Le dollar s’est nettement apprécié en ce début de semaine, à Beyrouth, se négociant tout près du haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) pour la première fois cette année et plus précisément depuis le 31 décembre dernier. À cela auraient contribué la reprise du cycle de violence au Liban-Sud à un moment où les Israéliens se déclarent prêts à se retirer de cette région d’ici juillet prochain d’un côté et la réticence de l’offre en cette monnaie d’un autre côté. Mais, après que la BDL eut maintenu en l’état sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL, le billet a dû clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, pendant que les établissements de crédit le négociaient effectivement entre 1 512,50 et 1 513,50 LL, après un départ entre 1 512,00 et 1 514,00 LL. Pourtant, en raison de la réticence de l’offre et de la modicité de la demande commerciale en devises, le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait pas prendre de dimensions. Il aurait totalisé, selon les cambistes, quelque sept millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place. Repli du yen, reprise de l’euro À l’étranger, le yen a continué de reculer face à l’ensemble des devises hier sur les marchés des changes internationaux, sur des ajustements réalisés par les cambistes après avoir été très prisé au cours des précédentes semaines dans l’attente de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du groupe des Sept (pays occidentaux les plus industrialisés) à la fin de cette semaine, à Washington. Ceux-ci devraient de nouveau exprimer leur préoccupation face à la vigueur persistante du yen, comme ils l’avaient fait lors du précédent sommet du groupe des Sept, indique-t-on dans les milieux cambistes. Selon les analystes de marché, l’absence de nouvelles économiques fraîches au Japon et l’attente de la réunion du groupe des Sept ce week-end ont incité les investisseurs à se délester un peu de leurs avoirs en yens. «Le marché ajuste ses positions après les récents mouvements d’appréciation du yen», a-t-on expliqué dans ces mêmes milieux. Cela d’autant que le marché n’avait pas réagi au maintien, hier, du taux officiel d’escompte de la Banque du Japon à 0,50 %, soit son niveau historiquement bas établi depuis septembre 1995. Cela étant, le dollar est parvenu à briser le seuil psychologique des 106,00 yens, déclenchant des ordres de vente automatiques de yens qui ont accentué son repli face au billet et par ricochet, face à l’euro. De son côté, la monnaie unique européenne est restée ferme face au dollar, alors qu’un nombre croissant d’analystes pensaient que la Banque centrale européenne (BCE) pourrait remonter ses taux directeurs dès jeudi, après les avoir maintenus à 3,5 % le 30 mars dernier. L’euro avait été soutenu par ailleurs par la fermeté des déclarations concernant la monnaie unique à la réunion des ministres des Finances de l’Euro-11 de ce week-end à Lisbonne. Au cours de cette réunion, les responsables européens ont indiqué que la vigueur exceptionnelle de la croissance économique européenne devrait perdurer et finir par redonner des couleurs à l’euro. Par ailleurs, l’attention des investisseurs devrait se porter en fin de semaine sur les prix à la production et à la consommation qui seront respectivement publiés jeudi et vendredi aux États-Unis, et qui permettront de juger des signes de surchauffe de l’économie américaine. Quant à la livre sterling, elle s’est légèrement renforcée face au dollar, réagissant à l’annonce d’une hausse des prix à la production de l’industrie manufacturière britannique plus forte que prévu (+ 0,5 % en mars par rapport à février), laissant croire à un prochain resserrement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est affaibli face aux autres grandes monnaies, à l’exception du yen, se négociant hier, à New York, comme suit : – 0,9610 pour un euro contre 0,9550, vendredi dernier – 1,5835 pour un sterling contre 1,5790 – 2,0350 DM contre 2,0480 – 6,8250 FF contre 6,8685 – 1,6385 FS contre 1,6430 – 2 014,75 lires contre 2 027,30 – 106,45 yens contre 105,30. Bourse de Beyrouth : marché délaissé À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la baisse hier, en raison du recul de l’action B de Solidere malgré la forte demande sur le titre (12 737 actions) et la médiocrité de l’offre (4 actions seulement), et ce dans un marché autrement stable et délaissé. