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Actualités - Reportages

C'est jeune ... Roger Moukarzel : profession reporter (photo)

Nom : Moukarzel Prénom : Roger Date de naissance : 01- 09- 1962 Signe particulier : il tire plus vite que son ombre ! Roger Moukarzel est un tireur d’élite au visage imperturbable qui sait d’un seul regard, puis d’un seul geste, capter l’instant, le mouvement, la couleur, les retenir et les imprimer sur du papier glacé brusquement réchauffé d’émotions. Même au soleil, il tire plus vite que son ombre. Son arme, un appareil photo, ses victimes, des mannequins, des top models, des hommes de religion, tous les monsieurs-Tout-le -monde et les monsieurs-personne qui ont cette petite chose en plus, une expression, un détail qui font toute la différence. Son appareil photo devient alors une palette de couleurs, un instrument magique qui permet à l’instantané de durer toute une éternité. Déformation de cœur, déformation professionnelle, Roger Moukarzel regarde et voit l’instant à travers son objectif, gros plans sur la vie, le monde, plan large sur des paysages et des moments. Il cerne bien ses cibles et les cadre pour en faire un beau livre d’images. Sa première photo, il l’a prise à l’âge de 12 ans, l’envie d’immortaliser la maison familiale de Beït Chébab lui chatouillant les yeux et les doigts. Il emprunte l’appareil de son aîné et vole des photos mille fois imaginées dans sa tête d’enfant – qui sait déjà ce qu’il veut faire – et se déclare officiellement photographe amateur. Il se met alors à saisir les atmosphères de sa vie quotidienne, lieux, acteurs, s’imprégnant de certains personnages, premiers modèles, comme Abou Georges, le berger du village, qui fut à 90 ans le fidèle compagnon de Roger et qui lui enseigna l’essentiel, les plaisirs simples de la vie et, sans doute, l’art et l’envie de réussir des portraits. C’est ainsi que l’adolescent démarre – sans le savoir – sa précoce vie professionnelle dans le reportage et le journalisme, réimprimant et distribuant des images fortement imprimées dans son esprit, influencé par son père Richard, journaliste et propriétaire du journal al-Dabbour, qui lui enseigna l’impact de l’image. Le noir et blanc devient alors sa couleur préférée. Trois ans plus tard, l’amateur sacré professionnel vend son premier reportage de guerre, une guerre ensorcelante pour ce chasseur d’images. La passion devient très vite un métier passionnant, le témoignage quotidien d’une folie devenue ordinaire. L’ivresse de la violence engendrant une ivresse d’images, il faudra beaucoup de force pour que ce spectateur de la cruauté ne se laisse pas enfermer dans un cercle vicieux et garder intacte sa sensibilité visible à l’œil nu. Roger aura réussi à retenir de cette expérience des leçons de vie et de métier pour mieux avancer et sans doute s’en éloigner. Gros plan sur une carrière réussie Une des apostrophes de sa vie professionnelle – c’est ainsi qu’il qualifie ces arrêts sur image – sera une parenthèse de quelques années où Roger fait des études en business. Il fallait bien faire quelque chose, garder les pieds sur terre, ne pas quitter la photo de groupe. Mais très vite, ce solitaire retrouve ses sentiers battus, son itinéraire personnel. Il rejoint l’agence Sigma à qui il distribue régulièrement des témoignages de nos déchirures internes, le rouge venant insidieusement éclabousser le noir et blanc et assombrir les regards. Ses photos feront le tour du monde et la une de nombreux magazines internationaux, Time Magazine, Newsweek, Paris Match dont il fera une couverture à l’occasion de ses 40 ans. Reuters, l’agence de presse, l’attend. Il en deviendra un «membre actif», poursuivant sa propre guerre. Arrivé au bout de son périple, il abandonne les armes et les images endeuillées et part en France changer d’univers, retrouver la sérénité d’un paysage paisible, se réconcilier enfin avec la couleur. Il aborde les photos de mode en parfait journaliste – les bords de mer et les paysages insolites remplaçant les fronts de guerre – en collaborant avec le magazine Elle Europe. La touche de Roger le trahit. Un cadrage personnel, le mouvement privilégié, une lumière très simple et surtout l’instantané, valeur essentielle pour lui. Les lieux immobiles, les êtres figés ne l’intéressent pas. Il recherche la vie – quoi de plus normal après avoir côtoyé la mort et les morts de si près –, une certaine énergie, un rideau qui vole, une ombre qui passe. En une fraction de seconde, en un clin d’œil, un clic enchanteur, la magie opère. Le quotidien pénètre le carré de l’image immobile et devient une histoire. Roger poursuit également ses recherches personnelles qui le mènent exactement là où il voudrait arriver. Les plus récentes ont été exposées en 1998 au centre-ville et réunies dans un livre, Trait portait, paru en décembre 99. Roger, paparazzi respectable, a pourchassé durant deux ans – avec tout le respect qu’il leur doit – les hommes de religion, toutes les religions, du Liban. Résultat de la chasse, 1 200 photos, travaillées pour la plupart avec une lumière naturelle, le souci premier de ce voleur d’images étant de rester fidèle à ce que ses yeux ont pu voir et apprécier, être fidèle à des personnes qui se sont offertes à lui et surtout demeurer fidèle à lui-même et sa morale. Dans son grand studio, des murs en noir et blanc, comme il le décrit, des campagnes publicitaires se créent, des commandes pour différentes revues locales et étrangères. Avec ses sept collaborateurs, il continue d’évoluer dans un désordre apprivoisé afin de pouvoir continuer à transformer un ordinaire en extraordinaire. À la question-piège rituelle – dont il arrive à échapper – il répond : «Je n’ai pas de photo préférée, mais une photo que j’ai envie de mieux faire. Et toutes celles que je n’ai pas encore faites. Je cadre tout le temps dans ma tête. C’est ma vie. Si je ne regarde pas le monde “en photo”, je deviens un épicier !».
Nom : Moukarzel Prénom : Roger Date de naissance : 01- 09- 1962 Signe particulier : il tire plus vite que son ombre ! Roger Moukarzel est un tireur d’élite au visage imperturbable qui sait d’un seul regard, puis d’un seul geste, capter l’instant, le mouvement, la couleur, les retenir et les imprimer sur du papier glacé brusquement réchauffé d’émotions. Même au soleil, il tire plus vite que son ombre. Son arme, un appareil photo, ses victimes, des mannequins, des top models, des hommes de religion, tous les monsieurs-Tout-le -monde et les monsieurs-personne qui ont cette petite chose en plus, une expression, un détail qui font toute la différence. Son appareil photo devient alors une palette de couleurs, un instrument magique qui permet à l’instantané de durer toute une éternité. Déformation de cœur,...