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Actualités - Reportages

Correspondance Réconciliation insolite entre l'arabe et l'hébreu

À défaut de la paix au Proche-Orient, voici, sous la forme d’un livre paru aux éditions Alternatives, la meilleure nouvelle qui nous soit parvenue de cette région depuis longtemps : par la grâce de la calligraphie, une réconciliation insolite s’y opère en effet entre l’arabe et l’hébreu. L’amour absolu L’auteur de ce rapprochement est un agrégé de lettres classiques, Henri Renoux, qui a appris les deux langues – parmi beaucoup d’autres, paraît-il – pour le plaisir de les écrire. Et son choix s’est porté sur Le cantique des cantiques – devenu ici Le chant des chants, dans la traduction d’Henri Meschonic – qui compte dans la Bible au nombre des livres de sagesse, de même qu’il figure parmi les textes liturgiques faisant l’objet d’une lecture publique les jours de fête. Traditionnellement attribué à Salomon – pour nous Suleiman al-Hakim – même si des études scientifiques le font remonter à la première moitié du 4e siècle avant J-C, ce dialogue d’un couple évoquant des noces mystiques s’inscrit dans l’antique tradition de célébration de l’amour absolu qui avait cours à la fois à Sumer et dans une Égypte immémoriale. Un amour chaste mais aussi étrangement charnel, la sensualité y empruntant le détour de métaphores qui ne craignent pas d’être «sucrées». Des passages entiers du texte chantent dans nos mémoires : «Tes joues comme une moitié de grenade derrière ton voile...» «Tes cheveux comme un troupeau de chèvres dévalant de Galaad...» «Et l’odeur de tes vêtements comme la senteur du Liban...» «Ces caresses plus exquises que le vin...» «Alors je fus à ses yeux comme celle qui a trouvé la paix...». Exubérance et austérité Ce dialogue allégorique, Henri Renoux a choisi de le doubler par celui de deux écritures ô combien différentes l’une de l’autre mais dont le face-à face ne tourne pas à l’affrontement. La configuration austère des caractères hébraïques suscite chez lui une application, une rigueur de scribe alors que l’arabe semble l’inviter à l’exubérance, à l’audace, prenant ses aises sur la plage en formes galbées ou en volutes dansantes qui filent de-ci, de-là en lignes de fuite ou se blottissent dans des rosaces compactes et chantournées. Il est même certaines pages où, dans une mise en regard virtuose, l’arabe et l’hébraïque réussissent, en direction l’un de l’autre, une sorte de traversée du miroir.
À défaut de la paix au Proche-Orient, voici, sous la forme d’un livre paru aux éditions Alternatives, la meilleure nouvelle qui nous soit parvenue de cette région depuis longtemps : par la grâce de la calligraphie, une réconciliation insolite s’y opère en effet entre l’arabe et l’hébreu. L’amour absolu L’auteur de ce rapprochement est un agrégé de lettres classiques, Henri Renoux, qui a appris les deux langues – parmi beaucoup d’autres, paraît-il – pour le plaisir de les écrire. Et son choix s’est porté sur Le cantique des cantiques – devenu ici Le chant des chants, dans la traduction d’Henri Meschonic – qui compte dans la Bible au nombre des livres de sagesse, de même qu’il figure parmi les textes liturgiques faisant l’objet d’une lecture publique les jours de fête. Traditionnellement...