L’alliance entre l’américain General Motors et l’italien Fiat, premier et septième constructeur automobile mondiaux, devrait marquer une nouvelle étape dans la concentration de l’industrie automobile. Dans un environnement très concurrentiel, la pression est forte sur les prix de vente, alors que les constructeurs doivent parallèlement supporter des coûts importants pour développer les véhicules de demain, dotés de motorisations plus propres, d’équipements de sécurité plus poussés et de technologies plus sophistiquées. Ils sont donc engagés dans une course à la taille critique et dans une recherche d’économies d’échelle, qui les poussent à se regrouper. Les analystes attendaient depuis longtemps un rapprochement de Fiat avec un groupe étranger, car la part de marché du constructeur italien s’est érodée en Europe depuis plusieurs années, alors que sa gamme de voitures vieillissait. En 1999, Fiat (marques Fiat, Lancia, Alfa Romeo) ne représentait plus que 9,6 % des ventes de voitures particulières neuves en Europe occidentale, contre 10,9 % en 1998, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Si l’alliance avec General Motors se confirme, l’italien pourra mettre en œuvre des synergies avec les marques européennes du groupe américain, principalement Opel/Vauxhall, pour tenter de redonner de l’élan au nouvel ensemble. Le groupe General Motors (marques européennes Opel, Vauxhall et Saab, américaines Chevrolet et Cadillac), lui-même en perte de vitesse ces dernières années en Europe occidentale, a stabilisé sa part de marché à 11,5 % en 1999. Mais la filiale allemande Opel, dont les résultats opérationnels étaient déficitaires en 1998, a encore perdu des parts de marché en Allemagne en 1999. Elle prévoit d’investir 4,6 mds euros d’ici à 2003 dans le lancement de nouveaux produits et la construction d’une usine à Rüsselheim (Allemagne). La création de plates-formes de production communes permettrait à des véhicules de même taille des deux groupes de partager des composants communs dans les parties non visibles par le client, tels que moteurs, châssis, et de réduire les coûts. Ce nouveau rapprochement transatlantique succéderait à la fusion de l’allemand DaimlerBenz et de l’américain Chrysler en 1998, suivie de l’acquisition des automobiles du suédois Volvo par l’américain Ford et, plus récemment, du rachat par General Motors des 50 % qu’il ne détenait pas encore dans le suédois Saab. Mais les alliances ne sont pas seulement américano-européennes. Au Japon, Renault a pris le contrôle de Nissan Motor l’an dernier, tandis que General Motors a des participations chez Suzuki, Isuzu (poids lourds) et Fuji Heavy (marque Subaru, connue pour ses 4x4), et que Ford détient un tiers du capital de Mazda. Les regroupements ne vont pas s’arrêter là : selon la presse japonaise, DaimlerChrysler, qui était également intéressé par Fiat, s’apprête à prendre 34 % de Mitsubishi. En Corée du Sud, Renault est en train de négocier la reprise du sud-coréen Samsung Motors, tandis que Ford, DaimlerChrysler, General Motors et Fiat sont sur les rangs pour acheter Daewoo. Selon le Wall Street Journal de lundi, Fiat pourrait par ailleurs faire une offre de reprise des poids lourds de Volvo, si les autorités européennes de la concurrence bloquaient, comme on s’y attend, la prise de contrôle de son concurrent suédois Scania. Le français PSA Peugeot Citroën, l’un des rares constructeurs européens à défendre encore farouchement son indépendance, n’échappe pas aux spéculations de reprise. Lundi à la Bourse de Paris, l’action de Peugeot a gagné 1,65 %, sur un marché en forte baisse.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’alliance entre l’américain General Motors et l’italien Fiat, premier et septième constructeur automobile mondiaux, devrait marquer une nouvelle étape dans la concentration de l’industrie automobile. Dans un environnement très concurrentiel, la pression est forte sur les prix de vente, alors que les constructeurs doivent parallèlement supporter des coûts importants pour développer les véhicules de demain, dotés de motorisations plus propres, d’équipements de sécurité plus poussés et de technologies plus sophistiquées. Ils sont donc engagés dans une course à la taille critique et dans une recherche d’économies d’échelle, qui les poussent à se regrouper. Les analystes attendaient depuis longtemps un rapprochement de Fiat avec un groupe étranger, car la part de marché du constructeur italien s’est...