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Actualités - Biographie

Du Politburo à la défense de l'indépendance géorgienne

Le président de la Géorgie Edouard Chevardnadze, 72 ans, est un patriarche de la politique géorgienne et soviétique, qui s’est fait le garant incontournable de la stabilité de la petite république du Caucase. Ancien membre du Politburo soviétique, ministre des Affaires étrangères de l’URSS au temps de la Perestroïka, revenu au pouvoir après l’indépendance dans une Géorgie au bord de l’explosion, le vieil homme à la chevelure blanche a frôlé la mort dans plusieurs attentats, mais a réussi à s’imposer comme l’un des leaders majeurs du Caucase. Ancien apparatchik auréolé d’une réputation de démocrate, raffiné mais capable d’accès de rudesse, il a su maintenir depuis son élection à la présidence en 1995 l’indépendance de la Géorgie, a tenté d’y établir un État de droit et une économie libérale mais a échoué à sortir le pays d’une profonde crise économique. Les six autres candidats ne devraient guère lui faire concurrence pour l’élection à un second mandat de cinq ans comme président des 5,5 millions de Géorgiens. «Je vais voter pour lui, dit Dato, un commerçant de la capitale Tbilissi, car sans lui nous sommes perdus». Né le 28 janvier 1928 à Mamati (Géorgie), Edouard Chevardnadze est entré à l’âge de 20 ans au Parti communiste, dans les structures duquel il a très rapidement progressé. En 1972, il accède au poste de premier secrétaire du parti en Géorgie et mène une politique mêlant la lutte contre la corruption et la répression des mouvements dissidents. En 1985, il est appelé à Moscou par Mikhaïl Gorbatchev qui lance la Perestroïka et fait de lui son ministre des Affaires étrangères. Pendant cinq ans, il est la voix de Moscou à l’étranger et l’un des principaux artisans du désarmement, se forgeant de solides amitiés en Occident. Mais en décembre 1990, il démissionne en dénonçant une dictature rampante. Moins d’un an plus tard, en août 1991 un putsch manqué a lieu à Moscou, qui aboutit à l’explosion de l’URSS. Éclipsé au même titre que les autres dirigeants soviétiques réformateurs, M. Chevardnadze réapparaît néanmoins très rapidement en Géorgie en mars 1992, au poste de président du Conseil de sécurité, alors que la république sombre dans la guerre civile. L’indépendance a exacerbé les tendances séparatistes en Abkhazie et en Ossétie du Sud, et des combats font rage avec les partisans du président renversé Zviad Gamsakhourdia. L’Abkhazie, l’ancienne riviera soviétique sur la mer Noire, gagne une indépendance de fait au terme d’une guerre civile qui fera plusieurs milliers de morts. M. Chevardnadze, qui n’a pas hésité à apparaître en treillis lors du conflit, fait alors plus que jamais figure de dernier recours à Tbilissi. «Le pays était dans un état de chaos absolu, c’est une réussite immense, un miracle même» de l’avoir préservé de l’explosion, affirme un diplomate occidental.
Le président de la Géorgie Edouard Chevardnadze, 72 ans, est un patriarche de la politique géorgienne et soviétique, qui s’est fait le garant incontournable de la stabilité de la petite république du Caucase. Ancien membre du Politburo soviétique, ministre des Affaires étrangères de l’URSS au temps de la Perestroïka, revenu au pouvoir après l’indépendance dans une Géorgie au bord de l’explosion, le vieil homme à la chevelure blanche a frôlé la mort dans plusieurs attentats, mais a réussi à s’imposer comme l’un des leaders majeurs du Caucase. Ancien apparatchik auréolé d’une réputation de démocrate, raffiné mais capable d’accès de rudesse, il a su maintenir depuis son élection à la présidence en 1995 l’indépendance de la Géorgie, a tenté d’y établir un État de droit et une économie...