American Beauty est une satire féroce et grinçante du matérialisme américain, vu à travers le microcosme d’un couple apparemment sans histoires, dans une banlieue aisée de l’Amérique moyenne. Premier long-métrage du Britannique Sam Mendes, venu du théâtre, American Beauty raconte l’histoire d’une famille à problèmes, désertée par l’amour. Mais derrière la tyrannie des apparences se cachent en réalité frustrations, haines, fantasmes et violences refoulées... Cette «épopée de la vie domestique», comme l’appelle Sam Mendes, est aussi «un conte, un mythe, sur l’histoire d’un homme en route vers sa rédemption». Lester Burnham (Kevin Spacey), publiciste quadra, vit avec Carolyn (Annette Bening), agent immobilier tirée à quatre épingles, dans un joli pavillon de banlieue, avec leur fille, ado rebelle, Jane (Thora Birch). Mais Lester, englué dans la léthargie d’une vie morne, disjoncte le jour où il aperçoit Angela (Mena Suvari), une Lolita blonde, amie de sa fille. S’ensuit un réveil brutal qui coïncide avec l’arrivée de nouveaux voisins, un ex-colonel des Marines (Chris Cooper), sa femme autiste et leur étrange rejeton Ricky (Wes Bentley). Finalement, Lester décidera d’envoyer tout valser, son boulot, sa famille, les conventions sociales. Retombant dans une sorte d’adolescence à rebours, il redécouvre, au milieu des volutes de marijuana et sur fond de musique des Pink Floyd, l’appel du désir et le sentiment de formidable liberté de ceux qui n’ont plus rien. La vraie beauté «Il lutte avec des sentiments longtemps restés enfouis mais qui se sont soudain réveillés», explique Kevin Spacey. «Ce n’est pas tant une crise existentielle qu’une sorte de renaissance. Il commence à réaliser combien la vie est précieuse». Angela est cette «beauté américaine», mais le film écrit par Alan Ball semble aussi suggérer une autre beauté, intérieure et cachée celle-là. «Un des thèmes du film, ce sont les préjugés que nous avons sur les choses. Mais la vérité est souvent quelque chose que nous ne soupçonnons pas», explique le scénariste. «La vraie beauté est peut-être là où on l’attend le moins». Avec son souci de ne rien éluder, ses scènes crues – le film débute par une scène de masturbation sous la douche –, son ton caustique et dérangeant, cette critique sociale féroce, servie par une interprétation remarquable, est l’un des films les plus originaux réalisés ces dernières années. La critique ne s’y est pas trompée, qui a encensé le film. Pas plus que le public, qui a plébiscité le film en dépit d’une conclusion peu amène pour les Américains eux-mêmes. Pour Dreamworks, le seul studio ayant accepté de produire ce film, dont tout le monde avait rejeté le scénario jugé pas assez commercial, American Beauty est sûrement le film le plus rentable, ayant déjà amassé 100 millions de dollars sur le marché nord-américain et le double à l’étranger, où il vient de commencer sa carrière. La clé du succès d’«American Beauty» est qu’«il parle tout haut de choses que beaucoup de gens pensent tout bas», estime Kevin Spacey. «Les gens s’y reconnaissent et y reconnaissent aussi le monde dans lequel ils vivent».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats American Beauty est une satire féroce et grinçante du matérialisme américain, vu à travers le microcosme d’un couple apparemment sans histoires, dans une banlieue aisée de l’Amérique moyenne. Premier long-métrage du Britannique Sam Mendes, venu du théâtre, American Beauty raconte l’histoire d’une famille à problèmes, désertée par l’amour. Mais derrière la tyrannie des apparences se cachent en réalité frustrations, haines, fantasmes et violences refoulées... Cette «épopée de la vie domestique», comme l’appelle Sam Mendes, est aussi «un conte, un mythe, sur l’histoire d’un homme en route vers sa rédemption». Lester Burnham (Kevin Spacey), publiciste quadra, vit avec Carolyn (Annette Bening), agent immobilier tirée à quatre épingles, dans un joli pavillon de banlieue, avec leur fille, ado rebelle,...