Dominateurs pendant l’hiver, les grands d’Europe traversent une période de doute, à l’exception du tenant du titre Manchester United, à la veille des quarts de finale retour de la Ligue des champions, mardi et mercredi, qui s’annoncent très ouverts et spectaculaires. Barcelone, au bord de la crise, la Lazio Rome, qui voit s’envoler la Juventus, le Bayern Munich, distancé de trois points par Leverkusen, et le Real Madrid, à la recherche d’une efficacité offensive, ne sont plus en effet les machines bien huilées des dernières semaines. Valence et Chelsea ayant frappé fort au match aller contre la Lazio et le Barça se retrouvent en position de force et pourront jouer le contre face à des formations fragiles en défense. Barcelone v/s Chelsea : la qualification ou la crise Se qualifier pour les demi-finales ou sombrer dans la crise, le FC Barcelone n’a guère le choix avant son quart de finale retour de la Ligue des champions de football, contre Chelsea (1-3), mardi au Camp Nou (18h45 GMT). Quatre revers consécutifs toutes compétitions confondues, douze buts encaissés et un seul marqué. Tous les indicateurs sont au rouge. Distancé dans la Liga (à cinq points de La Corogne), sur le point d’être éliminé en demi-finale de la Coupe du roi (défaite 3 à 0 à l’aller contre l’Atletico Madrid), le grand club catalan ne supporterait pas un cinquième revers. Dans une grande majorité, les 90 000 socios ont déjà manifesté leur mécontentement et Louis van Gaal, l’entraîneur néerlandais, se sent menacé comme jamais. L’attitude du président Josep Lluis Nunez est éloquente. En se réfugiant dans un silence pesant, il fragilise une structure technique qui a pourtant besoin d’un appui fort pour recouvrer la confiance. «Ce ne sont pas les dirigeants les fautifs de cette situation. C’est nous joueurs (qui sommes) coupables», affirme pourtant Josep Guardiola, le capitaine emblématique du Barça, absent lors des trois dernières rencontres. Après avoir passé une journée à panser les plaies, à essayer de trouver une solution pour enrayer la spirale de la défaite, l’effectif du club catalan s’est remis en ordre de marche. «On ne parle plus de crise. On parle positif, de la victoire et de la qualification», a déclaré Van Gaal, qui rejette toute idée d’une démission, «un acte saugrenu», en cas d’élimination. «Je ne partirai que le jour où je ne sentirai plus la confiance de mes joueurs. Ce jour-là n’est pas encore arrivé», a-t-il ajouté. Conserver le ballon En revanche, le technicien néerlandais préfère parler de tactique, d’approche mentale de cette rencontre qu’il attend avec impatience. Son équipe est prête. Même s’il n’en dévoilera pas la composition, il est acquis que le trio offensif Figo-Kluivert-Rivaldo débutera la rencontre, tout comme l’arrière Sergi, qui disputera son 300e match avec le Barça. L’ambiance à Chelsea semble plus sereine, même si samedi à Hillsborough, Sheffield Wednesday, grâce à un penalty transformé par le Néerlandais Jonk, a mis fin à une série de seize matches sans défaite du club londonien en Premier League. «Au niveau de l’expérience, je ne crains rien. Je possède des joueurs capables de gérer toutes les situations. Cependant, je redoute l’entame de match de Barcelone. On sent chez eux un sentiment de revanche et cela m’inquiète», a indiqué l’entraîneur italien Gianluca Vialli qui a très envie de muscler son milieu «pour conserver le ballon». Pour la première fois de la saison en Ligue des champions, le match se jouera à guichets fermés. Pour l’occasion, le Barça entend une nouvelle fois démontrer qu’il est digne de sa devise selon laquelle il est «plus qu’un club». De toute façon, la soirée s’annonce très chaude à Barcelone. La Lazio pour l’honneur du football italien contre Valence La Lazio Rome, battue 5-2 à l’aller à Valence, est condamnée à l’exploit au match retour chez elle mardi soir pour sauver sa place en Ligue des champions de football, mais aussi toute sa saison et même l’honneur du football italien. La dernière équipe italienne en lice en Coupe d’Europe est soumise à une pression à la limite du supportable. La Ligue des champions «est l’objectif le plus important de la saison», a prévenu son président Sergio Cragnotti. À l’image du titre boursier de la Lazio sur la place de Milan, le moral des équipiers d’Alen Boksic a enregistré une forte baisse ce week-end. Samedi, les Laziale ont brûlé leurs dernières chances en championnat avec un nul 3-3 contre la Fiorentina. À quatre journées de la fin, ils comptent cinq points de retard sur la Juventus. En villégiature dans le fief de la Lazio à Formello, à une trentaine