L’idée d’un sommet entre l’Union européenne et l’Afrique est née il y a 4 ans, mais sa concrétisation a été laborieuse, surtout en raison des modalités de la participation du Maroc, pays en conflit avec l’Organisation de l’unité africaine (OUA) sur le Sahara occidental. C’est en 1996 que l’un des quinze États membres de l’UE, le Portugal, propose que les liens historiques et privilégiés existant entre l’Europe et l’Afrique aboutissent à un sommet des chefs d’État et de gouvernement des Quinze et des 53 pays africains. L’idée est bien accueillie des deux côtés de la Méditerranée et de premiers pourparlers informels sont rapidement engagés. Les Africains proposent que le sommet soit préparé et organisé dans le cadre de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), mais les Européens expriment le souhait que l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en soit le maître d’œuvre. Ce choix va s’avérer source de conflit, puisqu’il pose la question de la participation du Maroc et de l’ancienne colonie espagnole du Sahara occidental, située au sud du royaume chérifien. Le Maroc revendique ce territoire où un mouvement nationaliste, le Front Polisario, se bat pour l’indépendance. En 1976, les nationalistes du Polisario proclament la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui est admise à l’OUA dont le Maroc décide alors de se retirer. L’OUA étant responsable de l’organisation du sommet côté africain, cela signifie théoriquement que la RASD y participera, mais pas le Maroc : pour les Quinze, il est hors de question d’envisager un sommet Europe-Afrique sans un pays avec lequel ils ont des liens étroits. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont le pays a toujours soutenu la RASD et qui est actuellement président en exercice de l’OUA, jouera un rôle-clé pour dénouer cet épineux problème : il usera de son influence pour dissuader les représentants sahraouis d’assister au sommet, afin de permettre aux Marocains de venir au Caire. La voie semblait dès lors ouverte pour que le sommet se déroule dans de bonnes conditions. Mais d’autres difficultés hypothéquant sa tenue ont surgi lors des réunions préparatoires qui se sont déroulées en 1999, notamment sur l’ordre du jour et les thèmes devant être abordés au Caire. Initialement, la partie européenne voulait que la rencontre soit essentiellement consacrée aux questions politiques – prévention des conflits, droits de l’homme, démocratie, bonne gestion des affaires publiques – alors que la partie africaine estimait que seules les questions économiques, sociales et de développement devaient dominer le sommet. Au fil des rencontres préparatoires, Européens et Africains ont finalement convenu que l’ensemble de ces thèmes pourrait être abordé au Caire, mais jusqu’à la veille du sommet, les discussions se poursuivront pour savoir quelle place accorder à chacun d’eux dans la déclaration et le plan d’action qui doivent être adoptés par les chefs d’État et de gouvernement. La partie africaine souhaite que ses préoccupations économiques, notamment concernant l’allègement ou l’annulation de la dette des plus pauvres, figurent en bonne place dans les textes du Caire. Les Quinze, sans sous-estimer l’importance de ces questions, tiennent à mettre en avant l’idée que sans démocratie et sans gestion saine des administrations publiques, il ne peut pas y avoir de développement durable en Afrique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’idée d’un sommet entre l’Union européenne et l’Afrique est née il y a 4 ans, mais sa concrétisation a été laborieuse, surtout en raison des modalités de la participation du Maroc, pays en conflit avec l’Organisation de l’unité africaine (OUA) sur le Sahara occidental. C’est en 1996 que l’un des quinze États membres de l’UE, le Portugal, propose que les liens historiques et privilégiés existant entre l’Europe et l’Afrique aboutissent à un sommet des chefs d’État et de gouvernement des Quinze et des 53 pays africains. L’idée est bien accueillie des deux côtés de la Méditerranée et de premiers pourparlers informels sont rapidement engagés. Les Africains proposent que le sommet soit préparé et organisé dans le cadre de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), mais...