elle avait été condamnée à mort en août 1996 et sa mère, 73 ans, détentrice d’un passeport vietnamien, avait été condamnée à la prison à vie. Les autorités vietnamiennes avaient rejeté ses appels à la clémence lors de procès publics, en première et dernière instance. Hiep avait fui le Vietnam en 1981 et avait obtenu la nationalité canadienne. Elle était revenue au Vietnam en 1996 avec un visa de tourisme. Une dizaine d’autres trafiquants de drogue étrangers, majoritairement laotiens, mais aussi chinois, taïwanais et singapouriens ont également été condamnés à mort au cours des 5 dernières années et en 1999, la justice vietnamienne a condamné à mort 76 personnes pour trafic de drogue. Le Vietnam reste cependant un centre important du transit de l’héroïne en provenance du Triangle d’Or (Birmanie, Laos et Thaïlande) à destination des marchés occidentaux. D’importants trafics ont également bénéficié de la complicité de membres de forces chargées de la lutte antidrogue.
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