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Actualités - Chronologie

Plutôt les stars

Nouveaux venus et «vieux pros» de la pellicule se disputent cette année les Oscars d’interprétation qui seront décernés dimanche soir à Los Angeles, mais l’histoire montre que l’Académie des arts et des sciences du cinéma préfère généralement les stars confirmées. Quel acteur ou actrice n’a secrètement rêvé de devenir membre du club des Oscars, le plus exclusif sans doute de toute la profession, avec pour marque d’adhésion une petite statuette dorée remise devant un milliard de téléspectateurs chaque année ? Avec son assortiment de stars et de jeunes premiers totalement inconnus ou presque, l’édition 2000 des Oscars promet d’être l’une des plus ouvertes de ces dernières années. Rien n’incarne mieux d’ailleurs cette dichotomie des générations que les sept décennies qui séparent le plus vieux des nominés Richard Fansworth, 79 ans, du plus jeune, Haley Joel Osment, 11 ans. «J’espère pouvoir continuer à être un acteur toute ma vie jusqu’à ce que je sois aussi vieux que lui», lâche, en souriant, le petit blondinet. En dépit de son jeune âge, Osment n’est pas le plus jeune nominé de l’histoire des Oscars. Cet honneur revient au petit Justin Henry, distingué à huit ans pour son rôle dans Kramer contre Kramer (1979). À l’autre extrême, remarqué pour son rôle de septuagénaire dans The Straight Story, Richard Fansworth, qui a soufflé 79 chandelles, est le plus vieux nominé dans la catégorie meilleur acteur, après une carrière commencée en 1938. Mais dans cette catégorie, deux géants confirmés dominent sans l’ombre d’un doute la compétition : Kevin Spacey et Denzel Washington. Le premier a déjà reçu l’Oscar du meilleur second rôle masculin en 1995 et le deuxième en est à sa quatrième nomination. Meryl Streep, le commandeur Chez les dames, Meryl Streep semble une figure du commandeur avec ses douze nominations et déjà deux statuettes dorées, mais les électeurs de l’Académie pourrait lui préférer une autre familière de Hollywood, Annette Bening (American Beauty), 41 ans, et déjà une solide carrière derrière elle. À moins qu’ils ne décident de récompenser la performance choc d’une inconnue, Hilary Swank (Boys Don’t Cry), 25 ans. Reste que le talent pur n’est pas forcément le sésame magique. Le fait d’avoir été nominé plusieurs fois, une carrière solide, de bonnes manières et le respect de ses pairs, sont des atouts tout aussi importants. «L’académie aime le professionnalisme sérieux et distingué. Ils veulent des hommes qui ont de la dignité et des femmes qui ont de la décence», remarque le critique David Thomson. Issus de toutes les branches de la profession (acteurs, producteurs, réalisateurs, agents, scénaristes, etc), les 5 600 membres votants de l’Académie des arts et des sciences forment d’ailleurs un groupe assez âgé et plutôt conservateur dans ses choix. «La moyenne d’âge des membres doit être d’au moins 111 ans ! Il s’agit d’une classe dirigeante très embourgeoisée et composée de très vieux électeurs», souligne un de ses membres, l’agent Marty Bauer. Résultat : la consécration arrive rarement jeune. Une étude récente réalisée par des chercheurs de l’Université Pace et publiée dans la revue Psychology Reports montrait ainsi que les acteurs honorés par un Oscar sont âgés en moyenne de 45,6 ans contre 40,3 pour les actrices. Pour les seconds rôles, la notoriété frappe encore plus tardivement : à 51,9 ans pour les acteurs et 41,8 pour les actrices. «L’Académie respecte le talent et la volonté de prendre des risques», nuance le producteur David Foster. «Mais, ajoute-t-il aussitôt, n’oubliez pas que les électeurs de l’académie sont des gens un peu coincés et ils apprécient les gens qui apportent une touche de classe à la profession».
Nouveaux venus et «vieux pros» de la pellicule se disputent cette année les Oscars d’interprétation qui seront décernés dimanche soir à Los Angeles, mais l’histoire montre que l’Académie des arts et des sciences du cinéma préfère généralement les stars confirmées. Quel acteur ou actrice n’a secrètement rêvé de devenir membre du club des Oscars, le plus exclusif sans doute de toute la profession, avec pour marque d’adhésion une petite statuette dorée remise devant un milliard de téléspectateurs chaque année ? Avec son assortiment de stars et de jeunes premiers totalement inconnus ou presque, l’édition 2000 des Oscars promet d’être l’une des plus ouvertes de ces dernières années. Rien n’incarne mieux d’ailleurs cette dichotomie des générations que les sept décennies qui séparent le plus...