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a cédé 0,47 % à 70,07 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 160,78 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires très mince, ne dépassant pas quelque 24 257 actions d’une valeur globale de 22 189 dollars. Wall Street : tendance partagée Sur les places boursières internationales, la tendance restait partagée à Wall Street en ce début de semaine, avec l’indice Dow Jones des industrielles (DJIA) en hausse et l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq en forte baisse. Ainsi, après un démarrage en hausse raté, le Nasdaq était à nouveau victime, hier, de liquidations qui lui ont fait perdre plus de 3,6 % sur vendredi dernier, en raison des préoccupations des investisseurs sur le niveau de prix exagérément élevé de titres de sociétés dans la haute technologie et l’Internet, par rapport aux perspectives de résultats. Ce marché a souffert également hier de la recommandation par Richard McCabe, principal économiste de Merrill Lynch, de diminuer la part réservée aux valeurs de la haute technologie dans les portefeuilles boursiers. Les investisseurs, boudant ainsi les valeurs de la «nouvelle économie», se réfugiaient à Wall Street où sont cotées les valeurs de sociétés représentant la «vieille économie», comme International Paper, General Electric, Dox Chemical, Eastman Kodak... De plus, les résultats trimestriels de sociétés américaines commencent à être publiés, reflétant des perspectives favorables aux investisseurs, notamment dans les secteurs de l’énergie, des industries de base, de la finance et des cycliques de la consommation. En effet, le DJIA est parvenu à rebondir d’un plus bas à 11 097,21 points à un plus haut 11 287,70 points, avant d’afficher en préclôture 11 239,78 points, en hausse de 128,30 points sur vendredi dernier et dans un marché qualifié de très volatile. Irrégularité des Bourses européennes Les marchés boursiers européens n’ont pas dégagé de tendance uniforme, ayant réagi différemment à celles de New York où le Nasdaq des valeurs de croissance a reculé en matinée tandis que le Dow Jones des vedettes industrielles faisait preuve d’une bonne orientation. En clôture, l’indice paneuropéen Eurotop 300 a affiché un repli de 0,19 % à 1 627,50, mais l’Euro Stoxx 50, cantonné aux valeurs vedettes de la zone euro, affiche un gain de 22,74 points, soit 0,43 %, à 5 282,26. À l’exception de Paris, qui a gagné 0,90 %, et d’Amsterdam, en progrès de 0,10 %, toutes les autres places ont terminé en baisse : Francfort de 0,07 %, Milan de 0,10 %, Madrid de 0,19 %, Bruxelles de 0,24 % et Londres de 0,56 %. Tokyo : en forte hausse La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 1,8 % lundi, profitant de la hausse enregistrée en fin de semaine dernière sur le marché américain du Nasdaq, ont indiqué les opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a progressé de 366,25 points à 20 619,06. L’indice Topix de toutes les valeurs a pour sa part gagné 39,12 points à 1 716,74. Les échanges ont été modérés avec quelque 519 millions d’actions changeant de mains contre 585 millions vendredi. «Les investisseurs ont bien accueilli les gains enregistrés vendredi sur les titres américains», a estimé Kazunori Jinnai, analyste chez Daiwa Securities SB Capital Markets, ajoutant qu’«un gain de 300 points» n’était «pas mauvais» pour un premier jour de la semaine, où les échanges sont habituellement plus lents. Les investissements ont acheté des titres de l’électronique et de la haute technologie dans le sillage de la hausse de l’indice composite Nasdaq qui a gagné 178,88 points (+ 4,19 %) vendredi pour terminer à 4 446,44 points en clôture, selon les opérateurs. Cette tendance à l’achat a gagné l’ensemble du marché dans l’après-midi, permettant au Nikkei de franchir la barre des 20 500 points en clôture pour la première fois depuis le 4 avril. 874 titres ont progressé au cours de la séance de lundi, pour 366 terminant en baisse et 150 inchangés. L’action Sony a clôturé en hausse de 550 yens (+3,9 %) à 14 570 yens, Nippon Telegraph and Telephone gagnant de son côté 70 000 yens (+ 4,7 %) à 1,55 millions. L’opérateur de téléphonie mobile NTT DoCoMo a progressé de 17 000 yens (+4,3 %) à 4,16 millions. L’investisseur dans l’Internet Softbank, qui avait plongé de 21 000 yens au cours de la semaine précédente, a gagné 5 000 yens sur des indications d’achats à 75 500. «Les performances de Sony, de Softbank et de NTT vont continuer à orienter la tendance du marché», a affirmé un courtier travaillant pour une société d’investissements locale.
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