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Actualités - Chronologie

Le culte d'Ashtart

«Les deux grandes villes du nord de la Phénicie adoraient en première ligne non plus des Baal mais des Baalat, forme féminine du mot, baal qu’on peut traduire par “dame, maîtresse”. À Beyrouth, c’est la Baalat Beirout, c’est-à-dire la “dame de Beyrouth” sur laquelle nous sommes peu renseignés; nous savons cependant par le poète Nonnus du Ve siècle de notre ère qu’Adonis voulut en vain s’emparer de la nymphe Beirout et que le vainqueur de cette rivalité fut un baal marin; à Gebal, c’est la “dame” de Gebal ou Ashtart. Telle est du moins la prononciation qui paraît la plus correcte; elle est assurée par les lettres d’El-Amarna ainsi que par la transcription grecque : Astarté. La prononciation Ashtoret a une origine arbitraire. La langue hébraïque n’écrivait que les consonnes et la prononciation n’était donc transmise que par tradition. Au VIe siècle de notre ère, une école de-rabbins (les Massorètes) résolut de suppléer à cette infirmité de la langue et sans toucher à l’aspect même des mots de la Bible, d’inscrire grâce à un système conventionnel de points les voyelles au-dessus et au-dessous des consonnes. Pour les noms propres, la tradition a produit de grandes altérations dans leur vocalisation; pour ceux des divinités, les modifications sont plus graves, car les Massorètes imaginèrent d’appliquer aux noms des divinités païennes, que leur zèle religieux leur faisait détester, les voyelles «o, e» du mot hébreu «boshet» qui signifié : abomination. De cette façon Ashtart devint Ashtoret, mais ce n’était pas le nom qu’on lisait; la présence des voyelles «o, e» avertissait de remplacer le nom d’Ashtart par Boshet, lorsqu’on avait à le prononcer. C’est, comme dans toute l’Asie occidentale, la personnification de la fécondité, la déesse de la maternité et de la fertilité, la déesse-mère. En Assyro-Babylonie, elle réunissait à ces caractères celui de déesse des batailles, mais jamais ces représentations n’étaient confondues; c’étaient deux aspects divins bien nets, dont les images étaient différentes. En Phénicie, le premier aspect prévaut. Son culte est attesté par de nombreuses inscriptions; pour les Grecs, la déesse est Aphrodite, mais sa nature est tellement compréhensive qu’elle a été considérée également sous d’autres formes, par exemple en Rhéa, Cybèle... C’est aussi la grande Déesse syrienne dont nous entretient Lucien dans son traité De dea Syria. Je passe sous silence nombre de dieux obscurs du panthéon phénicien qui ne nous sont connus que par une simple inscription. Ceux que nous venons de signaler comme prépondérants dans telle ou telle ville n’étaient cependant pas les seuls à recevoir un culte. Sidon, à côté d’Eshmun, adorait Ashtart que la Bible qualifie de déesse des Sidoniens, et dont les rois et les reines de la ville étaient prêtres et prêtresses. Dans la banlieue de la ville, l’Ashtart lascive reprenait ses droits; on voit à Maghdoushé, près de Sidon, les grottes qui lui étaient consacrées».
«Les deux grandes villes du nord de la Phénicie adoraient en première ligne non plus des Baal mais des Baalat, forme féminine du mot, baal qu’on peut traduire par “dame, maîtresse”. À Beyrouth, c’est la Baalat Beirout, c’est-à-dire la “dame de Beyrouth” sur laquelle nous sommes peu renseignés; nous savons cependant par le poète Nonnus du Ve siècle de notre ère qu’Adonis voulut en vain s’emparer de la nymphe Beirout et que le vainqueur de cette rivalité fut un baal marin; à Gebal, c’est la “dame” de Gebal ou Ashtart. Telle est du moins la prononciation qui paraît la plus correcte; elle est assurée par les lettres d’El-Amarna ainsi que par la transcription grecque : Astarté. La prononciation Ashtoret a une origine arbitraire. La langue hébraïque n’écrivait que les consonnes et la prononciation...