Le tout-puissant Kuomintang subit une défaite historique
le 20 mars 2000 à 00h00
Le Kuomintang (KMT), parti qui a dominé Taïwan pendant un demi-siècle, lui apportant démocratie et prospérité, a subi une défaite historique après la victoire de l’opposition à la présidentielle. Son candidat, le vice-président Lien Chan, n’a terminé que troisième dans la course à la présidence, loin derrière le président élu. Pire, il termine derrière un candidat indépendant, transfuge du KMT, James Soong. La division du parti entraînée par la candidature de M. Soong lui a incontestablement coûté cher. «Je prie le peuple et les membres du parti qui m’ont apporté leur soutien de m’excuser. Je n’ai pas été à la hauteur de vos attentes», a concédé M. Lien. Le vieux parti nationaliste a payé le prix de l’usure du pouvoir et subi de plein fouet les attaques des autres candidats, condamnant son immobilisme et sa corruption supposée. Le cri de ralliement de l’opposition, «pien tien» (changement de ciel), a eu raison de sa toute-puissance tout au long d’une campagne qui a rencontré le désir de réformes des Taïwanais. Le président Lee Teng-hui avait pourtant à son crédit la démocratisation de l’île qu’il a menée tout au long de ses douze années à la présidence. Mais il a aussi été perçu comme le protecteur d’intérêts financiers et l’artisan d’une politique de connivence avec les milieux affairistes, baptisée à Taïwan «politique de l’or noir». Le KMT est considéré comme le parti politique le plus riche du monde, avec des avoirs estimés à quelque 200 milliards de dollars taïwanais (6,15 milliards de dollars US). La chute du Kuomintang ouvre une ère nouvelle pour ce parti désormais dans l’opposition, mais aussi pour le peuple taïwanais qui n’a pas connu d’autre maître en politique depuis l’arrivée sur l’île de Chiang Kai-shek en 1949, après la victoire des forces communistes à Pékin. Chiang, considéré comme un dictateur, a jeté les bases de la prospérité économique de la «République de Chine» avant de mourir en 1975, sans avoir réalisé son rêve de reconquête de la Chine continentale. Son fils Chiang Ching-kuo lui a succédé, ouvrant une période réformiste. Il a levé la loi martiale en 1987 et rétabli la liberté d’expression et de l’assemblée. À sa mort, c’est le vice-président Lee Teng-hui qui lui succède, en prenant également les fonctions de président du Kuomintang. Cette concentration de pouvoirs lui a permis de lancer des réformes constitutionnelles qui lui ont valu le titre de «Monsieur Démocratie» par la presse étrangère. Cela n’a pas empêché des centaines de personnes de se rassembler sous ses fenêtres pour réclamer sa démission. En 1996, il remporte la première élection présidentielle démocratique, rendue possible par ses réformes. Mais très vite, l’étoile du KMT a pâli et les premières défaites électorales, locales, ont commencé il y a trois ans.
Le Kuomintang (KMT), parti qui a dominé Taïwan pendant un demi-siècle, lui apportant démocratie et prospérité, a subi une défaite historique après la victoire de l’opposition à la présidentielle. Son candidat, le vice-président Lien Chan, n’a terminé que troisième dans la course à la présidence, loin derrière le président élu. Pire, il termine derrière un candidat indépendant, transfuge du KMT, James Soong. La division du parti entraînée par la candidature de M. Soong lui a incontestablement coûté cher. «Je prie le peuple et les membres du parti qui m’ont apporté leur soutien de m’excuser. Je n’ai pas été à la hauteur de vos attentes», a concédé M. Lien. Le vieux parti nationaliste a payé le prix de l’usure du pouvoir et subi de plein fouet les attaques des autres candidats, condamnant son...
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