de kilomètres de Rome, l’entraîneur suédois Sven Goran Eriksson peut en revanche compter pour la première fois depuis longtemps sur l’ensemble de ses effectifs. Après avoir raté le rendez-vous de Florence samedi, Simone Inzaghi, la nouvelle perle du but, et le défenseur Massimo Nesta sont de retour, de même que le gardien titulaire Luca Marchegiani, blessé pendant 23 jours. Eriksson n’a que l’embarras du choix, notamment en attaque, où il n’a pas encore tranché entre Simone Inzaghi et le Chilien Marcelo Salas. Valence : gare aux provocations L’entraîneur argentin de Valence, Hector Cuper, a également pu déplacer l’ensemble de ses ressources humaines, à l’exception du Français Alain Roche, blessé. L’Espagnol Gerard, auteur d’un triplé à l’aller, et l’Argentin Claudio Piojo Lopez, annoncé la saison prochaine à la Lazio, seront les fers de lance d’une équipe qui atteint son rendement maximum en fin de saison. «On vient pour faire un résultat. Ça va être dur psychologiquement. Ils vont nous rentrer dedans. Il va y avoir énormément de provocation», affirme le défenseur français Jocelyn Angloma, sorte de sage de l’équipe du haut de ses 34 ans et de sa victoire en Ligue des champions avec Marseille en 1993. Valence affiche une belle santé avec huit buts en deux rencontres de championnat (6-2 contre Oviedo et 2-1 contre Séville). L’équipe victorieuse de la Coupe des coupes en 1980 dispose d’une chance historique de monter au Capitole en décrochant pour la première fois son billet pour les demi-finales de la C1. Outre les provocations de Diego Simeone et compagnie, les Valenciens devront se garder de tout excès de confiance : «Il y a des jeunes dans l’équipe qui n’ont jamais connu des matches comme ça et qui peuvent se dire inconsciemment que c’est déjà fait», prévient Angloma. Les Espagnols ont donc soigné la préparation psychologique, sous la baguette de Cuper, finaliste malheureux la saison dernière de la Coupe des coupes avec Majorque contre... la Lazio Rome. Dans les deux autres quarts de finale, mercredi, Manchester United, qui survole la Premier League, devra pourtant se méfier d’un excès de confiance après son nul vierge à Madrid. Les troupes de Ferguson devront aussi avoir un œil sur Nicolas Anelka, qui s’est déjà imposé à quatre reprises à Old Trafford lorsqu’il était titulaire à Arsenal. Enfin, à Munich, le Bayern, contre Porto, voudra repartir de plus belle après son échec dans le derby contre Munich 1860 (1-2). Malgré l’absence de son capitaine et meneur de jeu Stefan Effenberg (déchirure au mollet), le Bayern semble disposer d’une bonne marge de sécurité pour passer l’obstacle portugais. UEFA : Équipe spéciale de policiers turcs pour protéger les joueurs de Galatasaray Une équipe spéciale de 11 policiers turcs accompagnera les joueurs de Galatasaray au match retour de demi-finale de la coupe de l’UEFA à Leeds jeudi pour les protéger, a indiqué lundi le ministre turc de l’Intérieur Saadettin Tantan, cité par l’agence Anatolie. Selon le quotidien libéral Milliyet, cette équipe de policiers a été constituée à la demande du club turc, qui craint pour la sécurité de ses joueurs, après le meurtre de deux supporteurs britanniques par des fans de Galatasaray le 5 avril à Istanbul. L’instance dirigeante du football européen, l’UEFA, a décidé vendredi d’exclure les supporteurs turcs du match retour après que Leeds et la police britannique eurent indiqué qu’ils ne pouvaient garantir leur sécurité. Les dirigeants de Galatasaray avaient alors mis en doute la capacité de la police britannique à protéger les joueurs. Kevin Speight, 40 ans, et Christopher Loftus, 36 ans, avaient été poignardés à mort la veille du match aller remporté 2-0 par Galatasaray. La police et le parquet turcs affirment que la bagarre a éclaté à la suite de provocations des supporteurs britanniques, qui ont brisé des vitrines et des vitres de voiture, molesté des passants et insulté le drapeau turc. Quatre hommes ont été inculpés de meurtres et risquent jusqu’à 30 ans de prison. La police turque mène actuellement une enquête interne pour déterminer les responsabilités policières dans les incidents, a par ailleurs indiqué M. Tantan. «La police enquête. S’il y a faute, elle sera sanctionnée», a indiqué le ministre au quotidien libéral Radikal paru lundi, ajoutant qu’il y avait également une enquête diligentée par les bureaux du gouverneur d’Istanbul. La presse turque a critiqué le manque de réaction de la police face à la bagarre et l’insuffisance des mesures prises pour encadrer les fans britanniques.
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