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Actualités - Chronologie

Les films à la télé Beaucoup de traumatismes affectifs

Ils en ont des problèmes les personnages des films qui vous sont proposés : un policier en mal avec sa femme «Cop», un savant déboussolé par la mort de son épouse «Creator», un adolescent inhibé qui se défoule à la radio «Pump up the Volume», deux évadés en cavale «Runaway Train», un vétéran du Vietnam traumatisé par la mort d’un camarade «Jacknife», une tête brûlée qui s’enfuit avec la fiancée de son frère «Feeling Minnesota» et, pour clôturer le tout, un tueur obsédé par les sept péchés capitaux dans «Seven». Transfuge du vidéo-clip et émule d’Hitchcock, David Fincher appartient à la jeune garde du cinéma hollywoodien d’aujourd’hui, après avoir signé le volet 3 de la saga Alien, l’intrigant The Game et le controversé Fight Club, actuellement sur les écrans. Tourné en 1995, Seven reste cependant sa réussite la plus éclatante en même temps que la quintessence du néo-polar, dont il est, avec Bryan Singer, auteur d’Usual Suspects, le plus talentueux représentant. Tant dans le choix d’intrigues complexes que dans cette façon oppressante, mais jamais complaisante, d’aborder la violence. Au risque cependant de choquer les âmes sensibles – autant qu’elles en soient prévenues. S’appuyant sur une ambiance glauque et pluvieuse, Seven nous entraîne ainsi sur les traces sanglantes d’un fou de Dieu qui entend purger la société en se livrant à des crimes atroces, directement inspirés des Sept Péchés capitaux, et dont Fincher va révéler toute l’horreur en en filmant seulement les séquelles. L’après tuerie, dit-il. Ce qui, du même coup, donne un souffle nouveau au thème largement répandu du serial killer par cette façon magistrale de bousculer les codes narratifs. À cette première originalité s’ajoute le principe de la manipulation qui faisait déjà la force d’Usual Suspects. Puisque notre machiavélique meurtrier, dont on taira l’identité, entend aussi, suprême provocation, impliquer dans ses derniers forfaits, l’un basé sur l’envie, l’autre sur la colère, les deux policiers (Brad Pitt et Morgan Freeman) qui se sont lancés à ses trousses. D’où le plus surprenant des dénouements. Diffusion lundi à 21h00 sur LBCI Encore un film policier, lundi soir, réalisé par celui qui fut le producteur de Stanley Kubrick, James B. Harris, et qui s’essaie à la réalisation avec Cop. Titre explicatif: Cop est un policier et il est remarquablement interprété par James Woods qui non seulement doit enquêter à propos d’un meurtre mais doit aussi affronter des problèmes conjugaux. Le film vaut le détour. Diffusion lundi à 22h30 sur Future TV Il y a aussi une bonne part de morbide dans Creator d’Yvan Passner dans lequel Peter O’Toole incarne un personnage dont il est devenu coutumier: celui d’un doux dingue. Il incarne le Dr Walken, un savant, dont la femme est morte en couches. Il décide donc de mettre son savoir au service d’un projet qui lui tient à cœur : faire revivre la défunte. Pour y parvenir, il se lie d’amitié avec une étudiante qui doit accoucher. Il espère ainsi parvenir à effectuer le transfert voulu. Mais voilà qu’il découvre que la jeune femme est la petite amie de son assistant... C’est gentil, sans plus. Cela serait moins drôle si le magnétisme de Peter O’Toole ne contribuait à restituer par moment le climat de folie douce qui prévalait dans le roman de Jeremy Leven, platement adapté. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Chubasco d’Allen H. Miner se déroule dans le milieu des pêcheurs de thons. Le côté documentaire du film vaut mieux que sa trame (le propriétaire d’une flotille découvre que le jeune marin qu’il a pris en affection a épousé sa fille!). Mais il y a aussi le plaisir de retrouver quelques belles figures du cinéma américain, un peu méconnues, comme Richard Egan, Ann Sothern et Audrey Totter. Susan Strasberg et Christopher Jones, les amoureux du film, étaient à l’époque mariés dans la vie... Diffusion mercredi à 22h30 sur Future TV Lors de sa sortie en 1990, Pump up the Volume, d’Allen Moyle, fut interdit aux moins de 18 ans à cause de quelques gros mots de trop. Depuis, on en a entendu plus d’un à l’écran. Mark est un adolescent inhibé, durant la journée. Mais la nuit, il se transforme en animateur, peu fréquentable de radio-pirate qu’il a fabriquée dans sa cave. Harry «la trique» –, insuffle à ses «cherzauditeurs» un vent de liberté à coups d’obscénité, le tout rythmé par une musique hard. Mais un soir, l’un d’eux, au bord du