Les difficultés de la vie quotidienne, à l’origine de l’intégrisme islamique au début des années 90, s’aggravent, réduisant ainsi les chances d’un règlement de la crise algérienne. Cette situation fait dire à nombre de commentateurs de la presse algérienne que le véritable défi auquel se trouve désormais confronté le président algérien n’est plus l’insécurité due aux attentats des groupes islamistes armés, qui continuent à tuer environ 200 personnes par mois, mais la crise sociale. Cette crise pourrait déboucher sur une explosion dont les conséquences risquent d’être imprévisibles, alors que les groupes armés islamistes ont tué plus que 100 000 personnes depuis 1992, remarquent-ils. Selon les chiffres officiels, quelque 14 millions d’Algériens sur une population de 30 millions d’habitants, vivent sous le seuil de la pauvreté. Ils sont près de 3 millions à se contenter de 26 dinars (2,6 FF) par jour, dont 18 dinars (1,8 FF), consacrés à l’alimentation, soit le prix de deux baguettes de pain et moins qu’un litre de lait (2 FF), a révélé récemment la presse, citant une enquête de l’Office national des statistiques (ONS). Selon cet organisme, deux millions d’Algériens vivent dans des bidonvilles et des caves. Cette précarité de l’habitat a favorisé le retour des maladies endémiques comme la tuberculose et la typhoïde, affirme aussi le Conseil national économique et social. Désormais, les bidonvilles n’abritent plus uniquement les citoyens sans revenus. Face à la difficulté d’accéder au logement social et à la chèreté des loyers, une partie de la classe moyenne y a désormais recours. «Je n’avais pas d’autre choix que d’ériger cette baraque en parpaings pour abriter ma femme et mes quatre enfants», explique un enseignant de collège dont la petite maison paternelle était devenue trop exiguë pour abriter enfants et petits-enfants. «Mon salaire de 12 000 dinars (1 200 FF) suffira à peine à louer un appartement de 2 pièces en banlieue», explique-t-il. Au centre d’Alger et dans les quartiers chics un studio peut coûter entre 15 000 et 20 000 dinars, l’équivalent du salaire mensuel d’un cadre moyen. Nouveau signe de cette crise de logement qui n’épargne plus les cadres : dans les nouveaux ménages, les conjoints restent parfois chez leurs parents. «Je continue de courtiser ma femme et de lui fixer des rendez-vous dans les salons de thé, comme avant notre mariage», ironise un médecin de l’hôpital Mustapha à Alger, qui a convolé depuis deux ans. Le pouvoir d’achat se dégrade inexorablement depuis que l’Algérie s’est résignée à la thérapie de choc du Fonds monétaire international (FMI) en 1994 pour tenter de redresser le pays sclérosé par une économie socialiste obsolète.
Les difficultés de la vie quotidienne, à l’origine de l’intégrisme islamique au début des années 90, s’aggravent, réduisant ainsi les chances d’un règlement de la crise algérienne. Cette situation fait dire à nombre de commentateurs de la presse algérienne que le véritable défi auquel se trouve désormais confronté le président algérien n’est plus l’insécurité due aux attentats des groupes islamistes armés, qui continuent à tuer environ 200 personnes par mois, mais la crise sociale. Cette crise pourrait déboucher sur une explosion dont les conséquences risquent d’être imprévisibles, alors que les groupes armés islamistes ont tué plus que 100 000 personnes depuis 1992, remarquent-ils. Selon les chiffres officiels, quelque 14 millions d’Algériens sur une population de 30 millions d’habitants,...
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