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Actualités - Conferences Internationales

Criminalité L'Onu tente d'enrayer la mondialisation des mafias

Les mafias exploitent à fond la mondialisation de l’économie et les Nations unies, qui organisent cette semaine leur 10e congrès sur le crime organisé, tentent de trouver la parade. Plus de 2 000 experts – fonctionnaires, criminologues, membres d’organisations non gouvernementales, experts en droit, etc. – participent jusqu’à lundi prochain à Vienne au «10e Congrès sur la prévention de la criminalité et le traitement des criminels». Une trentaine de ministres sont prévus pour ce congrès qui a lieu tous les cinq ans. Les participants doivent notamment concentrer leurs travaux sur la criminalité organisée, la lutte contre la corruption, la criminalité informatique et la protection des victimes. «Le crime organisé, qui fut considéré comme une menace locale ou tout au plus régionale, est devenu une affaire internationale hautement sophistiquée», selon l’Onu dont un rapport publié l’an dernier sur la question notait qu’«au regard du crime organisé des années 90, Al Capone était un petit voyou sans envergure, à l’horizon restreint et aux perspectives limitées». «Il n’y a jamais eu autant d’opportunités économiques pour autant de gens dans le monde. Et il n’y a jamais eu autant d’opportunités pour les organisations criminelles d’exploiter le système», résume Pino Arlacchi. Secrétaire général adjoint des Nations unies, cet ancien sénateur italien, qui dirige l’Onu à Vienne depuis 1997, s’est illustré dans la lutte antimafia en Italie. Il est président honoraire de la Fondation Giovanni Falcone, du nom du procureur antimafia italien assassiné en 1992 et dont il était proche. Pour expliquer la mondialisation de l’économie mafieuse, l’Onu cite notamment les «triades basées à Hong Kong et les Yakusa japonais (qui) commercialisent à l’échelle mondiale des drogues de synthèse, ainsi que des femmes et des enfants esclaves sexuels». L’Onu cite également les autorités colombiennes selon lesquelles «les cartels colombiens de la drogue font du commerce avec les mafias russes et les groupes criminels d’Europe centrale», une région où, selon l’Onu, «la fin de la guerre froide et le contrôle inefficace de l’État ont constitué une invitation publique à la criminalité organisée». En sept ans, de 1990 à 1997, le nombre de groupes criminels connus en Russie est passé de 785 à 9 000 et ils totalisent plus de 100 000 membres, selon l’Onu. L’Europe centrale et l’ex-Urss «exportent» de leur côté près de 175 000 femmes et enfants chaque année, destinés à la prostitution. Autre exemple de mondialisation, la criminalité informatique a connu un essor sans précédent et quelque 500 millions de dollars sont volés chaque année par les pirates informatiques qui percent les codes des cartes de crédit, selon l’Onu. Les participants du congrès doivent également aborder les droits des victimes. Ils disposent des conclusions d’une étude internationale réalisée durant les dix dernières années dans 60 États, d’où il ressort que «plus de 50 % des victimes dans le monde sont mécontentes de la façon dont elles ont été traitées par la police». Ce congrès se conclura par l’adoption d’une déclaration commune qui sera soumise en septembre à l’Assemblée générale des Nations unies.
Les mafias exploitent à fond la mondialisation de l’économie et les Nations unies, qui organisent cette semaine leur 10e congrès sur le crime organisé, tentent de trouver la parade. Plus de 2 000 experts – fonctionnaires, criminologues, membres d’organisations non gouvernementales, experts en droit, etc. – participent jusqu’à lundi prochain à Vienne au «10e Congrès sur la prévention de la criminalité et le traitement des criminels». Une trentaine de ministres sont prévus pour ce congrès qui a lieu tous les cinq ans. Les participants doivent notamment concentrer leurs travaux sur la criminalité organisée, la lutte contre la corruption, la criminalité informatique et la protection des victimes. «Le crime organisé, qui fut considéré comme une menace locale ou tout au plus régionale, est devenu une affaire...