La qualité de la construction est essentielle pour faire face à un violent séisme, ont insisté les scientifiques tout au long d’une séance consacrée, à l’Académie française des sciences, aux enseignements à tirer notamment des récents tremblements de terre en Turquie et à Taïwan. Tout en ayant eu des conséquences lourdes puisque 2 400 Taïwanais ont péri dans le séisme qui a frappé, le 21 septembre 1999, le district de Taichung, ce bilan est bien moins grave que celui de Turquie où, un mois plus tôt, le 17 août, une secousse a fait plus de 20 000 morts près d’Izmit. Les deux séismes étaient pourtant comparables, tant par leur importance (magnitude 7,6 sur l’échelle de Richter pour le premier, 7,4 pour le second) que par leur origine : mouvement de chevauchement de plaques tectoniques. Pour Jacques Angelier, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, à Paris, c’est surtout le séisme de Chichi (la ville taïwanaise proche de l’épicentre), survenu sur la faille de Chelungpu, qui est exemplaire. Cette île dispose d’un réseau très dense d’appareils de mesure, qui a fait de cette catastrophe naturelle «l’un des séismes les mieux instrumentés de l’histoire». «Du point de vue de l’évaluation des risques, a-t-il poursuivi, l’étude de ce séisme souligne l’importance de la prévention, c’est-à-dire de l’amélioration de la construction et plus précisément de la réponse mécanique des installations aux accélérations. Les mouvements du sol ont atteint, en une seconde, une vitesse de 36 km/h, causant des dégâts dus aux vibrations ou à l’action de la faille, qui a brusquement créé des escarpements de six à sept mètres». Résultat : maisons basculées ou cisaillées, une esplanade transformée en plateaux à deux niveaux, mais aussi un barrage faiblement endommagé «grâce à sa construction excellente». Dans l’ensemble, l’écroulement d’édifices a été l’exception, selon le scientifique français, si ce n’est dans les cas où les normes n’étaient pas respectées, comme pour un immeuble qui s’est effondré car ses poutres en béton renfermaient de vieux bidons d’huile... Les bâtiments scolaires ont également très mal résisté, en raison de la taille des salles et des ouvertures. «Cela signifie que si le séisme ne s’était pas produit à deux heures du matin, le nombre de victimes aurait été autrement plus important», a relevé le Pr Angelier. La prévention générale passe évidemment d’abord par une meilleure connaissance du phénomène sur le long terme. La science moderne dispose d’outils de plus en plus efficaces qui permettent de suivre le moindre mouvement de croûte terrestre, dont les satellites d’observation de la Terre et les systèmes de localisation par satellites GPS. En outre, sur le terrain, les scientifiques parviennent aujourd’hui à interpréter les infimes traces du fonctionnement des failles sismiques à des périodes très reculées, en examinant, par exemple, le déplacement de lits de rivières repérables par des dépôts de galets qui peuvent être datés par une analyse isotopique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La qualité de la construction est essentielle pour faire face à un violent séisme, ont insisté les scientifiques tout au long d’une séance consacrée, à l’Académie française des sciences, aux enseignements à tirer notamment des récents tremblements de terre en Turquie et à Taïwan. Tout en ayant eu des conséquences lourdes puisque 2 400 Taïwanais ont péri dans le séisme qui a frappé, le 21 septembre 1999, le district de Taichung, ce bilan est bien moins grave que celui de Turquie où, un mois plus tôt, le 17 août, une secousse a fait plus de 20 000 morts près d’Izmit. Les deux séismes étaient pourtant comparables, tant par leur importance (magnitude 7,6 sur l’échelle de Richter pour le premier, 7,4 pour le second) que par leur origine : mouvement de chevauchement de plaques tectoniques. Pour Jacques...