Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Ratification de Start II : une résonance politique et diplomatique

Le président russe Vladimir Poutine, maître chez lui, a tenté ces derniers jours de gagner le respect des partenaires occidentaux, notamment en obtenant la ratification par les députés du traité russo-américain de désarmement stratégique Start II. «La signification de cette ratification réside dans sa résonance politique et diplomatique», a déclaré M. Poutine, cité par l’agence Interfax. La Douma (Chambre basse du Parlement) avait ratifié, après sept années d’hésitation, le traité Start II qui prévoit la réduction de deux tiers des arsenaux stratégiques américain et russe, ramenant le nombre de têtes nucléaires à 3 500 pour les États-Unis et 3 000 pour la Russie. Après une campagne électorale marquée par des déclarations très fermes vis-à-vis de l’Occident, la ratification de Start II est un signe de la volonté du président de renouer des relations normales avec ses partenaires occidentaux. «Il s’agit de faire taire la vague de critiques déferlant sur la Russie en raison de l’opération militaire en Tchétchénie», selon l’analyste politique russe Andreï Piontkovski. Selon lui, «le message adressé par M. Poutine à l’Occident est simple : ne vous mêlez pas des affaires internes de la Russie, je ferai ce que je voudrai. Mais d’un autre côté, je suis prêt à être constructif dans les relations internationales et en matière de réduction des armements». La ratification de Start II donne en outre la possibilité à la Russie de «prendre l’initiative dans le processus de pourparlers sur la sécurité internationale», a encore déclaré M. Poutine. À peine la ratification obtenue, il a en effet rendu le trait aux Américains en affirmant que la Russie ne remplirait ses obligations vis-à-vis de Start II que si les États-Unis ratifiaient à leur tour les derniers protocoles ajoutés en 1997 et renonçaient à modifier ou à sortir du traité de défense antimissile ABM conclu avec l’URSS en 1972. M. Poutine a en outre proposé d’aller encore plus loin dans le désarmement stratégique qu’initialement prévu dans le traité Start III. La Russie est prête à réduire son arsenal nucléaire, «évidemment sur une base réciproque avec les États-Unis (...), jusqu’à 1 500 ogives au lieu de 2 000 ou 2 500», a affirmé M. Poutine vendredi soir. À quelques jours de l’ouverture d’une conférence internationale sur la non-prolifération des armes nucléaires, le 24 avril à New York, la ratification de Start II apparaît comme «une preuve tangible que la Russie, avec son nouveau président et sa nouvelle Douma, fait des efforts pour consolider dans son ensemble le système d’accords internationaux de contrôle de l’armement», notait Rossiïskaïa Gazeta, le journal officiel. En rejetant désormais sur les États-Unis la responsabilité d’un échec des accords Start et «la relance d’une course aux armements», M. Poutine a pris un gros risque, notait cependant le quotidien d’affaires Kommersant. Avec ce «langage de l’ultimatum, la Russie s’est coupé les voies de poursuite du dialogue avec les États-Unis sur un désarmement ultérieur. Elle devra se désarmer unilatéralement ou passer à l’économie de mobilisation», met en garde Kommersant. Les analystes estiment en effet que quoi qu’il arrive, la Russie devra démanteler, pour des raisons financières, beaucoup plus de missiles nucléaires que ce qui est actuellement prévu par les accords Start.
Le président russe Vladimir Poutine, maître chez lui, a tenté ces derniers jours de gagner le respect des partenaires occidentaux, notamment en obtenant la ratification par les députés du traité russo-américain de désarmement stratégique Start II. «La signification de cette ratification réside dans sa résonance politique et diplomatique», a déclaré M. Poutine, cité par l’agence Interfax. La Douma (Chambre basse du Parlement) avait ratifié, après sept années d’hésitation, le traité Start II qui prévoit la réduction de deux tiers des arsenaux stratégiques américain et russe, ramenant le nombre de têtes nucléaires à 3 500 pour les États-Unis et 3 000 pour la Russie. Après une campagne électorale marquée par des déclarations très fermes vis-à-vis de l’Occident, la ratification de Start II est un signe...