Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les sacrifices humains

«Jusqu’ici le sacrifice phénicien n’a rien qui le distingue du sacrifice des Sémites en général, mais il faut malheureusement et sans conteste lui attribuer en outre l’horrible tare des sacrifices humains. Le sacrifice des premiers-nés était de pratique courante chez les Cananéens, présémites de la haute antiquité. Les fouilles de Gézer sont convaincantes à cet égard ; on y a retrouvé des débris d’os d’enfants à demi consumés déposés dans les fondations des maisons. Les Phéniciens conservèrent cette coutume jusqu’à une époque avancée. Philon nous rapporte qu’il était d’usage lors des grands dangers publics qu’on sacrifiât les enfants les plus chéris pour écarter les calamités ; en temps ordinaire, on pouvait substituer un animal à la victime. La mythologie justifiait cette barbare coutume par un exemple vénérable : à l’occasion d’une peste, Kronos immola, dit-on, et brûla en l’honneur de son père Ouranos son fils unique. Diodore nous atteste pour une plus tardive époque qu’après la victoire des Carthaginois sur Agathoclès, en 307 av. J-C, les prisonniers furent immolés sur l’autel. Il y a peut-être là moins sacrifice qu’application de la mesure appelée le herem ou interdit qui avait pour conséquence en Israël le massacre des prisonniers sur lesquels on prononçait cette sentence. Où il s’agit bien de sacrifices humains, c’est, par exemple, lors de l’immolation de deux cents enfants en Sicile, rapportée par Diodore. Le rapport étroit qui existe entre Baal-Ammon de Carthage et Melqart de Tyr, et que les anciens ont bien compris lorsqu’ils qualifiaient ces baals du nom de Moloch (nous trouvons sur les cylindres-cachets le nom de ce dieu sous la forme Malak), est attesté par la coutume des sacrifices humains à ces dieux. Tertullien nous assure que de son temps (IIIe siècle av. J-C) on continuait encore à leur sacrifier en secret. Dans les fouilles récentes de Kafer-Djarra, vieux site cananéen, on a recueilli une urne renfermant des ossements d’enfants. L’urne était placée sous un dallage, au pied d’un fragment de muraille. Il s’agit là vraisemblablement, non plus d’une sépulture, mais d’un sacrifice de fondation. «La civilisation phénicienne» 1928
«Jusqu’ici le sacrifice phénicien n’a rien qui le distingue du sacrifice des Sémites en général, mais il faut malheureusement et sans conteste lui attribuer en outre l’horrible tare des sacrifices humains. Le sacrifice des premiers-nés était de pratique courante chez les Cananéens, présémites de la haute antiquité. Les fouilles de Gézer sont convaincantes à cet égard ; on y a retrouvé des débris d’os d’enfants à demi consumés déposés dans les fondations des maisons. Les Phéniciens conservèrent cette coutume jusqu’à une époque avancée. Philon nous rapporte qu’il était d’usage lors des grands dangers publics qu’on sacrifiât les enfants les plus chéris pour écarter les calamités ; en temps ordinaire, on pouvait substituer un animal à la victime. La mythologie justifiait cette barbare coutume...