La vigoureuse expansion de l’économie mondiale étonne le Fonds monétaire internationale (FMI) qui, dans son rapport biannuel publié hier, a relevé sa prévision de croissance mondiale qui devrait afficher 4,2 % en 2000 et 3,9 % en 2001 après 3,3 % l’année dernière. Ces «perspectives économiques mondiales» encourageantes sont à mettre au compte de la vitalité de l’économie américaine, nourrie par une «exceptionnelle» croissance de la demande intérieure, mais aussi du retour en force des pays émergents d’Asie. Contenue à moins de 2 % en 2000, l’inflation mondiale n’apparaît pas comme une préoccupation majeure. Le FMI, qui prône l’urgence d’un «atterrissage en douceur» de l’économie américaine, met un bémol à ce tableau optimiste, soulignant «des risques importants», selon son chef économiste Michael Mussa. Il existe la possibilité d’un réajustement brutal des grandes monnaies, notamment de l’euro «extrêmement faible» par rapport au dollar, suscité par le flagrant déséquilibre entre le déficit commercial record américain et les excédents japonais et européen. L’autre risque majeur viendra des «hauts cours boursiers à travers le monde», prévient le FMI qui s’inquiète des attentes parfois «irréalistes» quant aux bénéfices des entreprises. «L’expérience montre qu’une telle hausse des cours peut être particulièrement déstabilisante parce qu’elle peut encourager ménages et entreprises à surconsommer et à surinvestir», dit le rapport. Le PIB américain devrait encore accélérer sa croissance en 2000 à 4,4 %, contre 4,2 % en 1999. En 2001, la croissance se tassera légèrement à 3 %, espère le FMI qui n’exclut toutefois pas un «atterrissage brutal». La Réserve fédérale doit continuer à resserrer «progressivement» ses taux. Michael Mussa voit des taux d’intérêt à 6,5 % voire 7 % cette année si l’expansion américaine ne ralentit pas. Globalement, les pays du G7 afficheront une croissance de 3,3 % en 2000 (révision +0,9 pt) et 2,7 % en 2001 tandis que la zone euro progressera de 3,2 % pour ces deux années. Parmi les pays industrialisés du G7, la France arrive derrière les États-Unis et le Canada, avec une croissance prévue de 3,5 % cette année et 3,1 % en 2001. Le Japon, rare pays pour lequel le FMI a révisé ses prévisions à la baisse, émerge lentement de la récession et doit poursuivre une politique budgétaire et monétaire «accommodante», selon Michael Mussa. La croissance atteindra 0,9 % en 2000 et 1,8 % l’an prochain. Les pays d’Asie touchés par la crise font mieux qu’attendu. Le PIB sud-coréen a affiché un «remarquable» 10,5 % de croissance l’année dernière et devrait progresser autour de 7 % en 2000, un taux globalement partagé par Hong Kong, la Malaisie, Singapour et Taïwan. La Chine continue sur sa lancée avec un PIB en croissance 7 % en 2000. Tirée notamment par le Brésil, première économie de la région, l’Amérique latine est également sur la voie d’une forte reprise avec une croissance 4 % en 2000 et 4,7 % l’année d’après contre 0,1 % l’année dernière. La performance de la Russie pour 1999 a surpris le FMI : le PIB a crû de 3,2 %. Mais la poursuite d’un tel rythme est «incertaine» pour le FMI qui prévoit une croissance de 1,5 % cette année et 1,4 % l’an prochain, en insistant sur la nécessité de réformes structurelles et budgétaires. Les pays en développement dans leur ensemble devraient afficher un fort rebond de leur croissance à 5,4 % en 2000 et 5,3 % en 2001 après 3,8 % l’an dernier. Tirée par le Nigéria, l’Algérie et l’Afrique du Sud, l’Afrique devrait enregistrer une croissance de 4,4 % cette année, 4,5 % en 2001 après 2,3 % en 1999.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La vigoureuse expansion de l’économie mondiale étonne le Fonds monétaire internationale (FMI) qui, dans son rapport biannuel publié hier, a relevé sa prévision de croissance mondiale qui devrait afficher 4,2 % en 2000 et 3,9 % en 2001 après 3,3 % l’année dernière. Ces «perspectives économiques mondiales» encourageantes sont à mettre au compte de la vitalité de l’économie américaine, nourrie par une «exceptionnelle» croissance de la demande intérieure, mais aussi du retour en force des pays émergents d’Asie. Contenue à moins de 2 % en 2000, l’inflation mondiale n’apparaît pas comme une préoccupation majeure. Le FMI, qui prône l’urgence d’un «atterrissage en douceur» de l’économie américaine, met un bémol à ce tableau optimiste, soulignant «des risques importants», selon son chef...