suicide, l’appelle à l’antenne... «Y a-t-il une vie après le lycée?». Cette question existentielle, à la fois ironique et dramatique, qui ouvre le film d’Allan Moyle donne parfaitement le ton d’une comédie adolescente douce-amère qui peut par certains côtés évoquer le célèbre Dead Poets Society de Peter Weir. Dans la lignée des œuvres d’un John Hughes, Allan Moyle nous brosse ici un portrait acide du quotidien des lycéens d’aujourd’hui et sait parfaitement exprimer leur mal de vivre diffus, leur révolte latente et inaboutie contre un avenir incertain. Certains objecteront le trop grand manichéisme du propos (symbolisé par le personnage du proviseur) et la naïveté des solutions esquissées (la libération par le média radiophonique), mais nul ne saura dénier à ce petit film très attachant le mérite d’avoir su dépeindre avec beaucoup d’acuité et de véracité ce malaise universel ressenti par une frange de plus en plus importante de la jeunesse contemporaine. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI C’est un des plus grands cinéastes de notre temps, le Japonais Akira Kurosawa qui eut l’idée du scénario de Runaway Train réalisé par le Russe Andrei Konchalovsky. Considéré comme l’un des plus dangereux détenus du pénitencier de Stonehaven (Alaska), Manny croupit depuis trois ans au cachot lorsqu’un jugement ordonne qu’il soit transféré dans une cellule normale. Le gardien-chef, Ranken, qui lui voue une haine totale, est furieux et menace de le tuer à la moindre tentative d’évasion. Mais Manny ne répond pas à la provocation. Sournois, Ranken charge alors l’un des détenus de poignarder Manny qui s’en sort avec une blessure et un séjour à l’infirmerie. Un prisonnier, Buck, qui lui manifeste une grande admiration, aide Manny à s’en évader en passant par les égouts. Ils savent que la mort les attend en cas d’échec. Et c’est par un froid sibérien qu’ils atteignent une petite gare d’où s’apprête à partir un convoi... Figure-clé de la nouvelle vague soviétique, Konchalovsky a parfaitement assimilé les canons hollywoodiens et filmé en virtuose cette histoire de train fou. Un récit âpre et lyrique. Un rôle de jeunesse aussi pour Rebecca DeMornay. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Jacknife de David Jones est une adaptation d’une pièce de théâtre de Stephen Mtcalfe. Les origines théâtrales de l’œuvre sont évidentes mais l’interprétation est tellement remarquable qu’on ne regrette pas que le cinéma soit sacrifié au profit de l’histoire. David est un ancien du Vietnam qui vit avec sa sœur Martha. Il n’a pas réussi à surmonter le syndrome de la guerre et se retrouve très souvent dans un état de totale dépression. C’est alors qu’un camarade des mauvais jours, Joseph Megs, arrive pour lui rendre visite. Il va l’aider à remonter la pente, en ravivant le souvenir de leur meilleur ami tué sur le front, tout en touchant Martha qui s’était, quant à elle, fermée à l’amour... Robert De Niro, Ed Harris et Kathy Baker sont tout simplement fabuleux et l’histoire touchante par sa simplicité. Diffusion samedi à minuit sur LBCI Et terminons avec Feeling Minnesota. Les ploucs du Minnesota sont à la mode, mais ce polar parodique signé Steven Baigelman est loin de valoir l’ahurissant Fargo, de Joel Coen. On y assiste au pugilat dérisoire de deux frères, l’un comptable miteux (Vincent D’Onofrio), l’autre délinquant tête brûlée (Keanu Reeves). Au sens propre, ils se déchirent à belles dents pour les beaux yeux d’une strip-teaseuse (Cameron Diaz). D’où de fastidieuses variations sur le thème sempiternel du cadavre encombrant, puis évaporé. Pourquoi pas, dira-t-on... Encore faudrait-il que ce soit traité avec un minimum d’invention et d’humour. Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
Ils en ont des problèmes les personnages des films qui vous sont proposés : un policier en mal avec sa femme «Cop», un savant déboussolé par la mort de son épouse «Creator», un adolescent inhibé qui se défoule à la radio «Pump up the Volume», deux évadés en cavale «Runaway Train», un vétéran du Vietnam traumatisé par la mort d’un camarade «Jacknife», une tête brûlée qui s’enfuit avec la fiancée de son frère «Feeling Minnesota» et, pour clôturer le tout, un tueur obsédé par les sept péchés capitaux dans «Seven». Transfuge du vidéo-clip et émule d’Hitchcock, David Fincher appartient à la jeune garde du cinéma hollywoodien d’aujourd’hui, après avoir signé le volet 3 de la saga Alien, l’intrigant The Game et le controversé Fight Club, actuellement sur les écrans. Tourné en 1995, Seven...